LIVRE SEPTt:È]irE. I
ff galion de prévenir dans son voisin cet accroisse* c ment de puissance, qui jetteroit son peuple, et tous <t les autres peuples voisins, dans un danger prochain ff de servitude sans ressource. »
1 Nous ne suivrons pas Fënelon dans le dëvelop*pement de ces principes ; il nous suffit de les avoir indiques en peu de mots ; mais nous ne doutons pas que cette partie de V Examen ne soit lue avec intérêt, par les hommes d'État qui se font un devoir de subordonner les combinaisons de la politique aux principes de Féquité naturelle.
\ En lisant ces instructions si nobles et si tou- VRxamen chantes, on se rappelle avec peine, que Tarclie- ^^ '^^^^*^»<^^ vêque de Cambrai ëtoit réduit à faire un mystère conooiisance à Louis XIV, du service inappréciable qu'il ren- ^* '^"" ^'^' doit à sa famille et à son royaume, en leur préparant un prince qui en devoit faire un jour la gloire et les délices. Mais Louis XIV, rempli comme il Tétoit des fâcheuses impressions qu'on lui avoit données contre l'auteur et les maximes du Télémaque^ se seroit peut-être cru encore plus offensé, en lisant Y Examen de conscience, dans lequel il étoit bien plus facile d'apercevoir de prétendues allusions, et des rapprochements injurieux à son gouvernement. Aussi le duc de Bourgogne, non moins attentif aux intérêts de son vertueux instituteur, qu'à profiter de ses conseils, eut-il la précaution de ne point garder lui-même un ouvrage qu'il importoit si fort de
ao HISTOIRE DE FÉNELON.
tenir secret : il se contentoit de le lire fréquemment, et le laissoit habituellement en dépôt entre les mains du duc de Beauvilliers. C'est à cette sage prévoyance, que l'on doit la conservation d'un ouvrage si important, que Louis XIV eût vraisemblablement détruit, avec les autres manuscrits de l'archevêque de Cambrai, après la mort du duc de Bourgogne, comme on le verra dans la suite de cette histoire (i).
La théorie politi- . ^ En terminant l'analyse de cet ouvrage, il ne sera ^^^ ^J^!^^^^* pas sans intérêt de comparer la théorie politique de
peu différente *^ » * ^
de celle Fénelon dans Y Examen de conscience^ avec celle de Bossuet. j^ Bossuet daus sa PoUtiqiie sacrée^ et d'examiner jusqu'à quel point ces deux grands hommes s'accordent ou diffèrent entre eux, soit dans les principes généraux de la politique, soit dans l'application de ces principes au gouvernement d'un grand royaume. Nous croyons que, sur ce sujet comme sur plusieurs autres, on a beaucoup exagéré l'opposition des deux prélats (2). Pour détruire ce préjugé, il suffiroit peut-être de remarquer que Fénelon, dans le temps même où il composoit le Télèmaque y celui de ses ouvrages dans lequel ou a cru voir une
(1) Ci-après, liv. Vlll, n. 6. — Voyez aussi le n. I des Pièces justificatives de ce livre Vil®.
(a) Voyez y à l'appui de ces réflexions , celles de M. le dtic de NoailleSy dans V Histoire de madame de Maintenon ^ t. I, p. 44i-/|/|8. (Édit.)