LIVRE SEPTIÈME. ^4 I
montre extrêmement sévère dans toutes les reformes et les réductions quMl' indique. L'état oii se trouvoit la France, après la guerre la plus malheureuse, ne justifioit que trop la nécessité de la plus grande économie.
On remarquera qu'il demande ce la cessation a de tous les doubles emplois , et qu'on oblige à <c faire résider chacun dans sa fonction. Il interdit ff toutes les survivances de charges et de gouverff nements. i»
Quant à l'administration intérieure (i), il propose d'adopter dans chaque diocèse , pour la répartition des impôts et une partie des travaux publics , la même forme qui étoit établie en Languedoc , et qui étoit connue sous le nom Sassiette.
Fénelon , toujours frappé de la prospérité que le Languedoc devoit à sa sage administration , demande qu'on établisse dans toutes les provinces, des Etffts provinciaux^ sur le même modèle que ceux du I^nguedoc; et il met en note : « On ny est pas moins o soumis qu'ailleurs; on y est moins épuisé, » Il règle les gouvernements des provinces, sur le nombre des États proi>inciaux , avec un lieutenant gé* néral sous le goui^emeur^ et un lieutenant ae Roi sous le lieutenant général, tous résidants sur les lieux.
(i) Œuvr, fie Fénelon, iom. XXII, p. 579.
a4a HISTOiaB DE FiNELON.
Mais pour juger \^ système d'impositions que Fé- QeloQ propose j il faut se replacer à 1 époque ou il écrivoit. Il auroi( voplu qu'on eût supprimé ia gabelle i les gros^çs fermes ^ la capUation et le dixième; que les Etats de c/iaque prowice eussent été chargés de lever euK-mémes sur les contribuables f sous h forme qui leur s^ufoit piuni la moins onéreuse , la portion des charges publiques qui leur auroit été assignée ( i). Les Effets provinciaux au? roient eu la liberté de substituer à la gabelle un léger impôt sur les sels.
Dans ce même tableau , Fénelon propose formellement rétabli;ssement Ae& Etats généraux, qui devront s'assembler tous les trois ans. Il ne paroit pas douter que s'ils étoiept organisés dans les véritables principes de la moparchie, ils ne fussent aussi soumis et aussi affectionnés que ceux du Languedoc , de la Bretagne , de la Bourgogne^ de la Provence et de P Artois. Il règle leur composition; il détermine leurs rapports avec les Etats provinciaux; et il fixe leur attribution sur différents objets de l'administration publique; mais il a grand soin de ne leur accorder que la voie de représeutation (a).
Un tableau particulier, très*étendu, règle tout ca
(i) Cette forme a été autorisée en Provence jusqu'à la révolution de 178^1.
(a) Voyez ci -dessus la note a de la page 27.
UVRS SEPTJEHE. a/|3
qui a rapport à la noblesse ( i ). Féqeloq prqpose un^ Règlement recherche rigoureuse, dans les provinces, de tous »""•*• noWewe. ceux qui usurpoient le titre de nobles, et indique les moyens d^ remédier à cet abus. Il pourvoit à Tëducation de la noblesse, et lui prépare les moyens de s^ soutenir au serviçp et à la cour. )1 veut que, dans phaque famille, il y ait un bien fonds mbstitué à ja-^ maisj comme les majorais en Espagne. Il demanda pour la noblesse la liberté de coi^uf^erce en gros , sans déroger^ et celle 4'entrer dans la magistraturp. Il interdit les mésalliances, ainsi que les anoblissemeniSj excepté le cas de senfices signalés rendus à fÉiat. U défend aux acq^ércyrs des tenues des familles nobles, d'en prendre 1^ noms. U supprime les ducs à brevet, qo veut que des ducs et pairs, en règle le nombre, qpi pe pourra jamais être aug* meaté , qu'eu cas d'extinctioi) d'un titre. U réserve Yordre du Saint-Esprit pour les seules maisons dis- Unguées par leur éclat , par leur ancienneté^ sans origine connue. Jl destine ï ordre de Saint-Michel à hpnorer les services de la bonne noklesse in-férieure ^ et propose différents ordres de chevalerie, avec de^ marques distinguées pour les lieutenants généraux , Ips maréchaux de camp , les colonels.
Coanois^ant tout le prix de ces différentes mqfi-
(i) Œwms de Fénetom t. XXII , p. 58^.
Doics cropinioii, Fénelon se montre attentif à n'attribuer à la noblesse et au militaire que des privilèges purement honorifiques^ sans aucune attribution de pouvoir réel 9 ni aucune exemption des charges publiques.
Il déploie une très-grande sévérité contt^ la bâtardise , pour réprimer le vice et le scandale^ Il veut qu'on ôte aux bâtards des rois le rang de princes j qu'ils n'avoient jamais eu avant le règne actuel ; et aux bâtards des princes^ le nom, les armes 67. et le rang de gentilshommes.
Rapports Dans un vaste tableau (0, où les traits ne sont
entre régliie , , ^ ^'
eiTÉut. qumdiqueS| Fenelon propose toutes ses vues au sujet de la religion et de l'Église. Ce tableau embrasse une multitude de questions; il seroit impossible d'en donner le précis; on ne pourroit en détacher une seule proposition, sans afFoiblir l'effet de toutes les autres, parce qu'elles s'enchaînent mutuellement, comme les corollaires d'une démonstration géométrique. Il faut parcourir le tableau tout entier, pour se faire une juste idée de la manière dont Fénelon avoit embrassé ce sujet important, qui appartient en même temps à la doctrine , à la discipline , à l'histoire , à la politique et à la jurisprudence. Ce qu'on doit le plus y admirer, c'est l'exacte précision avec laquelle il fixe les droits, les limites et les
( i) OEuvr. de Fénelon^ t. XXII , p. 58a.
Claire.