‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 95 sur 157 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

a fin de son ouvrage, de se faire connoître comme a vérité infinie , et de se faire aimer conune

c bonté universelle Dès qu'on suppose que

« Dieu seul doit avoir d'abord tout notre amour, 9 comme auteur de notre existence, et par consé- « quant notre premier bienfaiteur, il ne reste plus « aucune question sur le culte divin, parce qu'il n'y « a point d'autre culte que l'amour, dit saint Au- « gustin; nec coUturmsi amancIo(i).Cest l'ado- « ration en esprit et en vérité; c'est l'unique fin ff pour laquelle Dieu nous a faits ; il ne nous a « donné de l'amour, qu'afinque nous l'aimions. • • « Faites que les hommes soient pénétrés de l'amour c qu'ils doivent à Dieu comme créateur et comme «c conservateur; tous les doutes sont dissipés, toutes « les révoltes du cœur humain sont apaisées, tous c les prétextes d'impiété et d'irréligion s'évanouis- « sent Je ne raisonne point; je ne demande rien

< à rbomme, je l'abandonne à son amour; qu'il c aime de tout son cœur celui à qui il doit tout, et

< qu'il fasse ce qui lui plaira ; ce qui lui plaira ne « sera que la plus pure religion : voilà le culte par- « fait; il ne fera qu'aimer et obéir. La nation « des Justes^ dit l'Écriture (2), n'est qu'obéissance « et amour.

« Cet amour, dira-t-on, est un culte intérieur;

(i) S. Aug. £p, CXL) ad Honoratum, n. 4^* (%) Eccli. III , I .

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a mais le culte extérieur, où le trouvera -t- on? « Pourquoi supposer que Dieu le demande? — a Mais ne voit-on pas que le culte extérieur suit « nécessairement le culte intérieur de l'amour? ff Donnez-moi une société d^hommes, qui se regar- (c dent comme n'étant tous ensemble sur la terre « qu'une seule famille , dont le père est au ciel...; ce n'est-il pas vrai que, dans cette divine société, la ce bouche parlera sans cesse de l'abondance du cœur? « Ils admireront sans cesse l'auteur de leur existence; ce ils aimeront sa bonté, qui le porte à veiller sur eux « comme ses enfknts; ils chanteront ses louanges; ce ils le béniront pour tous ses bienfaits ; il s'établira cr une généreuse émulation pour célébrer sa gloire, « et une tendre compassion pour ceux d'entre eui cr qui méconnottroient les devoirs que la reconnois^ a sance leur impose. Qu'appelez-vous un culte eitt térieur, si celui-là n'en est pas un?. . .

a 11 fkudroit, dira-t-on, prouver qu'outre Tact mour, et les vertus qui en sont inséparables, « l'homme doit à Dieu des cérémonies réglées et pu- « bliques; mais ces cérémonies ne sont point Tessen- « tiel de la religion , qui consiste dans l'amour et ce dans les vertus. — Ces cérémonies sont instituées, « non comme étant l'effet essentiel de la religion , ce mais seulement pour être les signes qui servent « à la montrer, à la nourrir en soi-même, à la ce communiquer aux autres. Ces cérémonies sont, à

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