‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 10 sur 111 · ÉDIT · texte numérisé non relu

ÉDIT

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« de Bourgogne, qui svoit un goAt infini pour lui? « C'est te jugement que bien des gens en ont porte, m et qu'il faut remettre aii souverain Scrutateur de « l'esprit et du cœur humain. Tout ce que Ton en < peut dire, est que, si ce jugement ne semble pu « téméraire , r»rchevéque de Cambrai ne fiit paa « plus heureux en politique qu'en théologie, puis- <r que sa doctrioe fut condamnée, et sa fortune dé* » truite, par les moyens mêmes qu'il arut pris pour «r l'élever. »

Madame de Maintenon , bien plus à portée de connoitre Féneion, par l'habitude de ses relations avec lui, et par la finesse de son tact et de sm esprit , en jiigeok bien autrement que le chancelier d'Aguesseau , dans le temps même où ellfrétoit le plus prévenue contre lui. « Quant au retour de « M. de Cambrai, écrivoit-elle à l'archevêque de «t Paris (i) , il n'y a que Dieu qui puisse le bire. Il « croît soutenir la religion en esprit et en vérité; > s'il n'étoit pas trompé, il pourroit revenir par des « raisons d'intérêt; je le crois prévenu de bonne « foi : il n'y a donc plus d'espérance. •

On pourroit être étonné de la sévérité avec laquelle le chancelier d'Âguesseau juge tes pensées les plus secrètes de Fénelon, si ce respectable ma-

(i) Lettnde madame de Mainiemon à M. de IfaaUlet, li juillet 1697. {Recueil de La Beaumelle, t, III, |i. 90.)

OrigiM du préienlions du duiKClicr d'Agueueau

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6o HISTOIAE DK FKITBLOlr.

gistrat n'eût révélé lui-même, sans s'en apercevoir, les motifs de cette déposition. Tel est au nioins l'avantage que l'on peut recueillir des préventions des hommes sincères et vertueux. N'étant point inspirés par un sentiment d'envie ou d'intérêt , ils ne cherchent point à voiler avec art leurs motifs secrets; ils les laissent pénétrer avec candeur; et ils offrent, par leur sincérité même, te moyeu de se prémunir contre l'autorité que leur vertu donneroità leur témoignage. Ce fut uniquement la piété filiale qui dicta au chancelier d'Aguesseau quelques-uns de ces jugements , dont nous ne craindrions pas d'appeler à son équité naturelle, li a eu soin de nous y inviter , pour ainsi dire , en déposant dans ses Mémoires les griefs que son père croyoit avoir contre le duc de Beauvilliers , ami si déclaré de Fénelon. M. d'Aguesseau père étoit persuadé que le duc de Beauvilliers avoit contribué à l'écarter de la place de chancelier de France ; et il étoit difficile qu'un Bis aussi tendre , et pénétré d'un respect si religieux pour son père, ne conservât pas un peu d'éloignement pour le duc de Beauvilliers et ses amis. Ce sentiment , dont le chancelier d'Aguesseau ne se rendoit peut-être pas compte à lui-même , a influé , d'une manière plus ou moins sensible, sur ce qui a pu lui échapper contre le duc de Beauvilliers, Fénelon, l'évêque de Chartres, Saint-Sulpice ^ et contre tout ce qui tenoit à cette

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