‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 9 sur 111 · LIVRE TftOISI^K · texte numérisé non relu

LIVRE TftOISI^K

qui coururent dans le temps à ce sujet. | Nous avons cité l'éloge brillant qu'il fait dans ses Mémoires, de l'esprit et des talents de Fénelon (t); mais il le termine eo se rendant l'interprète trop docile àfs adversaires de l'archevéqne de Cambrai.

• Un naturel si heureux, dit-41 (a), fiit perverti, « comme celui du premier homme, par la voix « d'une femme; et ses talents, sa fortune, sa ré- « putation même, fiirent sacrifiés', non à l'illusion ff des sens, mais h. celle de l'esprit. On' vit ce « génie si sublime, se borner à devenir le pro- B phète des mystiques, et l'oracle du quiétisme. « Ébloui le premier par l'éclat de ses lumières, et « éblouissant ensuite les autres ; suppléant au dé- « faut de science par la beauté de son esprit, fer-

* tile en images spécieuses et séduisantes, plutôt «qu'en idées claires et précises ; voulant toujours tt parottre philosophe ou théologien , et n'étant jaa mais qu'orateur, caractère qu'il a conservé dans « tous les ouvrages qui sont sortis de sa plume jus- « qu'à la fin de sa vie; effrayé des excès de Moli- « nos que son cœur détestoit, et que. la pureté de « ses mœurs ne désavouoit pas moins; mais trompé ■t par la prévendon de son esprit, qui avoit saisi

(i) Ci-dessus, M", p. 16S.

(1) CEavres du ekaneelier eCAguesseaù. Ëdit, in-Jl") L Xm , p. 169.

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n fortement une fausse idée de perfection , il forma « le dessein hasardeux de condamner les consé- « quences, sans abandonner le principe; et il osa «t se donner à lui-mÂme la mission de purger le quîé- « tismede tout ce que cette secte avoit d'odieux (i), « de le renfermer dans ses véritables bornes, de faire « le personnage d'interprète , et comme de médiaa teur entre les mystiques et les autres théologiens ; « d'apprendre aux uns et aux autres la force des « mots dont ils se servoient , et de se rendre par li « comme arbitre suprême de la dévotion.

« Est-il vrai que, voyant le Roi se tourner en- « tièrement du câté de la religion, les personnes « les plus 'pmssantes à la cour se conformer, au K moins en apparence , au goût du souverain , et la « dévotion devenir l'instrument de la fortune, il ait « eu la pensée de joindre la politique à la mysticité, « et de former , par les liens secrets d'un langage • mystérieux, une puissante cabale, à la (ête de laa quelle il seroit toujours, par l'âévation et l'insi- « nuation de son esprit, pour tenir dans sa main a les ressorts de la conscience , et devenir le premier « mobile de la cour, ou dès le vivant du Roi même, « ou du moins après sa mort, par le crédit du duc

(i) On a vu plus haut (p. 3o},que le chancelier d'Aguesseau , tn faisant ce reproche à Fénelon , ignoroit les raisons qui avoîent obligé ce prélat à publier son livre des Maximes,

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