LIVRE TROIStKME. loâ
côté, il ae pouvoit recoimoître pour jugea d'un livre qu'il avoit déjà soumis au jugemeat du Pape, leur supéfieurcommun, des collègues à qui les lois canoniques et civiles, ni la discipline ecclésiastique établie en France , ne donnoient aucune juridiction sur lui. Mais, au lieu de s'en tenir à ce moyen de défense, il s'abandonna trop facilement au désir et îk Tespërance d'expliquer ou de justifier ce qui pouvoit paroitre obscur ou équivoque dans son livre (i). 3j
Il avoit déjà donné , dans sa lettre au Pape, quel- Eif.lkiiiani ques explications sur les principales difBcultés qu'on ^"™*
lui avoit opposées. Il avoit écrit à Bossuet lui-même, à mu livre; pour lui rappeler tout ce qui s'étoit passé à l'époque P"'J'' ^1"' dt;s conférences d'Issy, les raisons de convenance personnelle qui ne lui avoient pEts permis d'approuver son Instruction sur les états (Foraison, et la loi qu'on lui avoit imposée de faire connoîlre au public ses véritables sentiments sur les points controversés (2). 11 tinissoit sa lettre à Bossuet, en ces termes : « Vous pouvez voir, Monseigneur, que je a Dç suis capable ni de duplicité, ni de politique ti-
ûtoient persuadés que Ftnelon ne (louvoît , dans ces circonilances , soumeUre son livre à l'examen de Bossuet. (ÉniT.)
(1) Voyea, à ce sujet , l'fliW. //"«!?'/■. tfc 7%ieton, 1" partie, p. 38, etc.
{a) Lettre h Bossuet, du 9 février ifi((7. {Coiretp. de Fénehn, t. VU, p. aSg.)
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io6 HisTornE dk piirKLON.
« mide. Quoique je craigne plus que la mort tout ff ce qui ressent la hauteur, j'espère que Dieu ne « m'abaadoonera pas, et qu'en gardant les règles a d'humilité et de patience aven celles de fermeté, a je ne ferai rien de foJble ni de bas. Jugez pai' là « de ma sincérité dans les assurances que je vous <i donne ; c'est à vous à régler la manière dont nous • vivrons ensemble : celle qui me donnera les moyens a de vous voir, de vous écouter, de vous conaulteri a et de vous respecter autant que jamais, est la plus « confonneàmessouhaitsetà mes inclinations (i). » Fénelon s'étoit flatté de ramener plus facilement l'évêque de Chartres; il savoit que ce prélat ne paptageoit pas toutes les opinions de Bossuet, sur le fond même de celte controverse (2). Mais l'évêque de Chartres croyoit que Fénelon, en exaltant la charité , avoit trop affoibli l'espérance. Ce fut sur ce point qu'il chercha à rassurer ce prélat, par une lettK du mois d'avril 1697, dont il parut d'abord assez satisfait (3). Il alla plus loin; il s'engagea, vers te même temps , à donner une nouvelle édition de son livre, dans laquelle il ajouterait des explications encore plus détaillées.
(i) Ccrretp, de Fénelon, t. VU, p', 379.
(a) Ci-dessus, n. ag,
(5) I" Répoase de M. l'archevêque de Cambrai aux difjituitét de M, rivéqM de Chaitres. [Œuvres de Fénehm, t. IV, p. 119, etc.)
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UVRI TROISIEME. 107
^Noufi avons sous les yeux le travail relatif au projet de celte nouvelle édition, dont il est souvent question, à cette époque, dans la Correspondance de Fénelon , et dans plusieurs écrits postérieurs ( 1 ). Ce travail consiste dans un grand nombre d'additions et de corrections , qui dévoient être intercalées dans le texte du livre des Maximes, pour expliquer ou modiBer les passages qui excitoient de plus fortes réclamations. Cette nouvelle ëditioa devoit èti-e précédée d'un Éclaircissement, destiné à expliquer l'étendue précise du système développé dans le livre des Maximes, sur l'état liabttuei du pur amour (a). Pour satisfaire plus sûrement aux réclamations, et pour mettre dans un plus grand jourla pureté de ses intentions, Fénelon se proposoitde soumettre au Pape la nouvelle édition, avamt de. la publier (3). Mais plusieurs fâcheux inoideiits , -et surtout les discussions publiques auxquelles donna lieu, bientôt après, la Déclaration des trois prélats, empêchèrent l'exécution de ce projet, auquel
(1) Lettre de Féiielon à M. de NoniUes , du 8 Juin 1697. {Corretp, t, VII, p. 447,) — Réponse de tarchevAjae do Cambrai aux difficultés de M, lie Paris, juillet 1697-, 1" Jliifinulté. (OEui/res, t. IV, p. i53.) — Réponse à la Relation, n. 79. (T. VI.] — Réponse aux Remarques, a. i3. (T. VU.)
(a) Hist. lillér. de Fénelon, p. 58, n. fi.
(3) Réponse à la Relation, et Réponse aux Rem.{ uèt mpra.
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Io8 HISTOIHE DE FiHELON.
Fénelon paroît avoir depuiii etitièrement renoncé. De là vient que le travail relatif à ce projet est reste incomplet , surtout clans les derniers articles du livre. U en est de même de Y Éclaircissement, (jui devoit faire la première partie de l'ouvrage, dans l'édition 'pTQ\eié&\<:e\. Éclaircissement, dont nous avons sous les yeux une co}iie, revue et corrigée par Fénelon lui-même, est loin d'être achevé ; la seconde des trois parties dont il devoit se composer, manque absolument.
^U est sans doute à regretter que les circonstances n'aient pas permis à Fénelon, d'achever ce travail, et de terminer ainsi la controverse , d'une manière à pacifique, et si propre à dissiper tous les orages que la publication de son livre avoit excités conti'e sa doctrine. Mais , quelque imparfait que soit ce travail, ou peut le regarder comme un des plus précieux monuments de la controverse du quiétisme. La manière dont Fénelon y explique les articles de son livre, qui avotent donné lieu à de plus gi-andes difficultés, est exactement conforme aux explications qu'il a développées depuis, beaucoup plus longuement, dans un grand nombre d'écrits. Ces explications données dès l'origine de la controverse, et avant los éclats publics dont elle fut l'occasion, mettent dans un nouveau jour la pureté des intentions de Féuelon, et le sens orthodoxe qu'il attachoit à celles de ses propositions qui s'écartoient
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