‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 20 sur 111 · LIVRE TROISIÈRIE. Il · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈRIE. Il

Mais Bossuet, comme on l'a vu, avoit trouvé le moyen de se rendre maître de cet examen, malgré FéneloD. « Il avoit d'abord annoncé qu'il ne comk muniqueroit ses remarques qu'à Fénelou, comme * à un ami; ensuite, il ajouta qu'il les montreroït « à l'archevêque de Paris et à l'évêque de Chartres ; « et il se servit de ce prétexte, pour former insensîo blement ces assemblées (dont nous avons parlé), « que l'archevêque de Paris crut devoir laisser tenir, « pour avoir égard à la nécessité du temps, et qui « finirent par donner une étrange scène au pu- « blic (i). »

Il eo résulta que Féiielon, qui devoit d'abord avoir seul connoissance des remarques de Bossuet, fut le seul à qui il n'en donna point communication ; et que Fén&lon , après avoir exclu Bossuet de l'examen de son livre, fut lui-même exclu de cet examen.

Mais lorsque Bossuet eut observé que cette manière de prononcer sur la doctrine, pouvoit blesser tout le corps épiscopal , il proposa d'inviter Féoelon à assister. lui-même à ces assemblées, auxquelles on affecta de donner le nom de conférences. Mais ce ne fut , comme on le voit par sa correspondance avec son neveu (a) , que lorsque les trois prélats eu-

(i) Lettre de Féaelonà M. de NoailUs, ubisupro, p. 444. {a] Lettres de Bossuetà son neveu, des 39 avril et 6 mai 1697. (Œuvres de Bossuet, l, XL.)

Jl4 HISTOIRE DE F£NELON.

rent arrête' leur jugement sur les propositions dignes de censure, sqr les qualifications précises qu'elles dévoient recevoir, et sur la satisfaction que Féaelon devoit à XÉelise par une rétractation formelle. Il est donc assez sensible, que Fénelo» a'avoit él^ ÏDvité à ces conférences , que pour être interrogé sur son livre, par des prélats dont l'opinion étoit déjà arrêtée, qui n'avoient aucune juridfctipn sur lui , et qui prétendoient le soumettre à leur censure. On ne peut en effet en douter, en lisant le Mémoire que Bossuet remit à l'archevêque de Paris, le i5 juillet 1697, pour être communiqué à Fénelon(i). Nous avons U copie originale de ce mémoire, avec des additions et des corrections de la main de Bossuet. Il faut convenir, en le lisant, qu'il n'étoit pas propre à disposer Fénelon à reconnoître Bossuet pour son juge, quapd n^êrae il y eût été aussi porté qu'il en étoit éloigné. Bossuet y artiçuloi t, en termes formels, que «les trois prélats étoieat inn dispeusablement obligés de parler, à moins de « vouloir que toute l'Eglise ne leur imputai: pette a mauvaise doctrine (celle du livre de Fénelon), a et de se déclarer prévaricateurs de leur rni- « nistère; que, sans cela, ils seroient exposés à êti« « enveloppés dans la condamnation d'un livre qui « a scandalisé toute F Église Que c'est par

( I ) Œwns de Bossuet, t. XXVni , p. 3? 3 , etc.

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