‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 23 sur 111 · LIVRE TROIjilàME · texte numérisé non relu

LIVRE TROIjilàME

« à Borne ses défenses pour la justifkatiWt dé aoh a livre. » Le même ordre lui prescrivott de ne s'arrêter à Paris, en se rendant à Cambrai, que le temps nécessaire pour expédier les affaires qu'il pouvoit y avoir.

Au moment même oii Fénelon reçut les ordres du Roi , il écrivit à madame de Maintenon la lettre suivante. Nous la transcrivons sur la minute originale, qui est entièrement de sa main (i).

«Je partirai d'ici, Madame, demain vendredi, « pour obéir au Bol. Je ne passerois point à Paît ris , si je n'étois dans l'embarras de trouver un a homme propre polir aller à Rome , et qui veuille V bien faire ce voyage. Je retourne à Cambrai, avec « un cœur plein de soumission, de zèle, de i-econa noissance et d'attachement sans bornes pour le H Roi. Ma plus grande douleur est de l'avoir fatio gué et de lui déplaire. Je ne cesserai, aucun jour a de âia vie, de prier Dieu qu'il le comble de ses « grâces. Je consens à être écrasé de plus en plus. (I L'unique chose que je demande à Sa Majesté', c'est a que le diocèse de Cambrai, qui est innocedt, ne « souffre pas des fautes qu'on m'impute. Se ne « demande dé protection que pout* l'Église ; et je ■ borne même cette protection, à n'être point trou-

{i)I.etlredeFéialimàmàdamedtSlai/tteam,i"' witiS^ . [Corresp. de Fénelon, t. TU, p. 5ft3.)

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Ia4 HISTOIRE Dli FÉMELOM.

« b\é dans le peu de bonnes œuvres que ma situation « présente me permet de faire, pour remplir les dea voira d'un pasteur. Il ne me reste, Madame, qu'à « vous demander pardon de toutes les peines que je a vous ai causëes. Dieu sait combien je les ressens. « Je ne cesserai point de le prier, afin qu'il rem- « plisse lui seul tout votre cœur. Je serai toute ma « vie aussi pénétré de vos anciennes bontés, que n « je ne les avois point perdues; et mon attachement a respectueux pour vous. Madame, ne diminuera a jamais. »

En lisant cette lettre, dont chaque ligne respire un sentiment si doux et si tendre, de calme, de courage et de résignation, on se représente facilement l'effet qu'elle dut produire sur madame de Maintenon. Cette lettre, en lui rappelant tous ses anciens sentiments pour Fénelon, ne lui permettoit pas de se dissimuler toute la part qu'elle avoit à ses disgrâces actuelles. Il étoit difficile qu'elle n'accordât pas de l'intérêt et de l'estime à un homme, dont le tort le plus grave, au moins dans l'origine, provenoit d'une excessive délicatesse eu amitié, et qui consentoit à sacriâer tous les honneurs et toutes les espérances de la plus brillante fortune, à un procédé fidèle et généreux, ou plutôt à des motifs de conscience qu'il s'exagéroit à lui-même. On ne peut douter en effet, que cette lettre n'ait laissé pen-

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