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dant longtemps une impi-essîoa profonde de tristesse daas l'âme de madame de Maintenon. Elle nous apprend que sa santé en fut affectée, et qu'elle n'en dissimula pas la cause à Louis XIV. Ce prince en parut d'abord blessé; mais il ne put s'empêcher de lui dire, en voyant son afHiction: « Hé bien, a Madame, il faudra donc que nous vous voyions a mourir pour cette affaire-là (i) ?» ^^
Dès le -26 juillet, six jours avant l'exil de Fénelon, i«iire du Roi Louis XIV avoit écrit de sa propre main, au pape J|^i^-Ô„ Innocent XII, une lettre rédigée par Bossuet. Jje da inui prcUij. Roi dénonçoit au Pape le livre de Farcheçéque de Cambrai, comme très-maui>ais et très-dangereux; comme déjà réprouvé par des évéques et un grand nombre de docteurs et de savants religieux. Il ajoutoit, que les explications offertes par tarchevéque de Cambrai rCétoient pas soutenables; et Brùssoit par assurer le Pape, qu'il emploieroit toute son autorité, pour faire exécuter la décision du saint-siége (p.).
Le 6 août 1697, les trois prélats (l'archevêque de Paris , Bossuet et l'ëvêque de Chartres) signèrent une Déclaration de leurs sentiments sur le livre
[i] Vir Entretien de madame de Maintenon. {Mémoirtx de La BeaumeHe, t. V, p. 169.]
(■i) Cette lettre du Roi , et la réponse du Pape, se trouvent dans le t. XL des Œuvres du Bossuet , p. 347 1 ^^'^•
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des Maximes des Saints , et la remirent le leiw demain ^ août, avec l'autorisation du Boi, entre les mains de M. Delph'ni , nonce du Pape. Cette Déclaration f qui avolt été extrêmement adoucie par l'archevêque de Paris et l'évêque de Chartres, s'exprinioit en général avec toutes les formes de la décence et de la modénition. On est seulement fâché d'y retrouver, parmi les propositions dénoncées, celle du trouble im>olontaire de Jésus'Christ (i) ; proposition qui n'appartenoit pas véritablement au livre de Féneloo, qui n'y avoit été insérée en son absence, que par une méprise de l'imprimeur j proposition que Fénelon désavouoit hautement, qu'il censuroit avec la même sincérité que les trois évêques, et qu'il ne paroissoit ni juste ni convenable de reproduire, parmi les cbels d'accusation qu'on dirigeoit contre lui (a).
Fénelon Fénelon ne s'étoit arrêté que vingt-quatre heures
aanonee son ^ Paris, comme il l'avoit annoncé à madame de
diparl
àH.Troi»ait. Mainlenon, Au moment d'en partir pour se rendre à Cambrai, il jeta un regard d'intérêt et d'atten-
(i) La partie inférieure [de Jésus -Christ) ne eotnmuniquoit à ta supérieure, ni son trouble ineolontaire, ni ses défaillances sensibles. (Prop. i3, condaiDDée par le bref d'Ianocem Xil.)
(a) Voyez , à l'appui de ce& observatioos , VHist. de Boscuet, p. a88, noie i. — Bitt. Uilér. de Fénelon, W partie, n. 87.
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drissement sur Saiat-Sulpice, qu'il ne devoit plus revoir, et où il avoit passé tes années les plus heureuses et les plus paisibles de .sa jeunesse. Un sentimeift délicat lui défendit de s'y montrer; il craignit d'entraîner dans sa disgrâce, |e supéri^r de cette utile et respectable société. Ce fiit par le mètofi motif, qu'il évita, pendant toute l'instruction dp SOD procès à Boiqe, d'entretenir aucune correspondance avec M. Tronson. Voici la lettre ^u*il lui écrivit, le joif r même qu'il partit pour Cambrai ( i ) : « ie m'abstiens. Monsieur, de vous aller embnts- « ser, pour i^e vous commettre en rien. Je vous 0 révère et vous aipie trop, pour ne pas mépager a vos intérêts et ceux de votre communauté, plus a que les miens. On ne se contente pas d'attaquer a mon livre ; on n'oublie rien pour noircir ma per- « sonne. M. Tarcbevêque de Paris, qui témoigooit M avoir de si bonnes inteotînMs, parle comme H. de a Meaux, et assure qu'il travaille inutilement d^iuis K quatre ans (à me diésabuser) (a) de toutes mes « erreurs , et que j'en ai eu- de beaucoup plus « grandes que mon livre. Un laisse entendre que ce u fond d'anciennes erreprs , que je cache sous des ■ termes adoucis, est ce qui oblige les évêques à
(i) Lettre de Fénelon à M, Tronson , 3 août 1697. [Corretp. de Férteloit, t. VII, p. B^i.)
(1) lies trois mota qui se trouvent ici en parenthèse , iMiK|aeiit dans le manuscrit original. (Ébit.)
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« me teuir une rigueur qu'on ne tiendroit pas à un (c autre, pour m' obliger à me rétracter, et pour re- « jeter toute explication. Je sais même que M. de a Paris entre dans cette accusation , et qu'il doit
■ écrire au Pape, de concert avec MM. de Meaux
■ et de Chartres , qu'ils sont obligés en conscience a de m'accuser devant lui, comme un homme qu'ils R connoissent depuis plusieurs années dans toutes « les erreurs du quiétisme.
« Vous savez , Monsieur, que j'ai déposé entre B vos mains mes écrits originaux, du temps où l'on o prétend que j'étois si égaré ; je n'y ai rien changé a depuis. S'ils ne vous paraissent pas suffisants pour « me justifier, ayez la bonté de me faire savoir ce a que vous trouvez qui y manque. Les extraits de « saint Clément et de Cassien donnèrent ces pré- B venti<M)s à M. de Meaux, qui n'avoit, jusqu'à ce a temps-U , jamais rien lu de saint François de « Sales, ni des autres auteurs de ce genre. Tout lui « étoit nouveau ; tout le scandalisoit. Les passages « que je citois, et qui sont excessifs dans saint Clé- « ment et dans Cassien, lui paroissoîent ma doc- « trine, quoique j'eusse dit, en les citant, qu'il falloit « en rabattre beaucoup, selon les mystiques raisonn nables. Yoilà, Moasieur, la principale affaire du « temps présent. M. de Meaux dit que mou livre 0 n'est pas conforme à mes explications, et que H mes vrais sentiments sont encore bien plus man-