LIVRE TRDISIÈHK. l
lange decalmeetd'ëmotion : n Sire, je suis l'ouvrage R (le Votre Majesté; Votre Majesté m'a élevé, elle « peut m'abattre; dans la voloaté de mon prince, t je recoancûtrai la volonté de Dieu ; je me retirerai « de la cour, Sire, avec le regret de vous avoir « déplu, et avec l'espérance de mener une vie plus (c tranquille. » Louis XIV parut satisfait de cette explication.
Le duc de Beauvilliers fit plus encore. Fénelon , en partant pour Cambrai , écrivit à cet ami si cher et si fidèle, une lettre où se peignoient la candeur de son âme et le noble courage qu'il opposoit au malheur (i). Le duc de Beauvilliers fît imprimer sur-le-cbamp cette lettre, la présenta lui-même «u Roi , et la répandit à la cour et dans le public. Les courtisans ne pouvoient comprendre comment on s'exposoit à compromettre son rang, ses honneurs et sa fortune , pour se montrer fidèle à un anli disgracié.
Plus le duc de Beauvilliers montroit de générosité pour défendre son ami malheureux, plus Fénelon sembloit s'opposer lui-même à cet excès de délicatesse. Il se trouToit bien plus fort, lorsqu'il n'avoit à combattre que ses adversaires; mais tout son courage expiroit, à la pensée et à la crainte d'associer
(i) Cette lettre, datée du3aoùti697, se trouve dans le t. IV des OEuvres de Fénelon ,ji. i65. (Ëdit.)
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k ses malheurs le plus vertueux de ses amis. «On ne t. peut être plus sensible que je ne suis, mon bon duc, « lui ëcnvoit-il, à la peine que je vous cause. I^ seul « désir de vous en soulager sufliroit pour me faire a faire les choses lesplusamères et tes plus humllian- « tes. Mais vous savez qu'on a refusé de me laisser « expliquer; et on veut absolument m'imputerdes « erreurs que je déteste autant que ceux qui me les
ff imputent ( t ) Mes principaux adversaires crient,
« me déchirent, et abusent de l'autorité qu'ils ont. « J'ai affaire à des gens passionnés , et à quelques M personnes de bonne intention qui se sont livrées « k ceux qui agissent par passion. Je tâcherai de « faire ici mon devoir, quoique les opprobres dont « on m'a couvert troublent tous les biens que je « pourrois faire, dans un pays oîi les besoins sont « infmis,... Je ne respire, Dieu merci, que stiicé- « rite et soumission sans réserve; après avoir repré- <t sente au Pape toutes mes raisons, je n'aurai qu'à « me taire et à obéir. On ne me verra pas, comme
(i) Lettre de Féneioa au Hoc de BeaiivlUiers , du la aoAt 1697. [Corretp, de Fénelon, t. VUl, p. 3.) Ici, commeen d'autres enilroil», le cardinal de'Baiisset abrège et moditie même le texte de Féneioa, en conservant le fond de ses idées. Il ajoute, au texte de la lettre du 12 aoAt, quelques pli rases tirées de plusieurs autres lettres écrites vers le même temps au duc de Beauvilliers , ou à d'autres penonnes,