‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 27 sur 111 · LIVRE TROIBliHE · texte numérisé non relu

LIVRE TROIBliHE

« d'autres l'ont fait, chercher des distinctions pour a ëliider tes censui-es de Rome. Nous n'aurions pas « eu besoin d'y- recourir, si ou avoit agi avec moi « avec l'équité , la bonne foi et la charité chrétienne < que l'on doit A un confrère. Je prie Dieu qu'il •t me détrompe, si je me suis trompé; et si je ne le « suis pas , qu'il détrompe ceux qui se sont trop

A conBés à des personnes passionnées Ce qui

« m'afinige le plus , est de déplaire au Roi , et de n vous exposer ri ne plus lui être si agréable. Sa- « cnfiez-moi, et soyez persuadé que mes intérêts « ne me sont rien en comparaison des vôtres. Si « mes prières étaient bonnes, vous sentiriez bien- * tôt la paix, la confitmca et la consolation dont « vous avez besoin dans votre place. »

Les inquiétudes de l'amitié avoient seules le pouvoir de troubler le calme de cette âme sensible et résignée ; mais les grandes pensées de la religion lui rendoient bientôt toute la force dont elle avoit besoin pour lutter contre les violentes contradictions qui lui étoieot encore réservées. C'est dans cette disposition qn'ilécrivoit à la comtesse deGaniacbes, peu de jours après son arrivée à Cambrai (i): « Encore un peu, et le songe trompeur de cette vie a Va se dissipa; et nous serons tous réunis à ja-

(i) Comsp. lie Fénelon, t. VI!I, p, 5.

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HISTOIRE UK FÉNELON.

Agents de* deux prâlll

d mais dans le royaume de la vérité, où il n'y a o plus ni erreur, nî division, ni scandale; nous « n'y respirerons que l'amour de Dieu ; sa paix éter- « nelle sera la notre. En attendant , souffrons, tai- « sons-nous, laissons-nous fouler aux pieds, portant « l'opprobre deJésu»-Christ : trop heureux si notre <c ignominie sert à sa gloire ! n

Louis XIV avoit refusé à Fénelon la permission d'aller à Rome; Fénelon fut donc réduit à la nécessité et à l'embarras de trouver un défenseur qui pût le suppléer, dans l'instruction d'une cause que les circonstances rendoient aussi difficile que délicate. La Providence daigna venir à son secours. Il avoit besoin -d'un homme qui réunit toute la considération de la vertu et de la piété , à la science théologique, iBt à une connotssance particulière de ttnts-les détails de cette controverse; d'un homme qui fût doué en même temps de cet esprit de sagesse qui rendit son zèle utile , sans l'exposer à offrir le plus léger prétexte à la malveillance de ses ennemis. Fénelon eut le bonheur de trouver toutes ces qualités si rares, réunies dans un parent, dans un ami pénétré pour lui de la plus tendre vénération et d'un dévouement à toute épreuve; car telle fut sa glorieuse destinée , que sa disgrâce et ses malheurs ne servirent qu'à resserrer plus étroitement tes liens qui l'avoient uni à ses amis. Cet

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