‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 37 sur 111 · LIVRE TROlSrfeME. IÇ · texte numérisé non relu

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ptoire fît écrouler subitement cette grande machine, dont l'abbé Bossuet avoit attendu un si terrible cffel; et Bossuet lui-même, déconcerté par une réplique si concluante, ne se permit plus de revenir sur ce chef d'accusation.

Il en fut de même de toutes les scandaleuses imputations que l'abbé Bossuet recherchoit avec Urit d'avidité, pour noircir la réputation de l'archevêque de Cambrai. Sa volumineuse correspondance n'offre que trop de preuves de la déplorable animosité avec la<{uelle il s'efforçoit d'aigrir l'espi'it de son oncle ( i). Nous sommes fermement persuadé que si Bostiuet, au lieu d'un neveu passionné, avoit eu à Rome un agent aussi sage et aussi vertueux que l'abbé de Chanterac, on n'auroit jamais vu se mêler n cette controverse des débats scandaleux et des personnalités rlioquantes.

On imagina donc tout à coup de faire revivre les anciennes relations de madame Guyon et du P. Incombe, d'en tirer des inductions aussi peu favorables à leurs mœurs qu'à leur doctrine, et de flétrir Féneton en flétrissant madame Guyôn.

\jt P. Lacombe étoit enfenné,' depuis neuf ou dix ans,dan$ le chitteau de Lourdes, au pied des Pyrénées. Il est certain que ses écrits annoncent une imagination exaltée, et disposée n nourrir les illusions les plus

(i) T. XL, XLI cl XMI lies Œwrwj tle Bossuet.

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igii HISTOIRE DE FENELOM.

extravagantes. Une longue captivité avoit achevé d'égarer cette tête naturellement foible. Il avoit adressé à l'évêquedeTarbes, dans les premiers jours de janvier 1698, une IJéclaration, dont quelques expressionssembloient avouer des excès honteux (1). Cette pièce parut un moyen victorieux de convaÏDCre madame Guyon d'avoir partagé ses égarements.

Pour parvenir plus facilement à cette conviction, on transféra le P. Lacombe, du château de Lourdes à celui de Vincennes, A peine y fut-il arrivé, qu'on lui fit écrire à madame Guyon une lettre, où il Fexhortoit à avouer leurs égarements mutuels, et à s'en repentir (a). L'archevêque de Paris et le curédeSaint- Sulpice se rendirent ^ Vaugirard, où madame Guyon étoit encore détenue, pour lui communiquer cette lettre (3). Ils la conjurèrent, partons les motifs les plus

(1) Cette Déclaration, datée du g janvier 1698, se tronve dans le t. XLI des Œuvres de Bossuei, {p. 107.) L'évéque de Tarties, à qui elle étoit adressée, étoit François de Pouden^, qui occupoit ce siège depuis l'an 169a. (Édit.)

(a) Cette lettre, datée du [aS ou du} 27 avril 1698, se trouve dans le t. XLI des OEavrei de Sossaet (p, i g4) , et dans la Correip. deFénelon, t. IX. {p. 36.)

(3) Cette visite eut lieu le 14 mai 1698, Le curé de Saint- Sulpice (H. de La Chétardie), qui accompagnoit l'archevêque de Paris, nous a conservé le récit détaillé de tout ce qui se passa dans la conrérence du prélat avec madame Guyon ; et celle-ci en instruisit la duchesse de Beauvilliers , par une lettre du 16 mai. {Corresp. de Fenelon, t. IX,

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