LIVRE TDOISIKME
omis qui lui restoient à la cour, n'éloieat en effet mimàté de que trop fondées : les ducs de fieauvilliers et de Ch©- ^'^" " p*^''
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vreuse étoient alors menacés de perdre leurs (^ces, da m. Tronson. et d'essuyer une honteuse disgrâce. C'est ce que supposent clairement plusieurs lettres du duc de Beauvilliers à M. Tronson, et de celui-ci au duc de Beauvilliers ; car, dans toutes les crises fâcheuses où il se trouvoit réduit, c'étoit toujours aux sages inspirations du supérieur de Saint-Sulpice que le duc de Beauvillers avoit recours. C'étoit un homme étranger au monde et à la cour, un ecclésiastique oiseveli dans l'obscurité d'un séminaire, qu'un homme de la cour de Louis XIV, un des hommes les plus sages et les plus éclairés de son temps, alloit intem^er; et il avoit toujours le bonheur d'en recevoir des conseils aussi conformes aux r^les du devoir, qu'utiles à ses véritables intérêts. La lettre du duc de Beauvllliers à M. Tronson, du lo juin 1698, ne permet pas de douter que madame de Maintenon ne fut alors très-décidée à &ire renvoyer le duc de Beauvilliei's, et que, pour y parvenir plus sûrement , elle n'exige&t de lui des aveux et des déclarations qui lui paroissoient incompatibles avec la justice et l'honneur.
1 Bien de plus touchant, que l'abandon et la franchise avec lesquels le duc de Beauvilliers remet à son sage directeur la décision de cette afbire délicate, en lui envoyant le projet des explications qu'il «. u. s5
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9s6 HISTOIRE DE FltirBLON.
se propose de docser k madame de Maiotenon. « Je R suis à la veille, dit-il , d'être éloigna de la cour, ti si je ne dis prëcuëmeat que madame Guyon est « Mne folle ou une méchante. Je me remets entre ' * vos mûns, sans volonté; mon obéissance vous est « connue depub longtemps; vous savez tout ce que * je vous là dit de madame Guyon, et ce que j'ai s lieu d'en juger. D'ailleurs, je ne voudrois pas, de a propos délibéré, lever une paille, dans le seul des- « sàn de me fixer en un état aussi périlleux qu'est « le mien. Voyez donc. Monsieur, devant Dieu, ce « que j'offi% à madame de Maintenon, et s'il fiiut a ajouter ou diminuer quelque chose. N'écoutez que « Dieu, et je vous écouterai. Il est vrai cpie madame « Gnyon a dit ou écrit certaines choses qui parms- « sent estracH^inaires; mais comme j'y ai vu dona ner des sens qui ne sont rien moins qu'extraa vaguits, à des gens éclairés qui en parlèrent devant « moi , il ne peut pas, ce me semble , m'étr« per- « mis de dire positivement qu'elle est folle , ni m qu'elfe a dit des folies. Je vtms supplie, Monsieur, « sans «e nommer, de prier et de faire bîéa prier « Dieu pour moi. Mon salut étemel peut dépen- V dre de ce qui va m'arriver. Je me jette avec con- « fiance entre les hna du PèrCcél^te; et je lui ff demande avec foi , au nom ds Jésus-Christ, et A comptant «or sa dirise parole d'être exawsâ, qu'il « ne permette point que je m'écarte de la JiOBae
« voie, et me mette en état de cenrespqlHlre à ites
«(îr*ceB(i). »
M. Tro»Mii peasoit que le duc de Beauvilliers» « quoiqu'il n'eût aucun empressement k rester k Ih I cour, ëtoit cependant obligé de fiiire toutes choses' « possibles {salvd oonsccentitf) , pour se maintenit' I dans le poste où la Providence l'ivoit rois, eu « égard aux circonstances particuli^vs, et au bien ■ de la religion et de l'État (a). » Il traça en feonséquenee au due de Bcauvilliers wi projet de déclaration, qui déconcertoit tous les projets de la ttial- Teillance, Il en manifestant ia disposition où il ëtoit de soumettre son jugement, sur la personne même deinadanieG«iyon,à celui de l'archevêque de Paris, son Bopérieur légitihie. |
Ceux Blêmes qui seroient disposés à trouver UB escès de scnipule dans la conduite si dëaiutéressée du duc de Beauvilliers, ne pourront ccrtaïnemen» se défendre d'un sentiment d'estime et de r^ect, pout rhomnfe qui consentoit à renoncer à la &veur de Loais XIV, et à perdre ia première place de la cour, plutôt que de prononcer une seule expression équivoque, eu contraire à sa pensée. j^
Mais il est douteux ^ madame de Maïntenon , Proctdi
génimix (i) LeUre du due de BeauvUliers à M. Tntnson, du lo juin " T^^-T^ 1698, [Corresp. de Féneùm, I. IX, p- 160.) ooFmurduduc
(3] lettre de M. Tronion au dtte de Beauvilliers} £a de di BcinnUicn. jaiDi698. (7&(W. p, ïaS.)
3^8 BUTOIRB D£ FiflELON.
dans la dispoaitioa oii elle se trouvoit alors, se fut contentée de la dédaratioa du duc de Beauvilliers, quelque raisonnable qu'elle fût. Heureusement l'archevêque de Paris devint, en cette occasion, son appui et son défenseur. Ce prélat étoît doux et modéré; il avoit ét^ plutôt entraîné dans cette malheureuse afiàire, par l'ascendant de Bossuet, qu'il ne s'y étoit lui-même engagé. En lui supposant même une secrète satisfaction d'avoir vu Fénelon déchoir de la faveur oîi il étoit auprès de madame de Haintenon, et qui avoit longtemps balancé celle dont il jouissoit lui-même, Fénelon ne pouvoit plus lui donner aucun ombrage ; le duc de Beauvilliers, déjà décrédité dans l'esprit de madame de Maîntenon, qui revenoit aussi difficilement de ses préventions qu'elle se détachoit facilement de ses sentiments les plus vife, ne pouvoit plus troubler le cours paisible de la&veurdontilétoiten possession. Peutrêtre même ne £iit-il pas fâché de ménager Féneloa en la pei^ sonne du duc de Beauvilliers; il avoit déjà éprouvé que l'archevêque de Cambrai pouvoit le ramener à des discussions fâcheuses et désagréables, en révélant au public l'histoire de toutes ses variations dans le cours de cette controvo'se (i).
1 Toutes ces considérations, qui se prêtotent un mutuel appui, déterminèrent sfins doute l'arche-
(i) Voyec <»-dessus, p. 90 et i63.
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