‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 49 sur 111 · LIVRE TROISlàHE · texte numérisé non relu

LIVRE TROISlàHE

« entendre qu'il sait les intentions de M. de Chartres « et de madame de Maintenon, qui veulent la paix; « mais il ajoute qu'où &it d'ailleurs les derniers ef- • forts pour la traverser, | Ce ne peut être que K M. de Meaux, ajoutoit Fénelon ; car je sais que K H. de Paris est las de cette affaire (i), qu'il ne « cherchoît qu'à sortir d'intrigue , qu'il vouloit en- < trerdans des tempéraments, s'unir avec mes amis, « et blâmer le procédé violent de M. de Meauz. « Mettez-vous à ma place ; peut-on refuser de cher- 8 cher des voies de pùx? Je l'ai fait pour n'avoir N rien à me reprocher ; mais je n'espère point que « M. de Paris résiste à M, de Meaux pour toutes les « démarches où il entreprendra de l'entraîner (a), a

Ce que Fénelon avoit prévu arriva ; Bossuet fut : instruit de ces premières ouvertures, et prit des mesures pour en prévenir te succès. Il ne pouvoit se disùmuler que le dernier écrit de Fénelon pa-. roissoit lui avoir ramené les esprits ; il croyoit son honneur intéressé à changer cette disposition ; et il se flatta d'y parvenir, en publiant des Remarques MIT la Réponse de M. de Cambrai, il avoit employé près de deux mois à les composer; elles ëtoieut beaucoup plus étendues que sa Relation^ et ne pouvoient oflrir le même intérêt. La Relation réimissoit, comme nous l'avons d^ dit, tout ce

(i) Lettre du iS octobre 1698. (/£«/. p. 617 et Sso.) ' (3) Lettre du la septembre 1698. [l^. p. 43?, etc.)

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l66 HISTOIRE DE PÉtTELON.

qui peut exciter la curiosité, ou même flatter la malignité. I^ singularité du caractère et des aventures de madame Guyon, et renthousiasme qu'on sapposoit à ses disciples, offroient , si on peut le dire, le charme d'un roman, par les couleurs agréables que Bossuet avoit su donner à ce tableau. La révélation de plusieurs anecdotes piquantes et secrètes , que l'on y apprenoît pour la première fois au public, le caractère et le rang des principaux personnages qui y figuraient, appeloient l'attention des courtisans sur toutes les circonstances d'une afïaire où le Roi et madame de Maintenon jouoient un rôle principal . I^ mente de toutes ces circonstances, si propres à faire disparoître la sécheresse d'une controverse théologique, ne pouvoit se retrouver dans les RemarguesAe Bossuet sur la Af^w/u-e deFénelon. On y reconnott toujours son talent si distingué pour la dialectique et la discussion ; mais la forme qu'il avoit donnée à ses Remarques n'admettoit ni ces grands mouvements oratoires, ni le charme de cet intérêt continu qui se répand sur toute la suite d'un récit historique ; et tout le monde sait à quel degré de perfection Bossuet portoit ces deux qualités si brillantes. I^es Remarques n'offrpient guère qu'un tableau à deux colonnes, où il avoit placé la réfutation à côté des allégations. Il y avoit mêlé des accusations très-véhémentes, dont nous rendrons çompt^ en rapportant la Réponse de Fénelon à ces Remarques.

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