‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 5 sur 111 · LIVRE TBOlSIÈMt · texte numérisé non relu

LIVRE TBOlSIÈMt

■ thcolc^ien de l'École, qui fût plus i-igoiireiix que a lui. Fénelon se rendit avec ^empressement à son « vœu ; il prévint même sa pensée, en lui pi-opo- « sant pour examinateur M. Pirot, docteur de Sora bonne, homme aussi savant que judicieux, exa- « miaateur habituel de tous les livres et de toutes « les thèses de théologie, le même qui avoit traa vaille, sous M. de Harlay, à la censure de mao dame Guyon, qui avoit été chaîné de l'interroger, « qui étoît peu prévenu pour elle et pour sa doc- « trine, qui étoit dévoué depuis longtemps à Bos- « suet, et qui alors même étolt occupé à examiner « Touvrage que ce prélat alloit publier.

o L'archevêque de Cambrai se renferma avec a M. Pirot, et ils examinèrent ensemble le livre si o court des Maximes des Saints, en trois séances « de quatre ou cinq heures chacune. M. Pirot avoit o un manuscrit devant les yeux, et Fénelon en tea noit un autre semblable; ils lisoient ensemble; « M. Pirot arrêtoit Fénelon sur les moindres difîi- 0 cultes, et Fénelon changeoit sans peine tout ce « qu'il vouloit. M. Pirot Gnit par déclarer que ce 8 livre éUiit tout dtor; et le cardinal de Noailles écrivit B quelques jours après à Fénelon et à M. Tronson, « que M. Pirot étoit charmé de cet examen. » IVous avons entre les mains un manuscrit de M, Pirot hriméme, qui constate la vérité de tous ces faits (i).

(i) Mémoire inédit sur l'origine tle l'efffaire du quiétis/iie,

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Fénelon avoit également communiqué son ouvrage à M. Tronson, qui l'avoit examine avec une attentioQ particulière, avoit fait des observations judicieuses, et persistoit à penser, avec l'archevêque 13. de Pari s, qu'il était correct et utile ( i ) .

Pourquoi il na Qn demandera peut-être (a), pourquoi Fénelon

■oamet pu ion . ' \ /' r t

livre à Bo6iuet. avoît refusé de soumettre son livre à l'examen de Bossuet ; ce qui eût été le véritable moyen de prévenir toutes les discussions ultérieures. Fénelon en adonné les raisons : nous les soumettons au jugement des lecteurs, r J'aurois souhaité pouvoir faire examiner « mon livre par M. de Meaux ; mais quelle appau rence de lui demander son approbation , pendant « que j'étols réduit à lui refiiser la mienne? T)'a.\]n leurs, je savois, par des voies certaines, com- « bien il étoit piqué de mon refus, et qu'il éclatoit

«presque ouvertement Il disoit à ses amis

a particuliers : Est-ce là cette soumission que M. de a Cambrai m'avoit promise , pour rétracter toutes « ses erreurs ? M. l'archevêque de Paris et M. l'é- K véque de Chartres furent persuadés des raisons

(i) Quesiioiis à M. de Noaitles ; qaesL i3-i6. {Œuvres de Fénelon, t. IV, p. )o8.) -'- Lettre de M. Troiuon à revécue de Chartretfduni février 1697. {Corresp. de Fénelon, t. VU, note de la p. 374.

(a) Cet alinéa ^tott placé un peu p)D8 bas , dans les éditions prcfédeQt^; îLnous a paru plus naturellement placé en cet ci^roil. (Édit.)

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LIVRK TROISIÈME. 35

« de moD Mémoire, non-seulement pour le refus « d'approuver (l'ouvrage de M. de Meaux), mais « encore pour mon dessein de faire un livre. Ils con- « vinrent qu'on n'en parleroit pointa M. de Heaux ; « l'un et l'autre a gardé là-dessus, jusqu'à la fin^ a un secret inviolable (i). »

I On ne peut douter en effet, que tes raisons apportées ici par Fénelon, pour justifier sa conduite envers Bossuet, n'aient été approuvées, dans le temps, par les personnes les plus désintéressées. Ce fiût important fut expressément reconnu par Tarchevéque de Paris, dans la conférence qu'il eut avec - Fénelon , en présence de madame de Maintenon , au mois de février 1697 (a). || Mais, indépendamment même de ce fait, il faut avouer que Fénelon, après tant de précautions pour s'assurer de l'exactitude de ta doctrine exposée dans son livre, après avoir déféré avec tant de docilité i toutes les observations des hommes les plus vertueux et les plus éclairés du clergé de Paris, devoit naturellement se croire à l'abri de toute censure. Il eut au moins le droit de penser et de dire : v Qui est-ce qui t ne voit pas (3) ta candeur et la simplicité avec

(i) Réponse à la Relation sur le quiétisme, cbap. VI, n. 65. {OSuvres, t. VI, p. «64.)

(aj i-j' Quettioi» à M. fie lfoaillet.{OEui>ret, 1. 1\, p. 109.] — Lettre de Fénelon à Bossuet , du 6 février 1697. {Corresp. tTU,p. 371.)

(3) Réponse à la Relation sur le qaiétisme, n. 70, etc.

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36 HLSTOIRK DE rÉMELOH.

«r laquelle je ne craigDoîs que de me tromper et « d'être flatté? Ne choisissois-je pas tous ceux <[ui « pouvotent être le plus en garde contre moi , et » me redresser, si je n'établissois pas assez précif sémcDt toutes les vérités, et si je ne condamnois ff pas avec assez de précaution toutes les erreurs? « N'étoit-ce pas vouloir être uni de sentiments avec « M. de Meaux, lors même que ses préventions, son « procédé, et les discours de ses Amis, m'avoient mis

« hors d'état d'agir de concert avec lui ? Je ne

u proposois point à M. rarcbevêque de Pari» et à n M. Tévéque de Chartres d'adoucir leurs censures « contre madame Guyon, ui d'ébranler les trenteo quatre articles. Je ne voulois point les empêcher « d'approuver le livre de M. de Meaux ; je voulois a seulement, pour ma conduite particulière, pren- « dre les conseils des autres, ne pouvant plus de- « mander ceux de M. de Meaux. M. l'archevêque de d Paris et M. l'évêque de Chartres n'avoient-ils pas ff paru persuadés, par les raisoasdemon Mémoire(^ i ), <c que je pouvois me dispenser d'approuver son li-

* vre ? U est vrai que M. de Meaux auroit pu

« aider, par ses lumières, M. l'archevêque de Paris n et les autres docteurs dans l'examen de mon livre ; a mais aussi il auroit pu les embarrasser par ses « préventions. Je n'avois que trop éprouvé combien

(i) Du a août 169S. '

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