‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 51 sur 111 · LIVRE TROISIÈME. ■i'^'i · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. ■i'^'i

« charme. A vous entendre parler, on peut encore K moins l'ésister aux puissants ressorts que je remue a dans toutes les nations, qu'aux prestiges de mon « éloquence. Si peu que cette affaire dure, vous me « dq)eiDdrez bieutôt comme le plus redoutable de « tous les hommes. . . Où en étes-vous, si tous êtes « réduit à prétendre sérieusement, pour vous justi- ■ fier, que j'ai dans le monde plus de crédit que «vous?... C'est ainsi qu'en me reprochant d'être «subtil, vous poussez la subtilité jusqu'à l'excès «t absurde, de vouloir prouver au monde que c'est « moi qui suis le plus accrédité de nous deux. Que «ne prouverez-vous pas, si voua prouvez ce fait, « contre la notoriété publique ? b

1 Après ce préambule, Fénelon examine succès- Noafnax sivement, dans sa Réponse, tous les faits que Bos- ' suet lui opposoit dans ses Remarques; il s'applique à les éclaircir, à les remettre dans leur véritable point de vue , pour dissiper les iScheiises impressioDS qui pouvoient eu résulter, contre sa doctrine ou ses procédés.

Bossuet l'avoit accusé « d'avoir donné les livres « de madame Guyon à tant de gens, depuis qu'ils « étotent condamnés ; et de les avoir même don- « nés pour r^le à ceux qui prenoient couBance «en lui. » Fénelon avoit répondu , avec toute la àmpliàté et toute la fermeté d'un homme que sa T. u. i8

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conscience empêche de rien craindre : « Si je les * ai donnés à tant de gens, il n'aura pas de peine « à lei nommer. » Que répond tA, de Meaux ? a Qu'il a ne s'agit pas dune distribution manueUe; qu'il

■ veut dire seulement que je les ai laissé lire; que «j'ai approuvé qu'on les lût, et que je m'arrête à « des minuties. Quoi! vous avancez un fait odieux, a par lequel vous voulez me noircir ; et vous ne «oraignez pas de dire queye m'attache trop à des « minuties, en demandant la preuve de cette accu- « sation ! . . . N<mimez une seule personne à qui j'aie adonné ces livres? Un autre que vous avoueroit « son impuissance. Mais vous avez des ressources in- « épuisables : donner^ dans votre langage, ne veut

■ pas dire donner; il râgnifie laisser, et n'arracher apas. Au lieu de preuves, vous nous donnez des a jeux d'esprit, et une dénsion. Vous assurez que «c'étoient nies livres favoris^ mes livres chéris. « Fos amis, dites-vous , n'auroient pas lu ces U- « vres, si vous les eussiez obligés h y renoncer; K vous étiez leur directeur. Je n'étois le directeur « d'aucun d'entre eux. . . Aucun d'eux ne m'a ja- « mais demandé conseil sur la lecture de ces livres. « Je ne sais, ni qui sont ceux qui les ont lus, ni qui « sont ceux qui ne les lisoient pa«. Jamais je ne les (c ai conseillés à aucun d'entre «ux. Ainsi un fait , a qui devoit avoir tant de corps, dès qu'on le saisit, a s'évapore en raisonnement ; et le raisonnement

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