LIVRE TBOISIEHK
Bossuet et Fénelon, Tarchevéque de Cambrai accusa l'évêque de Meaux et avoir révélé, sa confession générale (i); Il reproche que Bossuet repoussa aussitôt avec indignation , en déclarant qu'il n'avoit jamais entendu FéneloTi en confession (a). Bien de plus odieux, il faut l'avouer » qu'une pareille accusation, dans le sens qu'elle peut présenter à ceux qui n'ont pas suivi assez attentivement les détails de cette controverse. Mais Bossuet pouvoit-il se méprendre sur le véritable sens de ce reproche ? Et le public même , dans les circonstances oii l'on se trouvoit , ne devoit-il pas restreindre la confession dont il s'agissoit, à une communication secrète, essentiellement différente de la confession sacramentelle? C'est sur quoi nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de douter, pour peu qu'on examine attentivement la suite des faits , d'après les écrits des deux adversaires (3). B
(i) Réponse à la Relation; n. 3o.
(3) Remarques sur la Réponse à la Retation{ art. i, § 3, n. 1 1 , etc. (Couvres de Bossuet, t. XXX , p. 16 et suiv.)
(3) Od remarque , sur ce point, une difîérence très-importaote, entre la première édition de l'Histoire de Téneloa, publiée en 1808, et les éditions suivantes, publiées par l'auteur lui-même, en 1809 et 1817, Les faits dont il s'agit étoieDt présentés, dans la première édition, d'une manière beaucoup plus favorable à Fénelonj mais l'auteur modifia son récit, dans les éditions suivantes, par égard pour les observations qui lui «voient été adressées, à ce sujet, par
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378 HISTOIRE D£ ÏÉNELON.
1 On a vu plug haut (i)que, pendant les conférences d*Is^, Fénelon offrit à Bossuet de lui m dire, u comme à un confesseur, tout ce qui pouvoit être « compris d^ns une confession générale de toute sa o vie , et de tout ce qui regardoit son intérieur. » Ce sont les propres expressions de sa lettre , citée dans la Helfition sur le quiétisme{i). L'évêque de Meaux refusa d'abord ; mais quelque temps après il demanda lui-même à Fénelon l'exécution de sa promesse, et obtint de lui un écrit, dans lequel il exposoit en effet toutes ses dispositions intérieures, et tout ce qui pouvoit être compris dans une confession générale (3).
le rédacteur des Mélanget phihtophiquet, (T. IV, p. 3 10; t. VllI , p, 10.) L'examen attentir des fails nous a pcrsuddé que l'illustre auteur avoit cédé trop facilement à ces observations, et que SB première rédactioii étoit plus conforme jk la vérité de l'histoire. Déjà nous avions manifesté t;el>c opinion en iBao, dans V Avertissement du t. IV des Œuvres de Fénelon; Avertissement publié avec l'approbation expresse du cardinal de Bausset. C'est ce qui nous eD^ja^e à reproduire ici le texte de cet Avertissement, AAn% leijuel nous avons présenté les faits d'une itiaDière conforme à la première édition de l'Hist, de Fénelon, en j ajoutant queli|ues détails propres k les mettre dans un nouveau jour. (Édit.) (1) Livre U, n. îg. (T. I", p. 385.)
{a) Section 3, n. tt.{OEuerei de Bossuet, t.XXlX, p. ^5o.)
(3) Fénelon, dans sa Réponse aux Remarques de l'évcque
de Meaux sur la Réponse à la Relation (n. 7] , raconte ainsi
les laits, sans avoir jamais été contredit par ses adversaires.
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