‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 56 sur 111 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

« jamais eu. Je crois qu'en conscience, les évêques, « ni le Boi, ne peuvent laisser M. de Cambrai en « repos (i). »

fiossuet dut sans doute regretter en ce moment^ d'avoir abandonné les points de doctrine, où il avoit un avantage rëel, pour transporter la discussion sur des points de fait. Au succès extraordinaire qu'avoit d'abord obtenu sa Relation sur le. quiétisme, avoit succédé ud iutérêt plus touchant en faveur de Féoelon ; les personnes pieuses, qui s'affligeoient avec raisqn du scandale de ces violents débats entre des évoques, ne pouvoient se dispenser de convenir que l'archevêque de Cambrai s'étoit vu dans la nécessité de repousser des accusations odieuses, pour dérober la sainteté de son ministère à l'opprobre dont on vouloit couvrir sa personne.

Si notre qualité d'historien de Féneloo rend notre témoignage suspect, nous rapporterons celui d'un homme dont le seul nom est fait pour inspirer une entière confiance. L'opinion du chancelier d'Aguesseau doit avoir d'autant plus de poids, que ses principes, ses relations, ses préventions même, dévoient le rendre plus favorable à Bossuet qu'à Fénelon. s Le scandale étort moins grand (a), tant que

(i) Lettre de l'abbé Bossuet, ctu a5 novembre iSq8 (T.XLU,p.56.)

(a) Mémoires sur les affaires de C Église de France. [OEwprès de d'Jgaesseau, édit. in-4°, t. XIU, p. 177.)

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a86 HI9T0IBK DK wisElAUf.

m ces deux illustres adversaires ne combattirent que « sur h fond de la doctrine; et l'on pouvoît le re- V garder du moins comme un mal nécessaire. Mais a la scène devint plus triste pour les gens de bien , « lorsqu'ils s'attaquèrent mutuellement sur les faits, « et qu'ils publièrent des relations contraires, oà, « comme il était impossible qu'ils dissent tous « deux vrai, on vit avec douleur, mais avec cer- K titude, qu'il falloi't que Fim des deuxditfaux; et, « sans examiner ici de quel côté étoit la vérité, il est ■ certain au moins, que V archevêque de Cambrai « sut se donner, dans tesprit du public, t'avan- • ùi^e de la vraisemblance. »

Peut-fïtre seroit-il permis d'ajouter au témoignage du chancelier d'Aguesseau, celui de Bossuet lui-même. Sans doute l'évêque de Meaux ne pouvoit pas, ou ne vouloit pas convenir qu'il eût accusé trop légèrement l'archevêque de Cambrai ; mais au moins il fut obligé d'avouer que son adversaire s'étoit parfaitement défendu. Il disoit dans un écrit assez court, qu'il publia peu àe mois après (i) : «Que ses u partisans (ceux de Fénêlon) cessent de vanter son a bel esprit et son éloquence ; on lui accorde sans « peine, qu'il a fait une vi^ureuse et opiniâtre a défense. Qui lui conteste l'esprit? il en a jus~

(■) Avertisiemeat lur les tigaataret des doeiear*. {Œufret tleBwaet, u XXX, p. 3>4)

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LITRE TSOISIÈHE. 387

tiqUà faire peur; et son malheur est de s'être « chargé d'une cause où il en faut tant. »

li n'est pas moins certain que, depuis la Réponse de Fénelon aux Remarques, Bossuet ne revint plus, dans ses écrits puhlics , sur la question des faits (1); il se borna à puhlier encore quelques écrits dogmatiques, pour accélérer la décision du saintsiége. On cessa même, dans le cours de cette dispute, de faire mention de madame Guyon, et de toutes les prétendues découvertes qu'on avoit faites, de son commerce avec le P. Lacombe. L'état de démence de ce religieux fut entièrement constaté ; et

(1) Quoique Bossuet n'ait rien publié sur U question des faits, depuis la Réponse de Fénelan aux Remarques, od ne peut douter qu'il n'ait eu l'intention de répliquer h cette Réponse. Va fragment du Journal de l'abbé Ledieu, c\\é par le cardinal de Bausset, dans VBist. de Bossaet (t. III, liv. X, D. ij), p. 33aJ, nous apprend, qu'au moment où parut le Bref d'Innocent XII, contre le livre des Maximes, l'ùviiquc de Heailx étoit sur le point de publier eetle réplique, sous le titre de Réjlexinn, mi dernier Érlaircissement sur la Réponse de 3f. l'arehevéqae de Cambrai aux Remarques de M. l'évéïjut de Meaax. Nous avons tu Dous-mâme deux manuscrits authentiques de cet ouvrage, l'un au séminaire de Meaux , et l'autre entre les mains d^ M. Villenave père. La lecture attentive de cet écrit nous a persuadé qu'un lecteur instruit du foud et des détails de cette controverse, par les écrits déjà publiés, ne peut rien apprendre de nouveau dans celui-ci, ni sor la controverse doctrinale, ni sar l'article des faits. (Éoit.)

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a88 HISTOIRE DE fÉRELOH.

on prit le parti de laisser madame Guyon à la Bastille, sans avoir pu se procurer le plus l^er indice ^^. des désordres dont on l'avoit accusée.

uiirtpattarmU ïfous Dous dispenserons de parler désormais de / Cku*^ quelques écrits qui parurent vers la fin de cette con-

coDtra k tîTra trovcrsej ils ne pourroient plus offrir aucun intérêt, dans une cause où la curiosité et l'attention publique commençoient à s'épuiser, par l'inépuisable fécondité des deux prindpaux adversaires (i). | Nous nous bornerons à dire que l'évéque de Chartres avoit publié, le lo juin 1698, une Lettre pastorale contre le livre des Maximes. L'objet principal de cette Lettre étoit de montrer que l'état de pur amour, autorisé dans le Tivre des Maximes, excluoit comme des imperfections les actes de l'espérance chrétienne. Mais à cette première accusation, Tévêque de Chartres en ajoutoit deux autres d'une grande importance; il reprochoit à Féoelon d'avoir varié dans ses explications sur le désintéressement des parfaits ; et de s'être écarté de la doctrine constante de la tradition, sur ce point, dans son Instruction pastorale du i5 septembre 1697 || (a).

Féneton ne put répondre aussi promptement qu'il l'eût désiré, à ces nouvelles attaques. On a vu que.

(i) On peut voir la liste de ces derniers écrits, dans l'Hi litt. de Finelon, V* parL p. 4g , etc. (Êdit.) [9) On a parié pla& hant de cette iKttnution, p. 14a.

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LIVHB TKOISlàHS. 269

tiepuis le mois dejum 1698, il avoit eu » suivre des démêles d'une toutautre importance, avec Bossuet et l'arrhevêque de Paris, au sujet de tout cet amas d*ao cusations et de faits personnels, sous lesquels on avoit prétendu l'accabler. Il peint , avec son aisance et sa liberté d'esprit ordinaires, la singularité d'une position où il étoit obligé de combattre seul contra trois de ses confrères, 'a 11 me reste à répondre à a M. de Chartres, et j'espère le faire clairement; «r mais on ne peut pas faire tout à la fois. Ils soiit «r trois ; ils ont des secours et des facilita à l'infini. « Je suis seul, sans secours, avec une santé très-foi- « ble, et épuisée encore plus par la peine d'esprit que « par le travail, enfin embarrassé même pour l'im- «c pres8ion([). » Ce n' étoit en effet qu'avec des difficultés, des dépenses et des précautions inBnies, qu'il pouvoit trouver des imprimeurs. Il éprouva même un autre genre de coBtradictions, à roccasicm de sa Réponse à l'év^ue de Chartres (a). Il en avoit envoyé un ballot de sept cents exemplaires à Fari&; M. d'Argeason , lieutenant d« police, eut des ordres pour les faire saisir et arrêter.

Au reste, Fénelon mit peu d'intérêt à donner une grande publicité a cette Réponse. Il ne l'avoit

{■} Lettre de Féitelan à l'abbé de Chanterae; 6 septembre 1698. (Comsp. t. IX, p. 4ia-) (s) Letav du 18 oGlt^re 169S, {Ibid. p. 5iS.) T. u. 19

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ag» BistatME BÊ ritfttoH.

ftrkey tfae pme ^it voiAmk réponrfre h to»t; il s'y ^H n^krmé dan» la discussion tbécrfogiqae ; it a««it ^Hé d'y rien tnéfer «pi pot offenser un pré- 1m qb'il estimoit sineiresiwit^ et qm m monlroit i4or» disposé à se rapprtichM' de hli ^i). Bossuet voulut MCtter revécue de Glwitrea à réplique* à Ia A^wu^ds l'sRhtfrlqiie de Cadibrsi^iMtii ce prélat aToit prw^ roDiBie Vut^^ètp» et Pans, la ferme réstriutioB de m 4e ^kw rm^^er dans ca combat d'écriUj Ak>r« Bouocty 4»dI la pluse étoàt iaStiàgable, 9e d^tetmiaa â 7 rftpoadre lifî-aiéinC, seu» le nom d'an Théotogien 1 ce qui mil Féoekm dans la néeesitté et (nre paraîtra encore deux Lettres ea répoaso k celle du Tkédo^iu Pirtage des Pèndtfat quç loi écrits se nultiplioieat en France, «umiuiitun ^ ,> sueeédoicBt avec une rtpidilé doat Rome ^toit

i Home ; ' '

upi lïDieuT peut-«tre aosst fatiguée qû'étoBaéej le» examîaa- ''■■ ^f^ tenrri éloiort enfin partenus à terminer leur rrrorn, le 95 septeiiritH 169^^ après soiutBke-quatre eongrég^ticmt, à an grand nombre desqu^les le Pape aveit asnfté ea pffraooae (»)< Mais ils se trouvèrent, à la fin de cet examen, aussi partagea d'opinion qu'au conoDCiacftinéQt. Sûr dn examindtaurt, cinq d6:la- ■■èrent qnc le livre de' VExplicati»tt des Maximes des saints ne méritoit aucune censure; et les cinq

(1) Voyes cî-dessiu, p. a6(4.

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UVRE TROlSlkÊtE. 39 1

aiUres prcMoacàrent qu'il renfermoit un grand nomhec dm pcapoiitMiffi p^réhensibles.

Ce parla^ écê «xaminatears, après une iaiiée entiers dedÏMin^oàs, deroit nikturelleineni opérer une espèce àtjin de non~recevorr, contre tes atfversali'es At l'archevê^qne Ab Canobnti. Il est Traisemblable qu'on n'auroJt point ^rogé, en cette occasion, BKx usages et aux règles ordinaires du Saint- OfBce, « des considérafioAs impérieuses n'eussent dooné une Mitre direction h la tnefrche accoutumée de la cour de Borne (r). Mars les vives instances de fxuis XIT, à qui fiosmet avoit représenté la doctriae de l'acbevéque de Cambrai contme iubfersife A Ut mii'gion, et capable de troubler la paix du royaume, forcèreiit Innocent XII à porter l'examtm définitif d(i Irvre des Hfaxtmes h la congrégation des cardinaux da Saînf-Offlce, [| qui s'en occupa avec beauconp d'activité, pendant Iris derniers mois de l'année 1698 et les premiers mois de 1699 || (a).

(i) nous renvoyons au n. IX des Pièces justificatiees de ee m' Kvre , qUehitiés observations que )e cardinal de Bausset fàhoit ici en DOte sur madame de Sévigné et madame de Orignsn, A l'occasion d'une méprise du cardinal IWaury, dMs ses Ifntes sur tÉhge de Pénelon. (Ëdit.)

(i) Camsp. de Knelon, t. X, |>, 6, a5, 5o, ii3, i3o, iSd, 29^) eie.

A la suite de cet alinéa , le cardinal de Bausset avoit placé U XtfAyv ^ Pénekm à madame de Malntenon, du mois de

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Oclobre i69«.

29a HISTOISE DE FEHRIAN.

Inoocent XII auroit sincèrement dé^é d'épargner la flétiîssure d'une censure à un archevêque dont il honoroit tes vertus et les talents (i). Il apporta beaucoup de lenteur à la décision qu'on désiroit avec tant d'impatience ; et il eut TattentioD de donner à ces lenteurs le motif honorable de la solennité qu'esigeoit l'importance de la cause, et le mérite des grands év£ques qui attendoient son jugement. Il vouloit toujours se flatter, qu'à la faveur de ces délais, quelque événement propice le délivreroit de la nécessité de prononcer.

Ceniure du litn I L'abbé Bossuet, au contraire, dans la vue de

ittMaxima, balancer l'impression qui résultoit, en laveur de

par [diuieun dodeon Fénelon, du partage des examinateurs de Rome,

da sorbtHiiM. suggéra à l'archevêque de Paris et à son oncle l'idée de faire condamner le livre de l'archevêque de Cambrai par la Faculté de théologie de Paris , ou du moins , par un certain nombre de docteurs (2).

décembre i6g8. Nous l'avons renvoyée un peu plus bas (p. 995], pour mieux observer l'ordre chronologique des faits, [tant.)

(i) On rapporte généralement, que dans le cou n de cette controverse, le Pape Innoceot XII exprima en ces termes son opinion personnelle : Erravit Cameracensis, exeessu amaris Dei : peecauit Meldemis, defeetu amoris proximi. ■ L'ilT» o cbevéque de Cambrai a erré par escès d'amour de Dieu; • l'évéqne de Sfeaux a péché par défaut d'amour du pro- ■ chain. » [Note de fauteur.)

(a) Voyez, au sujet de cette censure, la Correip. de £ot-

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LIVKB TROISIÈME. ^93

L'archevêque de Paris chai^ea en effet l'abbé Vivant , docteur de Sorbonne , et cave de Saint-Leu , à Paris, de dresser contre le livre un projet de censure. L'abbé Vivant rédigea donc, de concert avec M. Pirot, un-avis doctrinal , qui condamnoit, avec certaines qualifications, douze propositions extraites du livre des Maximes. Ce qu'il y eut peut-être, en cela, de plus singulier, c'est que cet avis doctrinal fut adopté par M. Pirot lui-même, qui, après avoir soigneusement examiné, dès le principe, l'ouvrage de Fénelon, et après avoir obtenu de l'auteur toutes les corrections qu'il jugeoit convenables , avoit déclaré le livre correct et utile, jusqu'à dire publiquement que c'étoit un livre dor{i). Quoi qu'il en soit, Xavis doctrinal ayant été approuvé par l'archevêque de Paris, fiit présenté, au nom de ce prélat, pendant le mois d'octobre 1698, à un certain nombre de docteurs, avec l'invitation de le souscrire, en leur laissant à peine le temps de le lire. | Il ne fîit d'abord signé que par environ soixante ou soixante-dix

$uet el celle de Féneton; octobre et novembre 1698, et janvier 1699. Remarquer en particulier, dans la Corresp. de Fénelon, le Mémoire du 19 janvier 1699; t. X, p. a45. — a' Lettre de Fénelon contre les p«ss;iob> ^claibcis, obj. 11", [Œupres, t. VIII, p. 446.) Ln lecture atteolÎTe de ces différeo tés pièces nous B fait modifier un pén, en cet «adroit, te texte du cardinal de Bausset. (Édit.) (i) Voyez plus haut, p. 33.

&94 HISTOIRE BC Wi»I.tOV.

j4qcI£w?; tttvfi le iftouvcwat eue fins Amaé, an gi-^qd nombre dVutres y ja%ttii>«ait kurs sigmtures pour plaire à l'éfrê^ue diooésaio ; t et i'acte |JU aussitôt eM\oyé à Bahm* coBune «xfr'imaBt le seutiiBefU de la Faculté de théologie de Paris. Toatfifois m prit les plus graojdes précautûws, fma- ^mptêcher que les f Qpies de cet «de me m repaudissentdaas Paris, daas la crainte sans doute que Féoeloo n'eu eût coDBoiB8ajKe,et nef)re)<Miçeât encore iadiscusioq par de nouvelles réclanalieiis; es sorte /jfi'il eut beaucoup de peiae à s'en procuver uae copie, ^ur 1 «lAown «qu'il «■ fit » dans deux ietti«s «drasiées, «or ce «t^et, à l'évëque de tfeoux, vers la lia de janvier iâ99 (i)- ^ Ces petites tauifeavres ae produisirent pas tout l'effet, et ja'emuQt pas k succès qu'on en avoit e^ré. Oa eut lieu d'observer «o cette -occAiioD, comme «■ beaucoup d'-autnes, i^e ^s «ortes de signatunss, surprises à la •coas- |ifiaiïaoae pnr l'ialrigue oa it puissaae^, oaA i«rein0t)t. le poM'Vov de «o— naader à l'ioprnioB ; eUcs peuvent tout au plus faire un moment illusion à la cn^ulîté. Féoelon ■'«■t pas de peiae à dëmontrw l'inconvenance d'un acte aussi irrëgulier; et l'archevêque de Paris eut besoin de se justifier à Kome, où l'on fut choqué, avec raison, deviùrune iaculté ^e ijiéologie s'établir juge d'une quesùoD

(i) (Xwrei de Fénelon, t.lX, p. 69, «te.

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dont le jugement étoit déjà d^ré wi saÎDt-sitfge.

I Peadaot les discussions ocouio^iées par cette Leim de Fine- Douv^le attaque, FëneloD, instntit dw partace des 'o" * ""^■■"e examinateurs nommes par le souverain Pontife pour ua tt% diipiwil'e^mea de «in livre , crut pôuvow hasarder avec ''■"" préenie». lionneur t«ie d^wctie de paix «t de couciiiation , auprèe de madame de Maintenon.iHll mit à l'écart tous les sujets de plainte qu'elle lui avoit donnai ; il voulut lui montrer, par une conduite -pleine de candeur et de franchise , que son cœur , toujours fidèle au souvenir de ses anciennes bontés , ne conservoit aucune amertume de ses derniers procéda. Il lui feisoit obswver dans sa 4ettre(i), «que oe livre, « qu'on lui avoit représenté comme incap^le de «t toute explication catholique , et pour les impié- <t tés duquel ses coo&ères avoient cru te devoir pous- « ser k toute extrémité, nvoitparu aux cinq princi- « paitx thédogieos , (4ioisls par ie Pape dans le sein o de rÉglise riMnaine, non - seulement susceptible ■ de meilleures explications , malîs encore si pur et « si correct, qu'il n'avek, sden «ux, aucun besoin a d'être ^pliqué. Il est vrai ^''Madame , ^ue cinq V Mitres sont contre mon 'liv,re ; «vais la voix pu- « blique décide que , fnfdgré leur mérite , ils n'ont « pas le poids des premiers i^ ^^^ invio-

(j) i,Bifii€4'JVvel»a i madtmtdt i/aùitntoii tàéc^mbre

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agG HISTOI&E DE FRELON.

B lable du Saint-Office, qui est le plus rigoureux de « tous les tribunaux en matière de foi , est qu'un m livre demeure justifié, à moins que la pluralilë « des voix n'aille à le condamner. Cette r^le est M dëdsive en ma &veur ; ce préjugé me justifie par « avance , Madame , aux yeux de toute la chrélien-

« té Quelque événement que IHeu permette «

« on ne verra en moi que docilité pour le Pape^ mon a supérieur; que zèle, soumission et reconnoîssance

V sans bornes pour >le Roi , mon maître ; que reste pect , attachement et reconnoissance pour vous , a Madame ; qu'amour de la paix de l'Église ; qu'lior- « reur pour toute nouveauté , et qu'oubli de la ri- « gueur avec li^uelle mes confrères m'ont attaque. « Quoique je les r^arde tous selon Dieu , et dans « l'esprit de la vraie tratemité , je ne puis m'empêa cher de les distinguer un peu les uns des autres.

(I II ne ine reste , Madame , que deux choses « à vous représenter : la première est que , si le o Pape me condamne, je tâcherai de porter ma croix > sans murmure , et avec un cœur soumis ; et que si

• Je Pape veut bien suivre les règles communes , « comme je l'espère, pour mè justifier, je serai pour « mes con&ères dans la même situation que s'ils ue

V m'avoient jamais attaqué. La seconde chose est u que toutes les croix dont on tâche de m'accabler,

• ne me sont point aussi pesantes que celle de vous 0 avoir causé tant de déplaisir. Puis-je me plaindre

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LIVRS TBOISitHZ. 297

« de ce que vous avez cru trois grands prélats plus « <{ue moi seul , et que vous avez préféré la sâreté a de rj^lise à ma réputatioD particulière ? En con- « sidérant les impressions que vous avez reçues , je R conclus qu'il étoit oaturel que vous allassiez plus « loin , et qu'il faut qu'un reste de bonté vous ait

■ retenue. C'est ce que je ressens , et que je ressena tirai toute ma vie, comme je le dois. Je prie Dieu

> de tout mon cœur , Madame , qu'il vous console « autant que je vous ai affligée malgré moi, et qu'il

> vous donne ses grâces les plus abondantes, pour

■ remplir ses desseins sur vous. »

Un langage si doux et si modéré, nneattention s délicate à éviter tout ce qui pouvoït rappeler à madame de Maintenon la légèreté avec laquelle elle étoit sortie de son caractère , en faisant elle-même les honneurs d'un livre si o^nsant pour un ancien ami(i), dut toucber une âme natui-ellement sensible à la noblesse et à la générosité. Nous n'avons point sa réponse à cette lettre , et il est bien vraisemblable qu'elle n'y a point répondu : elle n'étoit plus à temps d'arrêter la marche d'une affaire qui avoit &it tant d'éclat, et dont on attendoit à chaque instant le jugement définitif. D'ailleurs, on étoit pai^ venu à persuader à madame de Maintenon (a), a que,

(1) La Relation de Bossuet «iv /e qiûétùme,

(a) LeOTt de madame de MaùtUitùri à M. de Bfoailletf

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agS aiMXMBB jn vbvbloh.

jv Mt l'uKÎbitYè(\ue de Cambrai n'Àoît pat conàamni, gj ;« fie fieroit ud fier protecteur pour le quiétisme. u

nouvelle j T«lle étoit aitm la penuasioa 4e l'abbé £ossuet,

ioilnaces duHoi < . i ■ tr- • .

■uum du PiM """*■ »■ «orresponaance dire sur ce point , comme pour suf UBt d'autres , us cootcaste £rapf>aat avec celle j^^^** de yahbé deChanterac^Cduirci icn>yaitjque,4aBs UD£ cootroverse de doctrise , on ee devoit eaqjAoyer (|ue dec faisonoeniiBots , des autorité graves, et des iormes caooaiqiies. fies lettres sont toujours empreintes de œt ee^k de piété y de science , de caedeur et de «implicite. L'abbé Bosauet, au «oatraire, réclame sans cesse des cot^ de iorce et d'autMÎté. En lisast aa correspondanoe , on senàt teri^ de croire qu'H s'a^ssoit d'uae négoeiatioD politique du plus grand intérêt pour la puissance de la France et la gloire de Louis XIY; et noa d'une question assez obscure , sur laquelle les théologiens étotest partagés , et que le cbef de l'Élise hésitoit encore à décider.

Od doit [daindre Bossu^ d'avoir cédé trop facilement aux impressions violeates d'un cavaetère

VioiaLÔgT. (&ecii«ldeLaBeauiiielle,t.III, p.u7j)£'ctt par erreur que La fiea^unejlp , et après lui le ^r^ifiti 4^ Bausset, dans les précédentes éditions de celle flMftrfre, rapportent cette lettre à l'année 1698. On voit, par le coutenu, qu'elle fut écrite à la même époque que la Déclaration des Irois prélats canlre !e livre des Sfyximes, c'est-à-dire , au sxris ttae^t i^97' ifitnt.)

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UVAK TBOluèflCE. Q99

wesj ^nperl^ cfac cduï éa son aevea. Les inquïé- 1h4w ewgéflées de l'aliiiié Bosstiet , sar le jugeaunt 4» eaiot- siège, p«rtèreat son onde à provoquer iles roesuros d'autorrié, «jui n'anroieilt jamais dû intprvcttir dutf une cpntiwverse de eette nabire. Les jurUsans de fèatiaa fMweot <zoire <}ue l'évéï^te de |fe«us iinêloû: à fioa xOe pour ja wiae doctriae, un Ùithewt resEentunent contre la perawne de l'archevêqije de Casibnù.

'Quoi t^'U m soit, I^ujs KIV céda aux inErtances de BosMiet et de i'maÀntviqae de Pam , appuyées deci^Ies de madame de Maiotenon : il expédia, vers U £n de déceœhre 1 698, ap courrier extraoHrdmaire jBU cardioidde BouiiloB, avec la lettre suivante pour le Pape{i) : a Très-saiet Pèpe, dms le temps qae j'espé~ « i»is , du zèle et de l'amitié àe Votre Sainteté, une a prompte décision sur le livre de l'arcdievéque de « Cambrai , je ne puis apprendre sans douleur, que 1 ce ^iiigemQat , ai sécegsure à la pus de i'Ëglise , M est enaa/x retardé, par -Tartifice tie ceux qui « croienl trouver ieur intérêt il le Sfférer. ïe vois •c si clairemeat les suites fâcheuses de ces délftis, ^ue « }e «Kwois ne pas soutenir digMiBent le titre de R Fils BfBé de l'Egliae, ai je oe réiléroîs les instances « fveisaiAes que j'ai faites tent de fois i Votre Sain- ■ itet^ , et si je ne ia fiU|4>lioi6 d'i^Miiser raifio les

<l^ ^WW( Ail(UIIMt,lt.XUI,p. I^

3oO HISTOIBK DE PÉHELON.

« troubles que ce livre a exàtës dans les consciences. « On nepeutattendre présentemeat le repos, que de a la décision prononcée par le Père commun, mais « claire , nette , et qui ne puisse recevoir de fausses M interprétations ; telle enfin qu'il convient qu'elle « soit, pour ne laisser aucun doute sur la doctrine, » et pour arracher entièrement la racine du mal.' « Je demande , Très - saint Père , cette décision à a Votre Béatitude, pour !• bien de l'Église, pour la « tranquillité des fidèles , et pour la propre gloire « de Votre Sainteté : elle sait combien j'y suis sen- A sible , et combien je suis persuadé de sa tendresse « paternelle. ]'ajoutenii,à tant de grands motifs qui « doivent la déterminer, la considération que je la « prie de faire, de mes instances et du respect filial « avec lequel je suis , très-saint Père , votre très- « dévot fils ,

« LO01S. u

A cette lettre pour le; Pape en étoit jointe une autre très-dure pour le cardinal de Bouillon , par laquelle le Boi le rendoit , pour ainsi dire , respon- ,- sable de l'événement.

Le Roi 6te à On ne se borna point à un témoignage aussi écla-

Féodon le liire j véritables intentions du Roi ; on crut qu'il

de Précepteur, devoit montrer encore , par quelque coup d'auto- Janvier 1699. ^-^^^ ^ ^^^ l'archevêque de Cambrai étoit irrévocablement perdu dans son esprit , et que le retour à la cour lui étoit fermé à jamais. Vers les premiers

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