‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 65 sur 111 · UVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

UVRE TROISIÈME

« balancé à dire, que vous rempliriez exactement 1 toutes vos promesses, parce que j'ai toujours été a pénétré de ces paroles. si toupliantes quu je vous o ai entendu dire plifsieurs fois : Je ne me œmpte o pour rien , ni moi, ni mon livre ; et je sais como bien vous vous ^tes appliqué à regarder, dans toute « votrecondfite, F auteur et le consommateur de la " foi , qui , par le seul plaisir de rendre gloire à <t Dieu, sait supporter lacroix et mépriser laconfu- « sion ( 1 ). Jésus-Christattaclié à la croix, exposé ^ux « divers jugepien^s des hommes, et abandonné de a son Père, me parott aujourd'hui, Monseigneur, a le vrai n^odèle que la religion vous propose à « imiter, et que le Saiiit-Ësprit veut former eu vous. a C'est principalement dans des états semblables à « celui oii la Providence vient de vous mB^ti*Cj <{"€ « lejusievitde lafoi, e^ que nous devonsêtre /ofu^^ « et enracinés dans la charité de Jésus-Christ (a). « Qui est-ce qui nous en séparera ? jamais je n'ai K été si étroitement uni avec vous pour l'éternité. |e « ne vous quitte poipt ; et je trouve mâme quelque a consolation à demeurer ferme et tranquille au pied a de votre croix, pour donner cette marque pute blique de la confiance que j'ai tpujours eife en vo- « ^re piété. »

(») Hebr. Xn, a.

(aj Rom. I, if.Ephet., 3, »?.

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336 HISTOIRE Ut FEVELoN.

. Fénelon «toit déjà ÏDstruit du décret rendu à Rome contre son Uvre, avant que les lettres de l'abbé de Chonterac lui fussmt parvenues (i). Le comte de Fénelon, son frère, étoit parti en poste de Paris, pour lui en porter'la première nouvelle; et il étoit arrivé à Cambrai le a5 mars, jour de l'AuBonciation, au moment où l'archevêque alloit monter en chaire pour prêcher sur la solennité du jour. Quelque affecté qu'il fût d'une décision si contraire à sou attente, la religion conserva un tel empire sur cette âme vertueuse, qu'il se recueillit seulement quelques instants pour changer tout le plan du sermon qu'il avoit préparé ; il le tourna sur la parfaite soumission due à l'dutorité des supérieurs. T^a nouvelle de sa condamnation avoit déjà rapidement circulé dans la nombreuse assemblée qui l'écoutoit. Cette admirable présence d'esprit , ce mouvement sublime, ce calme religieux, qui attestoit d'avance la soumission de l'archevêque de Cambrai, et qui en étoit l'engagement solennel, firent couler de tous les yeux des larmes de tendresse, de douleur, de respect et d'admiration.

1 Toute la ville de Cambrai partagea les mêmes sentiments, et sembla redoubler d'estime et d'attachement pour son premier pasteur, dont la haute

(i) Voyez, à l'appui de ces délaibi le texte du Journal de rubbé lediea, cité dans VHht. de Bossuet, t lU, Kv. X, n.19.

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i.ivnii TjioisifeiHK. 337

vei-lu lii-oit (le son liiiuiiliutiou iiiêiiie un nouvel réiat. On peut jugor de cette iinpi-ession générale , par la lettre suivante, écrite par un aumônier de Fénelou, quatre jours seulement après qu'on avoit reçu k Cambrai la nouvelle de la coudaumation du livre des Maximes {i). « Notre affliclion et notre <r surprise a été grande ; mais je regarde comme une « grande grâce, l'occasion que j'ai eue de connoître a à fond la sainteté de notre prélat, qui u éclaté duns R cette aHlîction, une des plus grandes que puissi! « avoir un homme en cette vie. Quand il apprit « cette nouvelle, il ne dit autre chose, sinon qur, o puisque Dieu lui envoyoit la croix, il vouloit la « porter de hon cœur, et avoir la soumission d'un a enfant pour cette décision, sans aucun examen; « <[u'il soubaitoit <|ue tout le monde en eût une pa- (c i-eitle, et qu'on gardât là-dessus, comme lui, un « silence éternel. Sa conduite répond parfaitement « à ces paroles ; car, dès le même jour, il ordonna K de retirer un ouvrage qui étoit sous la presse, et « de rompre la planche. 11 y a deux, jours, moi troîtt sième présent, il dit qu'il avoit soutenu son livre, « persuadé que c' étoit la vérité; mais qu'à présent a qu'il est condamné, s'il ne falloitque lever une

(i) Nous publions cette leitre, d'.iprès une copie tièsancienne, qui paioîl être d'un contemporain, et qui se conserve aux Archives du royaume. {Sert hist. carton l, 11/17; liasse intitulée ; Églises rie France; Cnmbmi.) (Énir.)

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