‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 67 sur 111 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Sa Majesté, pour savoir s'il devoit reconnoître le Bref par son Mandement avant que le parlement l'eût enregistré. J^a cour, encore incertaine de la forme qu'elle adopteroit pour l'acceptation d'un firef qtti offroit plusieurs irrégularitos contraires à nos usages, ne se hâta point de répondre à l'archevêque de Cambrai; et ce ne fut qu'au bout de huit jours, que M. de Barbesieux lui écrivit, «qu'en réa ponse à son mémoire, le Boi lui avoit ordonné « de lui mander, qu'il ne pouvoit trop tôt 6nir la a fâclieuse aHaire dont il y étoit parlé. »

Mais Fénelon n'avoit pas même voulu attendre la réponse du ministre, pour faire connoître à Bome la sincérité de ses dispositions. Il s' étoit empressé d'envoyer à Tabbé de Chanterac une lettre pour le Pape, et copie du Mandement qu'il se proposoit de publier ; mais il lui recommandoit de ne point les remettre ofSciellement au Pape, jusqu'à ce qu'il eût reçu l'approbation de la cour (i). Il avoit Heu de craindre , « que ses parties ne le Bssent passer « pour un mauvais François, si on savoit qu'il eût « reconnu un jugement de la cour de Rome, sans « y avoir été autorisé par le Boi. » Il vouloit seulement que t'abbé de Chanterac donnât à Kome une connoissance assez publique de ses dispositions , pour que le saint-siége et l'Église romaine fussent

( 1} Lettres de Fénetnn à Fabié de Chanterac, des 3 et /, avril 1699. (Corretp. t. X, p. 4^71 ^^<'-)

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que tf^rrat.

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parfaitetneot convaincus de sa soumission. Il ajoutoit : « 3e crois que vous trouverez le projet du • Mandement si simple, si net, si absolu, qu'on ne « peut équitablcment souhaiter qu'il aille plus loin ; « je n'y ai même rien mis de tout ce qui peut justio fier ma personne (il. »

SaLeiirtàtM- Fénelon profita également d'une occasion assez naturelle qui s'offrit à lui , pour qu'on ne pût avoir en France la plus légère incertitude sur ses intentions. L'ëvêqiie d'Arras(a), son suffragant, lui avoit écrit , dès que le jugement du Pape avoit été connu, une lettre pleine d'intérêt et de respect, dans laquelle il exprimoit, avec une espèce de réserve, la ferme confiance où il étoit de son entière obéissance. Fénelon lui fit la réponse suivante : « Per- « mettez-moi. Monseigneur, de vous dire grossiè- « rement que vous avez été trop réservé en gar- ■ daat le silence. Qui est-ce qui me parlera , sinon m VOUS, qui êtes l'ancien de notre province ? Il n'y n a rien , Monseigneur, que vous ne me puissiez dire « sans aucun ménagement. Quoique je sente ce qui « vient d'être fait, je dois néanmoins vous dii-e que a je me sens plus en paix que je n'y étois il y a quinze a jours. Toute ma conduite est décidée. Mon sup<t- V rieur, en déddant , a déchargé ma conscience ;

(1) Correjp. lX, p. 478.

(») Goy de Sève de Rochecbou»rl, nommé à l'évêché 4'Arrasen 1670, se démît en 17I1.

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