‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 75 sur 111 · LIVRE TRUISIÈHE. ifj · texte numérisé non relu

LIVRE TRUISIÈHE. ifj

« Boi vivoit dans une parfaite intettigence avec le « Pape, dont il ne craignoit rien, et n'avoit rien à ■ craindre ; en sorte que ce fut à la vérité seule, a et non h la nécessité des conjonctures, qu'on fut a redevable d'une déclaration des sentiments du K clei^é, si authentique et si unanime, n

Les provinces ne furent point aussi unanimes sur un autre point, qui n'étoit pas à la venté d'un aussi grand intérêt. F^e Pape, en condamnant le livre de Fénelon, n'avoit rien prononcé sur les différents écrits qu'il avoit publiés pour le défendre. Ce silence pouvoit et devoit faire présumer, que le saint-siége n'avoit pas jugé les écrits apologétiques aussi répréliensibles que le livre même. On ne manqua pas d'observer, que l'assemblée métropolitaine de Paris se trouvoit composée de quatre prélats (ceux de Paris, Meaux, Chartres et Bloîs) (i), dont les trois premiers s'étoîent montrés les adversaires déclarés de l'archevêque de Cambrai . Il eût été peut-être à souhaiter, que, par un sentiment de délicatesse, ils s'abstinssent de provoquer une mesure plus sévère encore qu'un jugement déjà très-sévère. En demandant au Boi de supprimer les écrits publiés contre eux, par l'auteur du livre des Maxi-

(i) Le cardinsl de Coislin, évêque d'Orléans, n'y parut point, à cause de sa dignilé de cardinal, qui ne lui permettoit pas d'assister à une assemblée présidée par un archevêque de Paris, non cardinal, {Note de l'aulear.)

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3^8 BISTOIRG DE FÉTTELOlr.

mes, ils parurent s'établir juges dans leur propre cause, et se ressouvenir peut-être de l'impression que ces écrits avoieat laissée dans le public.

Cette considération arrêta en efîet les évèques d'une grande partie des autres métropoles, qui ne crurent pas devoir aller plus loin que le jugement du saiot-siége. Sur seize (i) assemblées métropolitaines, il n'y en eut que huit tyii demandèrent la suppression des écrits publiés pour la défense du livre des Maximes des Saints.

A l'exception de ce seul point, on remarqua , dans les délibérations de l'assemblée métropolitaine de Paris, une modération qu^ faisoît déjà sentir l'influence de l'opinion publique, et l'impression favorable que la soumission de Fénelon avoit généralement excitée. On fut surtout frappé de ces expressions du procès-verbal de l'assemblée de Paris : « Pour ne a pas sortir de l'Église de France, il y a un exem- «r pie célèbre, et très-semblabte à l'affaire dont il « s'agit, dans Gilbert de la Porée, évêque de Praa tiers, homme de grande doctrine et de grande « piété f mais que sa trop grande subtilité avoit

(i) Il y eut à la vérité dix-sept aasemblées métropolitaines; mais celle d'Aix (on ne sait pourquoi) ne s'assembla qu'au mois de janvier 1 700, et lursque le Hoi avoit déjà prononcé, par sa déclaration du lA aoàt 1699, la suppression des écrits publiés par Fénelon pour la défense de sou livre, [Note de rauteur.)

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LIVRB TROISIEME. 379

vjetédans terreur..... On a vu avec foie la sou- « mission de Fauteur pour le saint-siége, avant et a après le jugement..... M. l'archevêque de Cam- «( brai s'est soumis lui-même à ce jugement, /)ar «ne « déclaration simple, ab-tolue, et sans ombre de V restriction. » Toutes ces expressions 61 mesurées, sont un peu diffërenles de l'opinion que Bossuot avoit d'abord manifestée sur le Manrlernent de Fénelon. !Nou3 sommes d'autant plus fondés à croire que l'archevêque de Pai-is et l'évêque de Chartres 6rent prévaloir ce ton et ces sentiments de modération, que Bossuet lui-même nous apprend, dans uue lettre à son neveu, que le projet de délibération dont on lui avoit confie la rédaction, renfermoit quelques expressions que ses confrères crurent devoir rejeter. « Entre nous, mande-t-il à l'abbé Bos- « suet, on y a adouci bien des choses ( 1 ). »

Dans les autres assemblées métropolitaines , « on « en usa bien ou mal à l'égard de l'archevêque de « Cambrai, dit un auteur du temps (3), selon qu'il « s'y trouva plus oU moins d'ëvêqucs attachés à la « cour et à son principal adversaire. Quelques-uns « afTectèrent de rappeler le souvenir de ses erreurs; « les autres (et ce fut le plus grand nombre) se « bornèrent à faire l'éloge de sa soumission sans

(i) Lettre de Bossuet, du 18 mai 1699. {OEuvrei de Bosi suet, t. XLn, p. 5oo.)

(a) Mém. chron, du P. d^vrigny^ année 1699,

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a bornes. » Nous devons ajouter qu'elles louèrent unanimemeat la pieté, les vertus et les talents de lis. FéneloD, Protide offcn- y^^^ FéueloQ ëloit réservé à un eenre de con-

sant de l'coique ^ °

de sajai-omer tradiction auquel il devoit peu s'attendre, et qui fut emm Feneion; ^jjg espèce de scandalc pour toute TËglise. 11 est ■knidtniier. vrai que ce scandale retomba sur celui qui l'avoit si indécemment provoqué, et devint pour Tarchevêc|ue de Cambrai une nouvelle occasion de manifester la sincérité de sa soumission. Ce fut dans son propre palais , qu'un de ses suflragants , l'évêque de Saint-Omer , osa se rendre inquisiteur de la conscience de son métropolitain (i). Tandis que tous les évèques de France applaudïssoient, par un concert unanime, à la soumission de l'archevêque de Cambrai, l'évêque de Saint-Omer prétendit que les termes du Mandemeni de Fénelon n'exprimoient pas un acquiescement intérieur. Fénelon auroit pu sans doute se dispenser de répondre à une interpellation si odieuse. Les évfiques de la province n'étoient appelés que pour émettre leur jugement sur le Bref du Pape, et régler la forme de son accepUtion. La lettre même du Roi, qui enjoignoit à l'archevêque de Cambrai d'assembler ses suffragants, se bomoit à l'inviter h faire en commun ce qu'il

(i) Louis-Alphonse d« Valbelle, nommé d'abord à l'érêché d'Alet, transféré à celui de Saini-Omer en 1681I, mort en 1708, i. l'âge de soinante-buit ans.

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