LIVRE TROISIEME. 38 I
rtvoit déjà fait en particulier. Mais une juste délicatesse Bt clÀlaigner à Fi^nelon tous ces moyens vulgaires tie repousser une injuste agression. Il répondit avec calme et dignité à l'évâ(iuc de Saint- Omer (i), « qu'il voutoit bien recevoir, sans conn séquence et par pure déférence , les avis d'un n confrère qu'il respectoît sincèrement. Reprenant « ensuite les termes deson Mandement, il demande a avec candeur, si on peut exprimer plus clairement «une soumission pliis qu'extérieure et de simple
V respect. Qui dit adhérer it un Jugement, ÔÀiforn mer un jugement intérieur, par lequel on se « conforme à celui auquel on adhère. Qui dit con~ « damner, dit encore plus expressément un jttge- « ment intérieur conir^Xe livre condamné, surtout a quand ou exclut d'uuc manière simple et absolue « toute ombre de restriction. Il ajouta, qu'il n'auroit « pas cru qu'on pût regai-der comme équivoques « des paroles si précises, ni qu'il y eût lieu de le K soupçonner d'adhérer à un jugement du saint- « siège, par une adfiésion purement apparente et
V par conséquent feinte, ni de condamner son livre « de bouche, sans le condamner intérieurement par «t une sincère docilité pour le saint-siége : ce qui •t seroit un abus indigne de paroles, pour se jouer
(l) Procès-verbat de l'assemblée mifrop. de Cambrai. {OBavresde fàxlon, t, IX, p. iga.)
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38l BISTOIBE DE FÉNELOH.
« de toute l'Église. II finit par protester à ses suf- « fragaats, comme à ses confrères, et non Cfimme <t à ses juges en ce cas particulier, que c'étoit de a toute l'étendue de son cœur qu'il avoit renoncé à « toute pensée d'expliquer son livre ; qu'il préfé- H roit à ses foibles lumières Tautorité du saint- « siégej qu'il étoit, Dieu merci, incapable de rea venir jamais, sous prétexte de quelque double < sens, pour en éluder indirectement la condamna- « tionj qu'à la vérité, il ne pouvoit avouer, contre u sa cooscieiice, qu'il eût jamais cru aucune deser* « reurs qu'on lui avoit imputées ; qu'il avoit pensé a seulemtnt que son livre, avec les corrections qu'il a avoit cru y mettre, ne pouvoit signifier l'erreur R ni la favoriser ; mais qu'il renonçoit à son juge- « ment, pour se conformer à celui du saint Père; « qu'il avoit tâché de l'ecevoir, par des paroles hum- « blés et pleinement soumises, l'humiliation qui lui B venoit du saint Père; et que si Sa Sainteté trou- H voit sa soumission défectueuse , il étoit prêt à a l'augmenter, et à la faire telle que le saint-siége le « croiroit à propos. »
Ou conviendra que l'ami le plus dévoué de Fénelon n'auroit pu le servir plus utilement en cette occasion, que le fit l'évêque de Saint-Omer, par un sentiment de malveillance. L'évêque d'Arras s'empressa de prendre la parole, «pour remercier s très-humblement son métropoUtaîa de la bouté
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