LIVRE TMOISiÈME
encore connues), que le Roi suppt-imÂt les écrits publiés pour la justification <lu livre des Maximes, Tarclievêque de Cambrai conclut à la même demande, comme président, fi laplitnililé des voix, ffuoique contre son sentiment.
Si ToD veut se former une idée du jugement que le public porta sur la conduite et les procédés de l'ëvêque de Saint-Omer envers Fénelon , on peut interroger le témoignage du chancelier d'Âguesseau : nous nous bornerons à citer ses paroles ( i ). « L'évêque de Saînt-Omer, homme d'esprit , mais o chaud comme un Provençal qitil était, ^t c/ii- K caneur comme i/in Normand, ne se contenta pas a de lui voir avaler doucement te calice; il se plut a à en augmenter l\meTtume,par /es intiignes Iran casseries qu'il lui 6t dans l'assemblée provinciale « de Cambrai, oii il vouloit, non-seulement que « ce prélat se soumit à sa propre condamnation, a comme il l'anoil déjit fait de si bonne grdce, « mais qu'il avouât encore qu'il étoit tombé dans « les erreurs que le Pape avoit condamnéçs, /àtlfo/j/ « ainsi le procès à ses intentions mêmes, en lui « arrachant la foible consolation de pouvoir dire a qu'il avait bien pensé, s'il s'était mal exprimé, « L'archevêque de Cambrai répondit à ses interpel- « latians pressantes et odieuses, avec une sagesse
(i) Œuvres du chancelier it Agiiesseau, t. XIII, p. i8a.
:dbvGoogIe
38^ UISTOIHE DE fÉSEtXm.
« et une modération dif^nes dune meilleure cause. 1 Les autres évéques <le la même province , indi- «t gnés du procédé de Cévéque de Saint-Omer, vinn. rent au secours de leur archevêque, et se conten- « tèreat de ia protestation, qu'il réitéra en leur « présence, de sa parfaite soumission au jugement j]j a du saint-siége. j>
Second Mande- Fénelon eut, bientôt après, l'occasion de se con-
nuaf de Féoelon • ■ n ■ i ■ > i •
pour l'uxepU' **"icre de I acharnement de ses ennemis a lui supliaa du Bref, poser des torts. Le marquis de Barhesieux, secrétaire d'Etat, excité apparemment par l'archevêque de Reims , son oncle , très-opposé à l'archevêque de Cambrai, imagina assez légèrement de lui reprocher comme un oubli, de n'avoir pas donné, à l'exemple des autres évéques, u» Mandement après la clôture de son assemblée métropolitaine. Fénelon répondit à ce jeune ministre (i) « que ce n'étoit a nullement par ouèli, qu'il o'avoit pas fait un sea cond Mandement pour la condamnation de son « livre ; qu'il ne pouvoit pas être question de faire (c deux fois la même chose; qu'il avoit tait par a avance ce que l'assemblée avoït ensuite réglé que R chaque évêque feroit par son Mandement parti- « culier; que son Mandement étoit même plus fort ■ que les autres, en ce qu'il avoit p'évcnu la règle,
(i) Lettre de Fénelon uu marquis de Barbesieux, du 3ose[>lembre 1700. (Carresp. t. XI, p. 4»-)
:dbvGoogIe
LIVRK TROISIÈME. 3^7
« le voeu de toutes les assemblées métropolitaines « du royaume, et les dispositions de la Déclaration (I du Roi{\)\ qu'il avoit donné la plus grande pua blicité à son Mandement; qu'il en avoit même c fait imprimer et distribuer à ses dépens deux ver- « sions, l'une françoise, et l'autre latine; qu'au « reste, il sufEsoit que Sa Majesté souhaitât qu'il re-
■ commençât, pour l'ei^ager à recommencer^ qu'il <i payeroit sans peine, une seconde fois, ladette qu'il « avoit payée par avance de si bon cœur; qu'en « coHséquence, il alloit donner les ordres nécesaaires <r pour qu'on publiât une seconde fois son Mande-
■ ment dans toutes les églises de son diocèse, avec « le firef du i a mars « en français et en latin. »
Tous les procès-verbaux des assemblées métropo- Lturtspaïautt litaines ayant été envoyés au Roi, il n« fut plus P""''*"'^
■^ . tranent du s™/;-
question que de dresser les lettres patentes qui de- Ràfuiiiioire voient mettre le sceau de l'autorité royale aux dé- ■ * ï"""**"libérations des Juges ecclésiastiques. Le chancelier d'Aguesseau rapporte dans ses Mémoires (a) quelques détails intéressants sur la forme que l'on donna à ces lettres patentes; ils indiquent l'heureux concert que la sagesse du gouvernement, et l'excellent esprit des principaux magistrats, avoient su établir entre les ministres de l'autorité et ceux
^i) U s'i^U ici de U ItéeUinttien du i4 wùt 1639, doot il wra question un peu plos bw.
(a) Tome XIU, p. i&3 et auivftstes.
:dbvGoogIe
388 HISTOIRK OH FÉHKLOII.
de la justice. Mous nous bornerons à observer que ces lettres patentes, données en forme de Déclara' tion, portoîent que tous tes écrits composés pour )a défense du livre des Maximes des Saints, seroient et demeiireroient supprimés, ainsi que le livre luimême; mais, eu exprimant cette disposition, on s'étoit abstenu d'énoncer que ce fût à la dmiande des assemblées métropolitaines, dont en effet une très-grande partie n'avoient point demandé cette suppression .
Cette Déclaration fut présentée au parlement le i4 août 1699, et ce fut en cette circonstance que le chancelier d'Aguesseau , alors premier avocat général au parlement, prononça un discours que le président Hénault admire avec raison, « comme un « monument immortel de la solidité des maximes a de l'Église de France, et fait pour honorer à jamais « la mémoire de ce grand magistrat ([). n Nous ne rapporterons de ce discours, que ce qui intéresse personnellemeut Fénelon.
« L'Eglise gallicane , représentée par les assem- « blées des évêques de ses métropoles, a joint son a suf&age à celui du saint-siége. Animée par l'exem- « pie et tes doctes écrits de ces illustres prélats, qui a se sont déclarés si hautement les zélés défenseurs
(1] Abrt-gê ehronol. de tHistoire de France, année 1699. Ce discours se trouve dans l« t. f des Œuvres du chancelier d'Affiesseau. (£dit. in-4", p, a33.)
:dbvGoogIe