‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 83 sur 111 · LIVRE TROISIÈME. ^o'i · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. ^o'i

de 1700 furent publiés, qu'il entreprit, dans cette vue, un grand ouvrage, destiné à être mis, après sa mort, sou& les yeux du Pape. « Je veux, dit-il n dans la Préface de cet ouvrage, que cette expo- (c sition de mes sentiments soit regardée comme une o espèce de testament, écrit sous les yeux de Dieu, « qui constatera, après ma mort, qu'un évéque ca- « tholique a gardé avec fidélité, et dans toute son « intégrité, le dépôt de la véritable doctrine, et « qu'il n'a voulu ni enseigner, ni approuver aucune B des eireurs condamnées dans son livre. Dieu sait « que je ne mens pas. »

1 Nous avons sous les yeux le manuscrit original de cet ouvrage, encore inédit, et qui, tout incomplet qu'il est, formeroit un volume in-S" de cinq à six cents pages (i). Fénelon, eHrayé sans doute de la longueur de ce premier travail, entreprit ensuite de le réduire sur un nouveau plan ; c'est ce qu'il exécuta, en composant la Dissertation (\iienoas venons d'analyser, et qui n'est visiblement qu'un abrégé de son premier travail. Il paroît même que Fénelon trouva encore cet abrégé trop considérable, pour être mis sous les yeux du souverain Pontife ; car il le resserra de nouveau dans une lettre au Pape, du S mars 1 70 1 , rédigée sur le même plan , et

(i) Voyez l'analyse de cet ouvra^je, au n. XI des Pièces Jasti/. de ce troUième livre.

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4u4 HlSl-OIHE UB FÉNELON.

clans laquelle est traité te (juatrième point, omis dans la Dissertation.

1 La première intention de Fëneloa étoit de ne faire parvenir au souverain Pontife cette exposition de ses sentiments, qu'après sa mort; mais la lettre du 8 mars c^oi, dans laquelle il supplie le Pape de vouloir bien l'avertir des erreurs qu'il auroit pu enseigner dans ses écrits apologétiques(i), montre qu'il changea d'avis, et qu'il désira soumettre, avant de mourir, SCS observations au Pape. Nous ignorons cependant s'il exécuta ce projet en 1701} ce qui pourrait en faire douter, c'est qu'il existe une autre lelti-e écnte au même Pape en r7i3, et dans laquelle Fénelon ne fait guère que répéter ce qu'il avoit dit dans celle du 8 mars 1 70 1 . Il est difficile de croire qu'il ait adressé au Pape , sur le même sujet , deux lettres diflerentes. Quoi qu'il en soit, ces deux lettres, aussi bien que les deux ouvrages dont elles sont comme l'analyse et le complément, fournissent des preuves authentiques de l'inviolable soumission de l'archevêque de Cambrai, au jugement qui avoit condamné son livre.

Cette humble soumission de Fénelon, et son inviolable fidélité à observer le silence qu'il s'étoit imposé, aHligèrent également les Jansénistes et les Protestants. Les uns et les autres s'étoient flattés

(1) Corresp. de Fénelon, l. IX, p. 60g et 6i5,

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