‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 89 sur 111 · LIVRE TBOISIÈHË · texte numérisé non relu

LIVRE TBOISIÈHË

« crut devoir parler à M. de Meaux d'une converti sation tenue chez le président de Lamoignon. « On y avoit beaucoup parte de la victoire que « M. de Meaux avoit reoiportëe sur M. de Cambrai. « Ce n'est pas moi, dit le prélat , en coupant la « parole à l'abbé BeiTier, c'est la vérité qui l'a « remportée. L'abbé continuant son discours, ajouta a que toute la compagnie avoit témoigné désirer vi- « vement que les prélats se réunissent, pour l'édi- « fioation du peuple; et que c'étoit à M. deMeaux « à faire les premières avances, comme ayant pour- K suivi le jugement. Je Vai déjà fait. Monsieur, « reprit M. de Meaux avec vivacité ; et il ne tien- H dra jamais à moi, que nous ne soyons bons 1 amis, comme avant la dispute. Il ajouta qu'il s avoit reçu, depuispeu, une lettre de M. le Nonce, « qui lui mandoit que M. de Cambrai portoit des « plaintes contre lui, l'accusant de décrier partout <i sa soumission. J'ai répondu, continua-t-il , que a j'étais surpris que M. de Cambrai m'imputât « une fausseté comme celle-là, et qu'il en portât « desplaintes au souverain Ponttjè par son Nonce ; tt ce qui m'engagea de me plaindre à M. le duc de

de Perrecy, en BuurgogDe, où il établit une réforme à peu près semblable k celle de la Trappe et de Sept-Fonts. (Voyez Helyot, Hist, des Ordres monastiques; t. VI, p. BgB. — Essai sur l'iitfiuence de la religion en France au dix^septième siècle; t. D, p. 35i.) {Édit.}

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^%i HISTOIRE DE F8HELOH.

s Heaufiltiers, ami intime de M. de Oimhrai, qui a savait bien lui-même que je louois ia soumis- « sion. de ce prélat (i). M, de BeauvilUers me fil B réponse guil lui écrirait, dès le lendemain, pour n lui faire connaître que des esprits rnalintenu lionnes, ou mal informés, Favoient surpris; ef. « qU il me communiqueroit la réponse qu'il en rece- « vroit. Depuis ce temps-là, M. de Beauvillters ne « m'a adressé aucun signe de vie; et c'est pour « cela que je vous prie de ne le point nommer ; • car /ai un petit sujet de me plaindre de son si- « lence. L'abl)é Berner demanda la permission de « rapporter cette conversation à M. dçlâmoignon, u en ne nommant point le duc de BeauvUUers; et « M. de Meaux y consentit.

^ n Dans cette même promenade, l'abbë de Salnt- « André s'ofjri^ de faire un voyage en filandre. « Ayant ét^ seize ans clianotne d'^rras , étant 11 ami de l'évêque, qui l^i-m{^le, malgré la diffé- « renoe des aeiitjmeQts, l'ayoît toujours été de M. du a Cambrai , il pouvoit espéref , par ce moyen, de N travailler utilement à W paix. M. de Meaux réa pondit que le temps ç'éloil pas encore venu. « Mais deux mois après, le même abbé de Saint*

(i) On a vn plus ha|it sur quoi étoit fondé le reproche que Féoelon faisoîf à Bossuet, et en quel sens l'évéqne de Meaux pouToit désavouer le propos qu'og lui imputolL (Ci-dessus, p. 351), note i.)(ÉniT.)

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LIVBE TROISIÈME. 4^3

a André l'étant allé voir à Paris, et lui ayant dit a <]u*il alloit faire un voyage de quinze jours, le CI prélat lui demanda s'il se souvenoit de ce qu'il « lui avoit dit, d'un voyage d'Arras. L'abbé lui rêo pondit que oui. Hé bien, dit M. de Meaux, c'^Jî « celui que je vous prie ih faire ; et vous ine « ferez plaisir. » Mais une suite d'inoidents imprévus, dont le récit u'offriroit aujoui-d'huî aucun intérêt, et une maladie dont l'abbé de Saint- André fut attaqué pendant ce voyage, ne lui permirent point de se ménager un entretien particulier avec Fénelon, pour lui porter les paroles de paîx dont il étoit chargé. « M. de Meaux en fut très-fôché ; « ce voyage servit cependant à justifier la droiture « de son cœur, et le désir qu'il avoit d'une réunion « entière avec M. de Cambrai.»

Tout ce qui revenoit à Bossuet de la conduite de Fénelon, depuis qu'il avoit condamné lui-même son livre, de la sagesse et de l'édification avec laquelle il gouvernoit son vaste diocèse , de la tendre affection que lui témoignoient les heureux habitants de la Flandre ; les éloges unanimes que les généraux et les officiers faisoient de l'archevêque de Cambrai, en revenantde l'armée ; l'espèce d'enthousiasme général qu'excitoit alors le Téléinaque, quoique cet ouvrage fut peu du goût de Bossuet ; enBn , pour se servir dès expressions de Bossuet lui-même, en parlant du grand Condé, ce je ne sais quoi ducfievé que le

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