LIVRE TROISlkME
les, sa nomination à IVvéché de Troyes, à l'âge de «inquante-cinq ans. ,33
Bossuet mourut, le 13 avril fjo^, âgé de soixante- HortdeBounci; dix-sept ans. On répandit le bruit que Fénelon jJIZjT" lui avolt fait faire un service solennel , et avoit prononce lui-même son oraison funèbre. On prétendoit même que Fénelon avoit déclaré, dans cette oraison funèbre, qu il avoit obligation à Bossuet de l'avoir tiré de l'erreur. Le P. lami, savant religieux bénédictin , s'adressa directement à l'arcbevéque de Cambrai , pour savoir jusqu'à quel point ces bruits pouvoient être fondés. Fénelon, lui répondit (i) : « Il est vrai , mon révérend Père, que j'ai prié Dieu •t de bon cceur pour feu M. de Meaux; mais je « n'ai jamais songé n ordonner pour lui des prières B dans mon diocèse : ce n'est point un usage était bli entre les évêques; et vous savez que je n'aime ■ point l'affectation des choses extraordinaires. J'ai « encore moins pensé à faire une oraison funèbre « de ce prélat. Pour le discours qu'on m'impute, « je ne pourrois l'avoir fait que contre ma conscience. M Jamais homme n'eut dans le cœur une soumission « et une docilité plus sincère pour le saint-siége; « mais j'ai tout dit dan.s le procès-verbal de notre « assemblée provinciale. Ceux qui ont tant d'em- « pressement à répandre cette fable, et à la soute-
(i) Le a3 aoAt 1704. [Coiretp, de Fénelon, t. ni, p. 43.)
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4a6 HISTOIRE DE r^RELON.
« nir dans le public , ont leurs raisons pour le biire ; « je ne sais si leurs iotentions sont droites devant « Dieu. >
^ Indëpendammeat de cette lettre de Féneloo, nous avons un témoignage non suspect de la sage réserve qu'il s'étoit prescrite en cette matière, et de la candeur avec laquelle il étoit disposé à s'expliquer, lorsque les drconstances le deoiandoient(i). L'abbé Ijedieu, secrétaire de Bossuet , étant allé à Cambrai, quelque temps après la mort de ce prélat, pour répondre à l'invitation que Fénelon lui en avoit fait«, eut avec lui plusieurs entretiens, qui pouvoient facilement amener la conversation sur les anciennes discussions des deux prélats. « L'archevêque de Cam- « brai, dit l'abbé Ledieu, me parla beaucoup de
0 piété, y rapportant tout te gouvernement ecclé- « siastique, sa.its me Dîne jamais un seul mol
1 tie M. lie Uleaux, ni en bonne, ni en maunaise « part ; ce n'étoit pas à moi à lui en parler. Je ve- « uois pour madame de la Maisonfort, et naturelle- « ment je n'avois à lui parler que d'elle seulement.»
^ Mais l'abbé Ledieu ajoute, immédiatement après, une circonstance remarquable, et qui auroit dû lui faire comprendre que le silence de Fénelon
(i) Ces détails, cjue le cardinal deBapsset avoit renvojéi aux Pièces justifie. (3' édit. p. 398-400}, nous odI paru assez importants pour trouver place dans le corps de l'histoire. (ÉniT.)