LIVRE TROlSlàMK
tuel de ses œuvres de piété et de ses travaux, dans l'exercice de ses fooctions apostoliques, partagea, avec l'abbé de Langei-on, toute la confiance d'un ami, d'un parent, d'un prélat qu'il véaéroit avec toute la piété que les prSlres de la primitive Église avoleut pour leur évêque. I^es fragments de ses lettres que nous avons rapportés, peuvent donner une idée de ses vertus douces, paisibles et modestes. Nous avons cité un trait remarquable de son désintéressement (i). Avec un pareil caractère, l'abbé de Chanterac devoit attacher peu de prix aux grâces et aux dignités auxquelles sa naissance et ses talents sembloient l'appeler. 11 mourut en 1715, peu de temps après Fénelon (-i).
11 étoit impossible d'écrire l'histoire de Fénelon, RéBcxioiu sans faire connoitre tous les détails d'une contre- ^ verse qui a eu tant d'influence sur sa vie entière, la coniraiene; Nous avons pensé que l'histoire ne doit être ni une " '*'" "*°"' satire, ni un panégyrique ; nous nous sommes bornés à exposer des faits publics, constants et généralement avoués. Nous les avons appuyés sur les témoignages les plus authentiques et les moins suspects de partialité.
Il en résulte sans doule que ni Bossuet, ni Fénelon, ne furent tout à fait exempts de reproche,
(i) Pageaog.
(9) Voyez ci-aprèi, t, IV, liv. \UI, note^sur le n. 46.
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439 BUTOIKE DE F^ITELOlf.
Oa regrette que Fënelon n'ait pas, dans l'origine, ^t céder un sentiment exagéré de délicatesse à k paix de l'Eglise, et à l'opinion de ceux de ses collègues qu'il aimoit et qu'il respectoit le plus (i). On voit avec peine Bossuet miler des faits et des accusations personnelles à une controverse doctrinale, qui auroit dà rester renfermée dans les bornes d'une discussion dogmatique. Mais doit-on s'étonner que des honunes aient des défauts humains (-^) ? L'homme le plus vertueux est celui qui a le moins d'imperfection ; l'homme le plus fort, celui qui a le moins de foiblesse. La raison et la religion exerçoient un empire souverain sur l'âme de Bossuet ; et la sévérité naturelle de son caractère le rendoit peu susceptible de ces égards et de ces ménagements, qu'il regardoit comme une foiblesse, lorsque les intérêts delà religion lui paroissoient compromis (3). Mais combien la réunion des vertus les plus rares, l'élévation de caractère, la pureté des motifs, la supériorité de génie et de talents, jettent d'éclat sur le tableau de ce grand combat entre de tels hommes, et font disparoitre les ombres légères qui viennent se mêler aux rayons de leur gloire] L'Église,
(i) L'auteur fait ici allusion à la répugnance extrême que FéneloD témoigna, dans le principe, à condumoer les éurits de madame Guyon. (Voyez ci-dessus, 1. 1*', p. 453.)
(a) Paroles de Bossuet citées plus haut, p. 167.
{3} On a vn plus haut (p. 177, etc.) comineat Bossue! luimême se justifie sur ce point.
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