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lions de donner autorisent naturellement à penser^ que le sujet de cette controverse devoît être par lui-même très-obscur et très-subtil, ou que les explications offertes par Fénelon avoient éclairci^ || aux yeux de plusieurs savants théologiens, || ce que sa doctrine renfermoit d'équivoque et de hasardé; puisque^ sur les dix examinateurs qui la discutèrent pendant une année entière , cinq votèrent constamment en faveur de son livre : il est vrai que leur opinion étoit fondée en grande partie sur les explications fournies par l'auteur.
L'abbé Bossuet fut violemment affecté de ce partage entre Jes examinateurs. Il ne manqua pas, d'après son propre caractère, de l'attribuer aux in- ridicule coniie trigues des partisans de l'archevêque de Cambrai ^ et à l'influence du cardinal de Bouillon.
La correspondance de Bossuet avec son neveu laisse malheureusement apercevoir qu'il adopta trop facilement les préventions de ce dernier (i). Luimême étoit si convaincu que la doctrine de Fénelon renfermoit les erreurs les plus monstrueuses; il avoit annoncé avec tant d'assurance, au Roi , à madame de Maintenon, au public, à toute l'Église, que ces erreurs seroient foudroyées par le saint -siège, aussitôt qu'elles auroient frappé l'oreille du Vicaire
Animosité de
Tabbé Bossiiel ;
imputation
(i) Voyez les tomes XLI et XLII des CEuvres de Bossuet. [Édition de Versailles,)
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de Jésus-Christ, qu'il fut aussi surpris que déconcerté du partage des examinateurs. Il fut surtout effrayé de ce que lui mandoit son nev^u, en ces termes : « Le Pape, ces jours passés, a dit que l'affaire n'étoit « pas si claire (î). »
Dans cette disposition , il crut devoir se prêter aux vues de son neveu, et les proposer à Louis XIV et à madame de Maintenon. C'étoit d'opposer deS coups de force et d'autorité aux prétendues intrigues des partisans de Tardievêque de Cambrai ; de frapper ses parents et ses amis les plus chers, pour intimider tous ceux qui auroient été portés à lui accorder leur appui; et d'annoncer à toute l'Europe que la disgrâce de ce prélat étoit irrévocablement prononcée.
L'abbé Bossuet consacroit toutes ses lettres à provoquer ces mesures violentes, a Qu'est-ce que le Roi « attend, écrivoit-il à son oncle, pour ôter à M. de « Cambrai le préceptorat? Vous ne sauriez trop dé- « pê(îher ce que vous avez à faire contre M . de « Cambrai (a). » Il mettoit le même acharnement a diffamer la personne de l'archevêque de Cambrai, qu'à détruire son crédit. «11 ne faut pas hésiter, « disoit-il , d'envoyer tout ce qui fait connoître Tat- « tache de M. de Cambrai pour madame Guyon et
(i) Lettre de l'abbé Bossuet à son oncle, du i*' avril 1698. {OEiivres, t. XLI, p. 149.)
(a) Lettre de l'abbé Bossuet, ao mai 1698. (Ibid» p. 227.)