LIVRE Ta01SliM
« dre sur soi, pour s'abandonner humblement à sa a chute, que pour conserver dans les plus grandes « places le protecteur de son adversaire, et mettre « sciemment obstacle à la fortune d'un frère, et à « rélëvation de sa famille. C'est là pourtant ce que « fît sans balancer l'archevêque de Paris. Il se récria ff sur la pensée du Roi , comme passant le but ; lui « représenta avec force, la vertu, la candeur, la droi- « ture de M. de Beauvilliers , la sécurité oii le Roi « devoit être pour ses petits-fils, et le tort extrême «c que cette chute feroit à sa réputation. . . Il conclut CI à ôter d'auprès des princes quelques subalternes ce dont on n'étoit pas si sûr , et dont la disgrâce fea roit voir à Rome le zèle du Roi pour la saine «c doctrine, sans faire un éclat aussi scandaleux que « seroit celui d'éloigner M. de Reauvilliers (i). d< Ua pareil éloge, dans la bouche du duc de Saint- Simon, si peu porté à louer, si naturellement enclin à déprécier^ par des interprétations malignes, les plus pures vertus, est sans contredit un des traits les plus honorables à la mémoire de l'archevêque de Paris. Toutefois, on voit par quelques lettres de ce prélat, qu'il se crut obligé de faire un mystère à Bossuet de l'appui secret qu'il accorda, en cette circonstance, au duc de Beauvilliers.
(i) Mémoires de Saint-Simon, ch. 56, t. III, p, 184, etc. édit. in-ia.
L*abbé de
Ckanlerac
presse Fénelon
de répondre
à la Relation
de Bossuet.
à34 HISTÔIHK DE FÉKfeLON.
Telle ëtoit la position du duc de Beauvilliers; tek étoient les puissants motifs qui sembloient interdire à Fënelon la liberté de se défendre lui-même^ par la crainte d'entraîner dans sa disgrâce un ami si cher. Il considéroit peut-être moins encore l'intcrét du duc de Beauvilliers, que celui de la France eiitière. Il croyoit voir le bonheur de plusieurs géhératibns^ dans l'avantage de conserver iau dlic At Bourgogne un gouverneur, que^ dans son opinion, nul autre n'aurdit pu remplacer.
Tous ces ménagements firent craindre à Tabbé de Chantérac que Fénelon ne consentit à sacrifier trop facilement son nom, sa gloire^ et l'honneur de son ministère, à une excessive délicatesse en amitié. Il voyoit où ce même excès de délicatesse pour la réputation de madame Guyon, avoit conduit Fénelon. Il étoit tous les jours témoin , à Rome, des impressions fâcheuses que laissoient dans les esprits la Lettre de l'archevêque de Paris, la Relation de Bossuet, et les soupçons odieux que l'abbé Bossuet cherchoit à répandre contre la vertu hiême de Fénelon.
Dans une occasion aussi essentielle^ l'alibé de Chantérac remplit avec courage les devoirs les plus austères de l'amitié. Il écrivit à Fénelon, avec une franchise et une. fermeté vfài donnent la plus haute idée de son caractère (i). « Ce que vous me dites
(l) Sans ri^p çfiaDger ici aux citations faites jfat le caf-
« ^ Ift dièpbisition de là coub à Tëgàrd de vos iiifais;; ce doût les iûtërets vous sont bien pliis chers que Ve& « vôtres, me louche et me pënètre tout comme vous; « mais je ne sais s'il n'y a pas encore plus à craindre A pôiir eux, dans un silence qui vous condamne sans a ressource à la face de toute TÉglise, que dans une «r répansé douce et honnête, qui justifiera en même « temps votre doctrine et votre persdnne. Plus on veut a les rendre responsables de toutes vos démarches, « plus il est certain que vous les entraînerez avec vous « dans votre fchute, lorsque vous vous laisserez con- « vaincre, par votre siléiice, de tous les égarements « dont on veut vous l-endre suspect. La honte et la « confusion d'une mauvaise conduite, à laquelle on a persuadera le public qu'ils ont eu part, n'est-ce «pas une disgt*âce certaine et sans ressource dans «l'esprit dii Roi^ et celle qui pourroit davantage «les af&iger ?. . . . Tous nos amis jugent vos ré- « ponses à tous les faits, si nécessaires, que je les vois «déjà bien alairmés et tous affligés de ce qu'elles « tardent si longtëmJ)s } et vous voyez bien que nos «parties né manqùerbht pas d'en tirer tous les «plus cruels' avantagés qu'Ws pourront. Vous vous « êtes soutenu dans là doctrine, mais vous sucçom^ «^rë2 êABs les faits. IH c^ùt déjà dik t^es propres « terme» : Nous te verrons^ ce grand archei^équcy
diî&al de Èsussety Efèiiâ SDivoia&plus exactement Fordredes dates, dans la disposition des divers fragments» {Édït*)
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