‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 30 sur 101 · IVRB PREMIER. II · texte numérisé non relu

IVRB PREMIER. II

On aui'oit voulu que Fénelon fit^ en un moment, (le ces nouveaux convertis, si foibles encore , des hommes consommés dans les maximes et les œuvres de la perfection chrétienne. Ije marquis de Seignelay étoit sans doute bien éloigné de partager ce zèle si peu réfléchi , et il sa voit que cette im* patience indiscrète auroit plus contribué à rebuter qu'à attirer les Protestants; mais l'intérêt qu'il prenoit à Fénelon , ne lui permettoit pas de lui laisser ignorer ces frivoles imputations, que Tcnvie, la malignité et un faux zèle affectoient de répandre. Ce jeune ministre étoit frère des duchesses de Chevreuse, de Beauvilliers et.de Mortemart; il connoissoit le mérite de Fénelon ; il devoit y être plus sensible qu'un autre , parce qu'il en avoit luimême. Sou esprit, ses talents, son extrême activité promettoient à la France un digne successeur de Co!bert, pour soutenir la gloire de la marine françoise, que son père avoit créée : une mort prématurée vint l'arrêter au milieu de sa brillante carrière (i)i

Féoelou ; elles étoient alors au dépôt du Louvre. Il paroit qu'elles se sont perdues, depuis les événements qui ont amené tant de bouleversements dans les dépôts publics : au moins on n*a jamais pu les retrouver, malgré les recherches qu'on a eu la bonté de faire, à ma prière, aux jtrchipes nationales, au dépôt des manuscrits de la bibliothèque du Roi, et à la bibliothèque du Conseil d*État. (Note de l'auteur.)

(i) J. B. Colbert, marquis de Seignelay, mourut le 3 novembre 1690, à l'âge de trente-neuf ans.

I 1 8 HISTOIRE DE F^NELON.

On ne doit pas être surpris du zèle que le marquis de Scignelay apportoit au succès des missions du Poitou. Malgré la dissipation où l'entrainpiei^t sa jeunesse, son goût pour les plaisirs, et le tourbillon des affaires et des devoirs, il portoit toujours au fond de son cœur des principes et des sentiments de religion , qu'il aimoit à entretenir et à cultiver. Nous avons les preuves d'une correspondance habituelle qu'il avoit avec M. Tronson, à qui il s'étoit adressé pour avoir par écrit des sujets de méditation chrétienne (i). Avec de pareilles dispositions, il ne fut pas difficile à Fénelon de faire comprendre au marquis de Seignelay la sagesse et la régularité des principes qui avoient dirigé sa conduite envers les Protestants.

n écrit, pour Depuis la première édition de cet ouvrage , sa justification , jj^yg ^vons eu entre les mains deux lettres origi-

au marquis i i / i / . i . . i

de Seignelay. uales de Fenelon , écrites pendant ses missions du Poitou (a). Il n'est pas douteux que ces lettres ne soient adressées au marquis de Seignelay; elles

(i) Corresp^ inédite de M. Tronson, \, (a) Nous en devons la connoissance à la bienveillance obligeante de M, Desèze, qui a bien voulu nous permettre de prendre copie de ces deux lettres, et d'en faire usage.

(Note de V auteur,)

Depuis cette note écrite, M. le comte de Sèze a communiqué au prélat une troisième lettre de Fénelon sur, le même sujet. XiCS trois lettres ensemble ont été insérées dans le 1. 1 de la Corresp. de Fénelon^ p. 3, etc. (Édxt.)

LIVBB PRBMIBB. 1 1<)

confirment ce que nous avons dit, du zèle éclairé que Fénelon apporta dans l'exercice d'un niinis«* tère si délicat et si difficile. On y observera l'attention constante et invariable avec laquelle il chel^choit toujours à faire prévaloir les moyens de douceur et d'instruction , ou du moins à les concilier avec les mesures de prudence et de fermeté, que le gouvernement étoit dans la nécessité de prendre, pour prévenir les manœuvres des puis** sances jalouses de la France. On voit en effet, par ces lettres, que le prince d'Orange et les HoUan* dois, qui préparoient déjà la révolution qui fit descendre Jacques II du trône d'Angleterre, ne cessoient de prodiguer les promesses et les espérances les plus magnifiques, pour engager les Pro« testants françois à abandonner leur patrie. Il faut convenir qu'une pareille conduite de la part de cette république , étoit d'autant plus odieuse, qu'elle étoit alors en paix avec la France.

Nous nous sommes bornés à extraire de ces deux lettres ce qui nous a paru propre à faire mieux connoître les principes et les formes que le gou** vemement suivit dans Içs missions du Poitou. Tant de relations mensongères, tant d'accusations haaar« dées ont défiguré la conduite et le caractère de Louis XIV, à cette époque de son règne, que l'histoire ne doit négliger aucune occasion de rendre à la mémoire d'un si grand roi la justice qui lui est due.

laO HISTOIRE D£ FÉNELON.

Dans sa première lettre au marquis de Seignelay, écrite de la Tremblade en Saintonge, Fënelon lui rend compte, en ces termes, des dispositions où il a trouvé les peuples de ce pays : « Monsieur (i), a je crois devoir me hâter de vous rendre compte (c de la mauvaise disposition où j'ai trouvé les peuce pies en ce lieu. IjCS lettres qu'on leur écrit de « Hollande, leur assurent qu'on les y attend pour ce leur donner des établissements avantageux , et c( qu'ils seront au moins sept ans en ce pays-là, (c sans payer aucun impôt. En même temps, quelle ques petits droits nouveaux , qu'on a établis «coup sur coup dans cette côte, les ont fort ai- « gris. La plupart disent assez hautement qu'ils « s'en iront , dès que le temps sera plus assuré «pour la navigation... Il me paroît que l'autoc( rite du Roi ne doit se relâcher en rien ; car « notre arrivée en ce pays , jointe aux bruits de « guerre qui viennent sans cesse de Hollande , fait « croire à ces peuples qu'on les craint. Ils sont pera suadés qu'on verra bientôt quelque grande révo- « lution , et que le grand armement des Hollandois (C est destiné à venir les délivrer. Mais en même « temps que l'autorité doit être inflexible pour re- « tenir ces esprits , que la moindre mollesse rend «insolents, je croirois. Monsieur, qu'il seroit im-

(i) Lettre de Fénelon au marquis de Seignelay, 7 février 1686. {Corresp. de Féneloriy 1. 1, p. 3.)

« portant de leur faire trouver en France quelque « douceur de vie, qui leur ôtât la fantaisie d'en

«sortir Pendant que nous employons la cha*

«rite et la douceur des instructions, il est importf tant j si je ne me trompe , que les gens qui ont ff Tautorité, la soutiennent y pour faire mieux sen<* « tir aux peuples le bonheur qu'ils ont d'être in-* ffstruits doucement.... Il reste encore à ceux même c des nouveaux convertis qui se montrent les plus «assidus et les plus dociles, des peines sur la reli- « gion. La longue habitude de suivre de faux pré- « jugés revient toujours. Mais d'ailleurs ils avouent «presque tous, que nous leur avons montré, avec «une pleine évidence, qu'il faut, selon l'Écriture, «se soumettre à l'Église, et qu'ils n'ont aucune « objection à faire contre la doctrine de l'Église «catholique,. que nous n'ayons détruite très-claire- « ment. Quand nous sommes partis de Marennes ( i ), «nous avons reconnu de plus en plus, qu'ils sont « plus touchés qu'ils n'osent le témoigner ; car alors « ils n'ont pu s'empêcher de montrer beaucoup ff d'affliction. Cela a été si fort , que je n'ai pu «refuser de leur laisser une partie de mes coopéra- « leurs , et de leur promettre que nous retourne- « rions tous chez eux. Pourvu que ces bons com- « mencements soient soutenus par des prédicateurs

(i) Petite ville de la Saintonge, à dix lieues N. £. de Saintes.

laa HISTOIRE DE F^NELON't

(c doux y et qui joignent au talent (H instruire celui « (le s'attirer la confiance des peuples , ils seront a bientôt véritablement catholiques. Je ne vois , ((Monsieur, que les pères Jésuites , qui puissent a faire cet ouvrage ; car ils sont respectés par leur a science et par leur vertu. Il faudra seulement (X choisir parmi eux, ceux qui sont les plus propres a à se faire aimer, n

On voit, à la fin de cette même lettre, que Fénelon avoit autant à se défendre du zèle précipité de quelques Catholiques bien intentionnés, qu'à combattre Topiniâtreté des Protestants. « J'ai reçu, ce dit-il au marquis de Seignelay, une lettre du (c père de la Chaise, qui me donne des avis fort (( honnêtes et fort obligeants , sur ce qu'il faut, (( dès les premiers jours, accoutumer le^ nouveaux <c convertis aux pratiques de l'Eglise , pour l'invo- <( cation des saints et pour le culte des images. Je ce lui avois écrit, dès les commencements, que nous (C avions cru devoir différer de quelques jours V^çe «c Maria dans nos sermons, et les autres invoca- « tions des saints, dans les prières publiques que a nous faisions en chaire. Je lui avois rendu ce ce compte par précaution , quoique nous ne fissions (C en cela que ce que font tous les jours les curés (C dans leurs prônes, et les missionnaires dans leurs <c instructions familières. Depuis ce temps-là, je « lui ai écrit encore, pour lui rendre en détail le

« même compte de notre conduite, que j'ai déjà eu « l'honneur de vous rendre. J'espère que cela, «joint au témoignage de M. l'évêque, de M. l'in- (( tendant, et des pères Jésuites, nous justifiera c pleinement. }> &3.

La lettre du 8 mars suivant , également adressée Nouveaux dé-

. tailsy adressés

au marquis de Seignelay, montre toujours Féne- ^^ ministre» Ion occupé à recommander aux agents de l'autoritéi ««r ^^ missions d'oublier qu'ils ont le droit de se faire craindre, pour ne se servir que du pouvoir qu'ils ont de se faire aimer. Elle fait voir aussi que ses représentations au gouvernement, pour l'exciter à répandre des bienfaits sur les peuples de ces contrées, avoient été accueillies de la manière la plus favorable. Ces dispositions généreuses étoient en effet bien plus conformes aux principes et au caractère personnel de Louis XIV, que le système de violence et de persécution, qu'on a affecté de lui supposer, a L'ar- « rivée de M. Forant, dit Fénelon au ministre (i),* « a donné de la joie aux habitants de la Tremblade ; a et j'espère qu'il servira beaucoup à les retenir, oi pourvu qiCil ri exerce point ici une autorité ri'- • ^goureuse, qui le rendroit bientôt odieux. Sa s naissance, sa parenté avec plusieurs d'entre eux, R et la religion qui lui a été commune avec tous « ces gens-là , le feroient haïr plus qu'un autre, s'il a vouloit user de hauteur et de sévérité, pour les

(t) Corrêsp. de Fé^eion , 1. 1 , p. lo.

ia4 HISTOIRE DE FJÉNELON.

ce réduire à leur devoir Je n^ai pas manqué,

tf Monsieur, de lire publiquement, ici et à Marennes, tf ce que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire des ce bontés que le Roi aura pour les habitants de ce ce pays, s'ils s'en rendent dignes, et du zèle charita- « ble avec lequel vous cherchez les moyens de les a soulager. Les blés que vous leur avez fiiit venir ce à fort bon marché, leur montrent que e'^st une a charité effective; et je ne doute point que la con- « tinuation de ces sortes de grâces ne retienne la ce plupart des gens de cette cote. C'est la contro- « verse la plus persuasive pour eux. La nôtre les « étonne ; car on leur fait voir clairement le conc( traire de ce que les ministres leur avoientjtoujours «c enseigné comme incontestable et avoué des Caa tholiques mêmes. Nous nous servons utilement (K ici du ministre qui y avoit l'entière confiance

a des peuples, et qui s'est converti Je ne doute

a pas qu'on ne voie à Pâques un très-grand nombre tf de communiants, peut'^tre même trop. Ces fonce déments posés, c'est aux ouvriers fixes à élever (c l'édifice, et à cultiver cette disposition des esprits.» C'est toujours sur les moyens d'instruction et sur les bons exemples, que Fénelon insiste avec une persévérance qui indique assez l'opinion qu'il avoit lui-même de la sainteté d'une religion qui doit trouver sa racine dans la conviction de la conscience, et qui doit emprunter sa force et son éclat des vertus

de ses ministres. «Il ne faut, dit-il, que de^ prédica* (( leurs qui expliquent simplement tous les dimanches ff le texte de l'Évangile, avec une autorité douce et ff insinuante. Les Jésuites commencent bien ; mais cr le plus grand besoin est d'avoir des curés édifiants, « qui sachent instruire. Les peuples nourris dans « l'hérésie ne se gagnent que par la parole. Un curé a qui saura expliquer TÉvangile afTectueusement, et « entrer dans la confiance des familles, fera tout ce «qu'il voudra; sans cela , l'autorité pastorale, qui « est la plus naturelle et la plus efficace , demeurera « toujours avilie avec scandale. Les peuples nous dite sent : Fous rCéies ici qiCen passant; c'est ce qui « les empêche de s'attacher entièrement à nous. La « religion, avec le pasteur qui l'enseignera, prendra «insensiblement racine dans tous les cœurs.... 11 « faudroit aussi. Monsieur, répandre des Nouveaux « Testaments avec profusion; mais le caractère gros « est nécessaire , ils ne sauroient lire les petits ca- « ractères. Il ne faut pas espérer qu'ils achètent « des livres catholiques ; c'est beaucoup qu'ils lisent « ceux qui ne leur coûtent rien ; le plus grand « nombre ne peut même en acheter. Si on leur « ôte leurs livres, sans leur en donner, ils diront c que les ministres leur avoient bien dit que nous c ne voulions pas laisser lire la Bible, de peur « qu'on n'y vit la condamnation de nos superstitions « et de nos idolâtries, et ils seront au désespoir...

126 HISTOIRE DE FIÉNELON.

<r Nous avons accoutumé les peuples h entendre « les vérités qui . les condamnent le plus fortement, « sans être irrités contre nous. Au contraire, ils nous a aiment, et nous regrettent quand nous les quîta tons. S'ils ne sont pleinement convertis, du moins « ils sont accablés, et en défiance de toutes leurs (c anciennes opinions ; il faut que le temps et la con- « fiance en ceux qui les instruiront de suite, fassent « le reste. Il faut tendre aussi à faire trouver aux « peuples autant de douceur à rester dans le « royaume j que de péril à entreprendre den sor- « tir; c'est , Monsieur , ce que vous avez commenff ce, et que je prie Dieu que vous puissiez achever « selon toute l'étendue de votre zèle. »

Ses efforts pour Fénelon finit sa lettre par rendre compte au *^°"y®'^**°" marquis de Seignelay, des soins qu'il avoit inutile-

ue JM. de ^âmt-

Hermine. ment pris, pour opérer la conversion de M. de Saint-Hermine (i). Le ministre apportoît d'autant

(i) M. de Saitit-Hermine, dont il est ici question^ étoit vraisemblablement parent de Philippe de Coorcilloo, marquis de Dangeau, connu par sou Journal de la cour de Louis XIV, En effet, il est certain d'un côté que le titre de baron de Saint-Hermine appartenoit alors à la famille des seigneurs de Courcillon ; et d'un autre côté , que plusieurs membres de cette famille faisoient , à cette époque, profession du protestantisn^e. Le marquis de Dangeau, aussi bien que son frère, connu dans le monde sous le nom à* abbé de Dangeau, avoient été élevés dans le protestantisme, qu'ils abjurèrent entre les mains deBossuet, vers l'an 1668. Voyez

plus d'intérêt à cette conversion , qu'indépendamment du bon effet qui en seroit résulté sur tous les Protestants du Poitou, par la considération dont cette famille y jouissoit, il y trouvoit aussi le moyen le plus heureuK de plaire à madame de Maintenon, en secondant les vœux de son zèle et de sa piété, pour une famille à laquelle elle étoit attachée par les liens du sang, de l'amîtié et de la reconnoissance. Fénelon eut recours à un moyen assez singulier, pour convaincre M. de Saint- Hermine. Ne pouvant trouver de ministre protestant , qui consentît à entrer en dispute avec lui, parce que tous ceux qui en avoient pris l'engagement, ou s'étoient convertis , ou avoient disparu , il se chargea luimême du rôle de ministre protestant, et s'établit en controverse réglée contre l'abbé de Langeron , en plusieurs conférences qui eurent lieu en présence de M. de Saint-Hermine. On sent bien qu'un pareil rôle exigeoit une extrême bonne foi, pour éviter jusqu'au soupçon de chercher à affoiblir la cause qu'il s'étoit chargé de défendre ; mais c'étoit Fénelon qui faisoit ce rôle; et s'il y a eu des nuages sur quelques-unes de ses opinions, on ne peut du moins raisonnablement en élever sur sa bonne foi. On peut seulement présumer que l'abbé de

le Dictionn» de Moreriy art. Coarcillon, — Hist^ de Bossuet^ 1. 1, p. 112. — Essai historique (par M. Picot), t. H, p. a6.

(Édit.)

128 HISTOIR£ DE FENELON.

Langeron eut peut-être besoin de faire usage de tous les moyens victorieux qu^ofTre toujours la défense de la vérité, pour repousser les raisonnements subtils que dut lui opposer un adversaire aussi ingénieux et aussi séduisant que Fénelon. Il faut l'entendre lui-même faire le récit de ces conférences. « J'ai eu sept ou huit longues conversa- « tions avec M. de Saint-Hermine, à Rochefort, <c oîi j'ai été le chercher; il entend bien ce qu'on lui (c dit; il n'a rien à y répondre, mais il ne prend ce aucun parti. M. l'abbé de Langeroft et moi, nous c< avons fait devant lui des conférences assez fortes, c( l'un contre l'autre. Je faisois le Protestant, et je a (lisais tout ce que les ministres peuvent dire de « plus spécieux. M. de Saint-Hermine sentoit fort ce bien la foiblesse de mes raisons, quelque tour que a je leur donnasse. Celles de M. l'abbé de Langeron ce lui paroissoient décisives ; et quelquefois il répon- « doit lui-même ce qu'il falloit, contre moi. Après ex cela, j'attendois qu'il seroit ébranlé ; mais rien ne ce s'est remué en lui, du moins au dehors. Je ne ce sais sll ne tient point à sa religion, par quelque ce raison secrète de famille. Je serois retourné à « Rochefort, pour lui parler encore, selon vos orce dres, si M. l'intendant ne m'avoit mandé qu'il est ce allé en Poitou. Dès qu'il en sera revenu, j'irai à « Rochefort, et je vous rendrai compte, Monsieur, ec de ce que j'aurai fait. »

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