‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 46 sur 101 · LIVRE DEUXIÈME. 3o · texte numérisé non relu

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ff respect, il l'embarrassoit si fort, par la contrainte <K que son élévation lui donnoit malgré lui et mal- « gré elle, que de continuelles infirmités se joignant « à toutes ces raisons, elle s'adressa pendant quelce que temps au P. Bourdaloue. Mais ce saint et « savant prédicateur lui déclara qu'il ne pourroit « la voir que tous les six mois, à cause de ses sera mons. .Elle comprit que, tout habile, tout ver- « tueux , tout expérimenté , tout zélé qu'il étoit , « elle ne pourroit pas en tirer le secours presque « continuel dont elle avoit besoin. En se privant a du P. Bourdaloue, elle redoubla d'estime pour a lui; car, ajoute-t-elle avec assez de naïveté, la a direction de ma conscience n'étoit point à dédai- «r gner... Elle hésita quelque temps entre l'abbé de « Fénelon et l'abbé Godet des Marais , depuis or évêque de Chartres. Elle connoissoit ce dernier ce par l'abbé Gobelin , qui logeoit au séminaire des a Trente*trois, dont l'abbé Godet des Marais étoit ce supérieur ( 1 ) . Son extérieur, bien loin d'avoir

(i) Le cardinal de Bausset suppose ici et ailleurs (ci-après, n. aa), que Tabbé Godet des Marais étoit supérieur du séminaire des Trente 'trois. Il le suppose, à ce que nous croyons, d*après Y Éloge historique de tévéque de Chartres (Godet des Marais), publié par l'abbé Berthier, à la tète des Lettres de ce prélat à madame de Maintenon, Maiis il y a lieu de douter de la vérité de ce fait ; car les auteurs de la Gailia christiana (t. YII, p. 102a), dans la liste qu'ils donnent des supérieurs du séminaire des Trente*trois , depuis T. I. 20

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« rien qui attirât , étoit tout à' (kit propre h ëloi- € gner. li avoit un air froid, aec et austère ; mais < tout ce qu'elle vit en lui , dans ses rapports avec 4 Saint-Cyr, parut à madame de Maintenon si saint, « si vertueux , si sage, si modéré, si prudent, qu'elle a se décida à lui donner sa confiance. Elle fit part « de son projet à Tabbé Brisacier, qui, avec une a droiture merveilleuse 9 et sans profiter de . l'ou- .c( verture pour la porter à le choisir lui«mâme ^ ou a l'abbé Tiberge, son intime ami, pour qui elle a avoit une égale estime, dit à madame de Maintefc non : Fous ne saunez mieux faire^ Madame, que « de prendre M. F abbé des Marais pour votre fli-a recteur; il a tout ce qui vous oom^ient et qui 'vous « esi nécessaire. Elle pria l'abbé Brisacier de lui en « faire la proposition. L'abbé des Marais le refusa ce d'abord, regardant cette charge comme formi- ^ dable, ainsi qu'il le lui écrivit à elle*méme quel- 0 que temps après. Il fallut employer Tautorité de « M. Tronson, supérieur général de Saint-Sulpice , ce pour qui l'abbé des Marais avoit une entière dé-

sa fon4atioii jusqu'à Tan 173 1, ne'foat aucune mention de Tsbbé Godet des Marais, Peut-étrv y avoit-ii quelque emploi, san« être' supérieur; mais divers documents semblent indiquer qu'il dem^uroit habituellement au séminaire de Saint-Sulpice. Voyes le YUI^ Entretien de nuidame de Main'tenon (p. 176)» et \Rist. de la maison royah de Saint^Cyr (par le duc de Noailles), p. 49. (Èoit.)

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« fwenoe , et qui le déoida à se charger de la con- « science de madame de Main tenon. ï>

C'est de madame de Maintenon elle-même que nous eniprmntons ces détaik; et elle ajoutoit : « J'ai « souvent pensé depuis, pourquoi je ne pris pas l'abbé «de Fénelon, dont toutes les manières me plai* « soient, dont l'esprit et la vertu m'avoient si fort ce prévenue en sa faveur. Comment^ au milieu de « tout ce qui devoit me déterminer d'un côté , me tf jetoistje de l'autre? ii Elle s'exprimoit ainsi, longtemps après l'affaire du quiétisme et la disgr&ce de Fénelon; elle attribuoit cette détermination à une bonté particulière de la Providence, qui avoit voulu la préserver des erreurs de M. de Cambrai (i).

(i) Oq lit dans les notes placée^ à la suijte de Y Éloge de Fénelon j par le cardinal Maury (édit. de 1804) : « Madame de « Maintenon prit Fénelon pour son directeur à la mort de « l'abbé Gobelin ; et cette direction , qui pou voit donner « la plus grande influence sur le gouvernement , effraya ses « ennemis I qui dès lors conjurèrent sa perte: il y avoit « alors contre lui plusieurs cabales à la cour. )j*affaire du « quiétisme décida enfin madame de Maintenon à le quitter, « et à cboisir pour confesseur M. Godet des Marais , évéquc « de Chartres y ennemi très*passionné de Tarchevéque de

On vient de voir» par le témpignage de madame de Maintenon elle-même, que Fénelon n'a jamais été son directeuTy et qu'elle avoit donné sa confiance spirituelle à Tabbé des Marais^ Içngtemps as^ant t affaire du quiétisme. Ob verra, dans la suite, que Tabbé des Marais, depuis évéquf^de Cbar-

un.

HISTOIRE DE FBNELON.

Combien elle estime sa vertu et soD désintéressement.

Mais à l'époque où elle parut indécise entre Tabbé de Fénelon et l'abbé des Marais , pour la direction de sa conscience, elle étoit bien éloignée de lui supposer des erreurs. On voit, par tous les rapports de confiance qu'elle conserva avec lui, lors même que l'affaire du quiétisme eut commencé à faire un certain éclat, combien elle goûtoit ses maximes, vénéroit sa vertu, et admiroit son désintéressement.

Cette dernière qualité devoit surtout frapper madame de Main tenon; elle en offroit elle-même le modèle le plus admirable, dans une place qui, mettant tout à sa disposition, mettoit à ses pieds toute la cour et tous les ambitieux. On aura peine à croire que Fénelon fut cinq ans précepteur des enfants de France, sans recevoir la plus foible grâce. Le seul revenu ecclésiastique dont il ait joui jusqu'à l'âge de quarante-trois ans consistoit dans le petit doyenné de Carenac, que l'évêque de Sarlat, son oncle, lui avoit résigné, pour l'aider à subsister à Paris, pendant qu'il y exerçoit les fonctions du saint ministère. Ce fut cependant l'époque où il jouit du plus grand crédit auprès de madame de Maintenon; mais madame de Maintenon et le duc de Beauvilliers, aussi désintéressés que Fénelon, pensoient pour lui comme ils pensoient pour eux-mêmes.

très, fut opposé à la doctrine de Fénelon, mais qu'il ue fut jamais son ennemi très-passionné.

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