PREFACE. XV
Toutefois, pour cotl8érV6F plud fidèleillent le texte du cardinal de Bausset, bous avons quelquefois laissé les guilletnets aux passages dans lesquels il âe contentoit de donner la substanbe des auteurs ; mAis nous avons eu soin , dans ce cas , d'en avertir en note.
2*** Malgré Pàltention scrupuleuse de l'auteur, à ne rien avancer qui ne fût appuyé sur des pièces authentiques, il lui est échajppé plusieurs inexactitudes^ tantôt sur la date, tantôt sur lé fond el les circonstanciés dés faits. Lé défadt de documents sur quelques points , le désordre des manuscrits sur lesquels il travailioit , quelquefois aussi la rapidité du travail, expliquent naturellement ces sortes d'ineicabtitudôs, dont les meilleurs écrivains ne sont pas toujours exempts. La comparaison attentive de V Histoire de Fénelon avec les oUVrages manuscrits ou imprimés qui avoient fourni à Tauteur le fond de ses récits, nous a quelquefois suffi pour les rectifier. Nous avons eu d'ailleurs , sur
en 1S30 (chez Adrien Le Glere.) — Les Œutn^s'de Bossuety à'wprèn VéditUm de Versailles, 181A-1S19, 48 vol. in-s^. -^ Les Mémoires de Saint-Simon y d'après t'édftioA de Paris, 1842. (40 vol. în-15 , chez Delfôye.) — Les Lettres et Mé-^ moires de maéktme de Maintenon , d*après Pédithm d^ ÎM Beaomelfe.
\VI PREFACli:.
quelques points , des doeuments inconnus à i'au* leur, ou qui lui sont arrivés trop tard pour qu'il put les mettre à profil. Nous indiquerons soigneusenient en note tous les endroits suf lesquels tombent ces observations , et les raisons ou les autorités qui justifient nos corrections (1).
3^ Nous avons eu aussi à réparer quelques omissions importantes, que le cardinal de Bausset n'eût pas manqué de réparer lui-même , si les circonstances le lui eussent permis. Quelques-unes de ces omissions paroissent être un pur effet de l'oubli , ou de l'inadvertance de l'illustre auteur ; du moins nous ne croyons pas pouvoir expliquer autrement le silence absolu qu'il a gardé sur la Lettre de Fénelon à Cévéque d Arras^ touchant
(1) Voyez eu particulier, dans le premier livre de cette Histoire (t. V\ p. 37 et 38 de cette nouvelle édition), le passage relatif à une lettre de Fénelon au marquis son oncle, pendant son séjour au séminaire de Saint-Sulpice ; et celui qui regarde le projet attribué à Fénelon, de passer à Montréal » en Canada. — Dans le second livre, les passages concernant la Lettre anonyme de Fénelon à Louis XIV^ eu 1694. (P. 309, etc.) — Dans le troisième livre, les détails relatifs à Tostensolr d'or offert par Fénelon à son église métropolitaine, en 1714. (T. II, p. 411, etc.) — Dans le quatrième livre , les détails relatifs à la controverse du P. Lami, Bénédictin , avec le P. Malebranche. (T. IIl, p. 353, etc.)
PREFA.GE. • XVII
la lecture de C Ecriture sainte en Icuigue vulgaire^ et sur les Lettres si remarquables , dans lesquelles Fénelon établit, contre les Protestants, r autorité de r Église. D'autres omissions ont eu pour cause, la réserve imposée à Tauteur, lors de la publication de son ouvrage , par la politique ombrageuse du gouvernement impérial. Nous tenons de sa propre bouche, que telle fut la principale cause du silence qu'il crut devoir garder sur la Dissertation de Fénelon relative ii Fautorité du Pape ; et nous avons tout lieu de croire, qu'un semblable motif explique Texlréme brièveté avec laquelle il parla de XK.tamen de conscience sur les devoirs de la Royauté. D'autres omissions, également importantes, s^expliquent par le défaut de documents. Â l'époque où le cardinal de Bausset composa son Histoire , il ne connoissoit point le Recueil des principales vertus de Fénelon , publié en \ 725 par l'abbé Galet , et qui renferme de si précieux détails sur la vie privée de l'archevêque de Cambrai, sur son éminente piété , et sur son application constante au gouvernement de son diocèse. Il ne connoissoit pas non plus les Lettres sur le qaiétisme , publiées en 1733 par Tabbé de la Bletterie, contre la Relation du quiétisme^ de Tabbé Phélippeaux ; lettres qui, selon la remarque du cardinal de Bausset lui- T. I. h
iDéme , démontrent et vengent , de la manière la plus évidente y Vinnocence et la réputation de madame Guyon (1), Euûa il ne connoissoit pas plusieurs pièces inédites, dont la découverte ou la publication sont postérieures à la troisième édition de son Histoire. Nous pourrions indiquer, à ce sujet, un assez grand nombre de pièces, insérées depuis dans la Correspondance de Fénelon, Qu'il nous suffise de citer en particulier, la Dissertation sur r érection de Cambrai en archeK>éché ; la Dissertation sur le droit de Joyeux avènement (2) ; le Mémoire du marquis de Louville, sur l'éducation des petits-fils de Louis XIV; la Lettre de Fénelon au marquis de Louville^ du 10 octobre 1701 , à l'occasion de l'élévation du duc d'Anjou (Philippe V) sur le trône d'Espagne, etc. (3).
Le même défaut de documents avoit occasionné, dans les premières éditions de \! Histoire de Fénelon ^ quelques autres omissions, auxquelles l'auteur suppléa depuis, par des additions insérées dans les Pièces justificatives. Plusieurs de ces ad-
(1) Eût. de Fénelon y Pièces justifie, du liv. III , n. III. Le cardiDal de Bausset nous apprend lui-même^ qu'il n'a connu ces lettres qu'après la rédaction de son ouvrage. [Ibid.
t. II, p. 453.)
(2) Corresp. de Féneton; t. V, p. 7, 73, etc.
(3) Ibid, t. II, p. 368, 433, clc.
dttioDs éUrtem d'ùo trop gtênà inïétèi ^ poûv être aiosî rejelées en dehors de Y Histoire; et noti» ne doiitons pas qne Fauteur lui-même ne les eàt insérées dans le corps de l^ouTrage , sll n'en eût été empêché par ses infirmités. Parmi ces additions^ nous remarquerons en particulier les détails sur la Tie privée de Fénelon , tirés du récit que fait Tabbé Ledieu de son voyage à Cambrai , en 1 704 ; et les détails relatifs à la correspondance de Fénelon avec la comtesse de Gramont.
4" V affaire du quiétisme , qui remplit une si grande partie de V Histoire de Fénelon y a été pow nous l'objet d'une attention particulière. Déjà nous avons fait remarquer, que le cardinal de Baasset^ à l'époque où il composa cette Histoire^ ne connoissoit pais les Ijettres de la Bletterie sur le quiétisme , a qui démontrent et vengent de la manière ff la plus évidente , l'innocence et la réputation de « madame Guyon (1). » Il est vrai que ces Lettres confirment généralement le récit du cardinal de Bausset ; mais il est également certain, qiï'elles présentent plusieurs feits importants, avec un détail de eîrconstances que Tillustre auteur n'avoit pas assez remarquées, et dont la coonoissance Teût certainement engagé à traiter madame Guyon beau-
\ï] Voyez la note l de la page précédente.