‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 50 sur 101 · LIVRE DEUXIÈME. 3a · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. 3a

compense ni à la punition , ni au paradis ni à l'enfer, ni à la mort ni à réternité. Elle ne doit plus avoir aucun désir des vertus, ni de sa propre sanctification, ni' même de son salut, dont elle doit perdre l'espérance.

4^ Dans ce même état de perfection, la pratique de la confession, de la mortification et de toutes les bonnes œuvres extérieures, est inutile et même nuisible, parce qu'elle détourne l'âme du parfait repos de la contemplation .

5^ Dans l'oraison parfaite, il faut demeurer en quiétude , dans un entier oubli de toute pensée particulière, même des attributs de Dieu, de la Trinité, et des mystères de Jésus-Christ. Celui qui , dans l'oraison, se sert d'images, de figures, d'idées, ou de ses propres conceptions, n'adore point Dieu en esprit et en vérité.

6^ Le libre arbitre étant une fois remis à Dieu , avec le soin et la connoissance de notre âme, il' ne faut plus avoir aucune peine des tentations , ni se soucier d'y faire aucune résistance positive. Les représentations et les images les plus honteuses qui affectent alors la partie sensitive de l'âme, sont tout à fait étrangères à la partie supérieure. L'homme n'est plus comptable à Dieu des actions les plus honteuses, parce que son corps peut devenir l'instrument du démon, sans que l'âme, intimement unie à son créateur, prenne aucune part T. I. ai

Progrès de ses

erreurs; leur

coudamnatioD.

3!i2 HISTOIAE BE F£N£LON.

à ce qui se passe dans cette maison de chair qu'elle habite.

7® Ces terribles épreuves sont \me voie courte et assurée^ pour parvenir à purifier et éteindre toutes les passions. L'âme qui a passé par cette voie inté-* rieure ^ ne sent plos aucune révolte, et u» fait plus aucune chute, même vénielle.

1 On peut s'étonner, au premier abord, qu'une doctrine si révoltante ait pu trouver en Italie, et même à Rome, des partisans parmi des. personnes éminentes en piété, et que la dignité de leur caractère, jointe à la pureté bien connue de leurs mœurs, auroient dû préserver d'une pareille séduction- Toutefois, on sera moins étonné de cette illusion, si l'on fait attention que Molinos lui-même, soit qu'il n'eût pas aperçu d'abord les affreuses conséquences de son système, soit qu'il n'osât pas les tirer, ne les manifesta pas dès le principe. Il est d'ailleurs certain, que ses erreurs étoieat dissimulées sous l'apparence d'une grande piété, et sous un lan«gage de spiritualité, qui, aux yeux des personnes simples et trop peu précautionnées, excluoient naturellement toutes les idées grossière» et les conséquences révoltantes de son système.

iMais, quelles qu'aient pu être, dans le principe, les causes de l'illusion , les personnes éclairées ne tardèrent pas à voir que la doctrine de Molinos tendoit à précipiter l'homipe,. npn-seulfunent dans une

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