‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 51 sur 101 · LIVRE DEUXI^ÈME. SsS · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXI^ÈME. SsS

monstrueuse indiflfërence sur son salut , et ^r lés praticjues de pîëtë les plus essentielles, mais encore dans le plus affreux débordement de mœurs. Ausàî le pape Innocent XI ne se borna poîrit à condamner, par sa bulle du àd novembre T687, les prmcrpales iteâerôons de Molinos , cofttfne respectivement héré^ tiquesy scandaleuses et blasphématoires; il l'oblîgea de plus à rétracter sa doctrine, en habit de pé- ^iteat y devant toute la cour romaine et le peuple assemblés ; et ce ne fut qu'en considération de son rejpeùtir, qu'on se borna à le condamner à une pénitence et à une prison perpétuelles, dans lesquelles il finit pieusement ses jours, le 39 décembre 1696 ( i ). \ La doctrine et les écrits ,de ce novateur firent peu de bruit en France, avant la condamnation solennelle dont nous venons de parler; mais il est à remarquer, ({ue, dans le temps même où les erreurs de Molinos commençoienJb à se répandre en Italie , te quîétisme sMntroduisoit en France , sous un^ forme plus spirituelle et plus séduisante. Dès Tan 1670, on vit paroître à Paris l'ouvrage de François Malavai , intitulé : Pratique facile pour élever Vàme à la contemplation {\xï^iql)\ o\i\VQ%e \Âen éloigné

(i) Dupîn et \é P. d'Avrigny placent la mort de Molinos au a8 novembre 169a; nous corrigeons cette erreur d'après les Actes de la condamnation des QuiétisteSy qu'on Voit à kl suite de Vinstruct, dé Bo^uet sur les états d^oraUôrt;* édit.deiSg'j. (ÉoiT.)

ai.

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sans doute des «reurs grossières de Molinos^ mais plein d'une spiritualité raffinée, qui , sous prétexte de contempiatiotij de repos en Dieu, et àe parfait abandon y autorise une complète inaction dans l'oraison j la suppression des actes les plus essentiels à la piété; et l'indifférence même par rapport au salut (i).

(i) L^ouvragede Malaval, publié d'abord en François eu 1670^ fat presque aussitôt traduit en italien (1673 et 1676), et répandu en Italie, à l'époque oà les erreurs deMoiinos coromençoient à faire du bruit. Le P. Segneri combattit fortement la doctrine de cet ouvrage dans plusieurs écrits , dont le principal est celui qui a pour titre : I sette principj su cui si fonda la nuova orazione di quiète , riconosciuti per poco saldi. (Voyez, à ce sujet, la Préface des Méditations du P, Segneri. Paris, 17^4, in»i2.) L'année même de la con-^ damnation de Molinos, on vit paroître une traduction françoise de cet ouvrage du P. Segneri, sous ce titre : Le Quié' tistCy ou les illusions de la nouvelle oraison de quiétude. (Paris^ 1687, in- 12.) Cette traduction, sans nom d'auteur, étoit de Tabbé Dumas, qui en publia une nouvelle édition en 1690. Le P. Bourdaloue, dans une Lettre à madame de Maintenons écrite en 1694,. et dont nous parlerons bientôt plus en détail (ci-après, n. 27), témoigne une estime particulière pour cet ouvrage et pour l'auteur, le premier, selon lui, qui ait combattu la secte de Molinos. Tous les ouvrages du P. Segneri sur cette matière sont réunis dans le t. IV de ses Œuvres^ publiées à Venise en 1712 (4 voL in-4)» et plusieurs fois réimprimées depuis. Une partie seulement de ces écrits se trouve dans la traduction latine des Œuvres du P. Segneri, publiée par le P. Raàsler, Jésuite. (Munich, 1706, in-4*) (Édit.)

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