‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 52 sur 101 · LIVRE DRUXliME · texte numérisé non relu

LIVRE DRUXliME

1 II ne paroîl pa$ que la lecture de cet ouvrage, ni celle des écrits de Molinos, aient pu influer sur les erreurs de madame Guyon , qui se rendit , vers le même temps, si malheui*eusement célèbre par la singularité de ses opinions. Elle a souvent déclaré , dans la suite, qu'elle ne se souvenoit pas d'avoir jamais lu le livre de Malaval, et qu'elle n'avoit parcouru celui de Molinos, que longtemps après avoir écrit les siens ( i ). Toutefois, il est certain que sa doctrine étoit au fond celle de Malaval et de quelques autres quiétistes, avec lesquels elle avoit pu avoir des rapports, soit en France , soit en Italie , où elle fit un assez long séjour , à l'époque oîi les erreurs de Molinos commençoient à se répandre (a).

1 Cette doctrine étoit présentée, dans les écrits de madame Guyon , sous une forme si séduisante , qu'elle fit d'abord illusion, pendant quelque temps,

Quiétisme

moins grossier

de madame

Guyon.

(i) Voyez la Déclaration de madame Guyon^ du i*' juillet 169 S, dans la Correspondance de Fénelon, t. VII, p. 18g, uote. (Édit.)

(a) La doctrine de madame Guyon avoit aussi beaucoup de rapport avec celle du P. Jean Falconi, religieux de Tordre de la Merci , auteur d'une Lettre sur la contemplation, composée en espagnol, et publiée pour la première fois à Madrid, en 1657. Cette lettre fut traduite en italien, et publiée à Rome en 1676. Vers le même temps, on en publia à Paris une traduction françoise, qui Jut reproduite, en forme ^ appendice^ à la suite de l'ouvrage de madame Guyon, Moyen court et facile^ etc. (ÉniT.)

3^)6 HISTOIBE o^ viirp^iON.

aux plifs habiles théo)ogiens. Bossue^ li^i-mpiiip, au témoignage de plusieurs auteurs popteipporains, à la première lecture qui} fit des écrits 4ç madame GuyoDi les trouva remplis (Time lumière et dun^ onction extraordinaires (i). Ce ne fut qu'après yn examen plus approfondi , qu'il reconnut l^ur venin, et la conformité qu'ils avoient, sfir plusieurs points, avec la doctrine de Molinos. XiCs principales erreurs qu'il y remarqua peuvent se rapporte^ aux quatre si^ivantes :

i^ \a perfection de l'homme, même dès cette vie, consiste dans un acte continuel dç contempUtion ^t d'amour, qui renferme en Ini seul tous les actes d^ la religion, et qui, une fois produit, subsiste tonjours , à moins qu'on ne le révoque expressément. Ce principe , souvent supposé ou expliqué dansi Içs écrits de madame Guyon, est énoncé en termes formels, dans une lettre imprimée à la suite de son ouvrage intitulé : Moyen court et très-Jacile défaire oraison, oc Je voudrois, dit le P. Falconi, auteur de a cette lettre, que tous vos jours, tous vos mois, « toutes vos années, et votre vie tout entière, fût ce employée dans un acte continuel de contempla-a tion y avec une foi la plus simple, çt un amour le

(i) Hist, de Fénelouj par Ramsày, p. a5. — Avertisse» ment des Œuvres spirituelles de Fénelon, (Édit. in-i a de 174^9 p. xcvii.) On sait que cet Avertissement est du marquis de Fénelon.

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