LIVRE DfilïXI^E
a plus pur qu'il seroit possible... En cette disposia tion/ quand vous vous mettrez en prière, il ne a sera pas toujours nécessaire de vous donner à Dieu « de nouveau, puisque vous l'avez déjà fait ; car, c comme si vous donniez un diamant à votre amie, a après l'avoir mis entre ses mains, il ne faudroit ce plus lui dire et lui répéter tous les jours que vous a lui donnez cette bague, que vous lui en faites un a présent; il ne faudroit que la laisser entre ses a mains, sans la reprendre;... ainsi, quand une fois <x vous vous êtes absolument mise entre les mains a de !Notre-Seigneur, par un amoureux abandon, Œ vous n'ayez qu'à demeurer là (i). »
a® Il suit de ce principe, et la nouvelle mystique paroît en conclure, qu'une âme arrivée à la perfection, n'est plus obligée aux actes explicites, distingués de la charité ; qu'elle doit supprimer généralement et sans exception tous les actes de sa propre industrie, comme contraires au parfait repos en Dieu. « Il faut, dit«elle, seconder le dessein de Dieu, qui « est de dépouiller Vâme de ses propres opéra- «c tions, pour substituer les siennes en leur place, ce Laissez*le donc faire, et ne vous liez à rien par a vous-même; quelque bon qu'il paroisse, il n'est « pas tel alors pour vous, s'il vous détourne de ce K que Dieu veut de vous... Il faut que tout ce qui
(i) Lettrç d€ Falconij à ia suite du Moyen couH, etc. p. i57, etc.
3a8 HISTOIRE DE PiHELON.
a est de rbomme et de sa propre industrie, pour a noble et relevé qu'il puisse être; il &ut, dis-je^^i^ « tout cela meure (i). »
3^ Dans ce même état de perfection , l'âme doit être indifférente à toutes choses , pour le corps et pour l'âme, pour les biens temporels et étemels. a Pour la pratique de l'abandon , elle doit être de a perdre sans cesse toute volonté propre dans la a volonté de Dieu ; renoncer à toutes les inclia nations particulières, quelque bonnes qu'elles « paroissent, sitôt qu'on les sent naître, pour se a mettre dans l'indifférence; et ne vouloir que c( ce que Dieu a voulu dès son éternité ; être indifa férent à toutes choses, soit pour le corps, soit a pour l'âme , /jour les biens temporels et éter- (c uels4 laisser le passé dans l'oubli, l'avenir à la a Providence, et donner le présent à Dieu (ni). »
4^ Dans l'état de la contemplation parfaite, l'âme doit rejeter toutes les idées distinctes , et par conséquent la pensée même des attributs de Dieu et des mystères de Jésus-Christ. « Dès que l'âme commence « à recouler à son Dieu , comme un fleuve dans son « origine , elle doit être toute perdue et abîmée en ce lui ; il faut même alors qu'elle perde la vue apera eue de Dieu, et toute connoissance distincte, pour « petite qu'elle soit Alors, une âme, sans avoir
(]) Moyen court^ etc. n. 17 et 24) p. 68 et laa. (a) Ihi(L n. 6, p. a8.