LIVRÉ D£UX1J>.MÉ
Meatix, M. de Noailles^ évêque de Châlons, et M. Tronson. || Elle cdtnptoit parmi ses prosélytes les plus zélées la comtesse de Guiche, nièce de Tévêque de Châlons; et peut-être lui vint-il en pensée que cette considération pourroit contribuer à disposer le prélat en sa faveur. Quant à M. Tronson , elle savoit combien il étoit affectionné à Fénelon ; mais elle savoit aussi combien M. Tronson étoit incapable de sacrifier la vérité à Tamitié. y
Au milieu de toutes ces discussions, qui pre- intérêt noient chaque jour un caractère plus inquiétant, q«e madame
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telle étoit l'estime générale que les personnes les porte à Fénelon. plus prévenues contre madame Guyon, conser- Voient à Fénelon, qu'elles s'occupoient toujours à le détacher de cette cause, qui leur sembloit presque désespérée. Madame de Maintenon ne pouvoit renoncer à l'intérêt qu'il lui avoit inspiré ; et on en retrouve encore les expressions les plus touchantes, dans une lettre confidentielle qu'elle écrivit alors à madame de Saint-Géran. « Encore une lettre de a madame Guyon ! Cette femme est bien importune; c( il est vrai qu'elle est bien malheureuse. Elle me « prie aujourd'hui de faire associer à l'évêque de a Meaux, l'évêque de Châlons et le supérieur de « Sain t-Sulpice, pour juger définitivement des points (( sur lesquels on accuse sa foi : elle me promet une ce obéissance aveugle. Je ne sais si le Boi voudra « donnerencorecettenouvellemortificationà M. de
Déclaration
signée par Féoelon le 22 juin I
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ce Paris ; car enfin cette hérésie est née dans son dio- (c cèse, et c'est à lui à en décider 1^ premier. Comptez ce qu'il ne laissera pas perdre ses droits. M. l'abbé a de Fénelon a trop de piété pour ne pas croire ce qu'on peut aimer Dieu uniquement pour luicc même , et trop d'esprit pour croire qu'on peut a l'aimer au milieu des vices les plus honteux. Il cK m'a protesté qu'il ne se mêloit de cette affaire, (c que pour empêcher qu'on ne condamnât , par (T inattention y les sentiments des vrais dévots. Il (( n'est point l'avocat de madame Guyon, quoiqu'il a en soit l'ami ; il est le défenseur de la piété et de (c la perfection chrétienne. Je me repose sur sa paa roX^j parce que f ai connu peu cF hommes aussi a francs que lui; et vous pouvez le dire (i). »
\ Ce fut pour dissiper entièrement les soupçons que pouvoit inspirer contre ses sentiments personnels, son attachement à madame Guyon, que Fénelon signa, le!22 juin 1694, une Déclaration fa.v laquelle il s'engageoit à souscrire, sans équivoque et sans restriction, à tout ce qui seroit décidé sur les voies intérieures, par les trois commissaires qui venoient d'être nommés, pour l'examen de la doctrine et des écrits de madame Guyon. Cette Déclaration étoit conçue en ces termes : « Je déclare devant
(1) Lettres de madame de Maintenons t. II, p. 3 21. — Corresp, de Fénelon, t, VII, p. Sa.