‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 66 sur 101 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

<K Dieu, comme si j'allois comparoître tout à l'heure ce à son jugement, que je souscrirai, sans équivoque <K ni restriction, à tout ce que M. Tronson décidera, « avec messeigneurs de Meaux. et de Châlons, sur a les matières de spiritualité, pour prévenir toutes a les erreurs et illusions du quiétisme, et autres a semblables. Je consens même qu'on montre le f( présent écrit, toutes et quantes fois que ces trois Il personnes le jugeront nécessaire; et je promets ce que je parlerai en conformité, dans toutes les oc- « casions où ils le croiront à propos. <c Fait à Issy, le aa juin 1694*

(c Signé : L'abbé de FMnelon.

« J'ajoute que je suis prêt à souscrire à toutes les tf condamnations que l'Église fera des personnes, ce sans aucune exception, si elle le jugeoit nécessaire ce dans la suite, pour flétrir davantage la doctrine et erronée. »

1 1l étoit impossible assurément de s'expliquer d'une manière plus propre h dissiper tous les soupçons. Aussi M. Tronson, en faisant connoître cette Déclaration à l'évêque de Chartres, se montre-t-il pleinement satisfait des dispositions de Fénelon, et persuadé qu'on ne peut exiger de lui autre chose (f). 35

Il Les trois commissaires nommés pour l'examen de Madame Guyon

se retire

à Meaux ; ( I ) Corresp. de Fénelon^ t. VU, p. 53.

376 HISTOIRE BB FÊlfELOX.

la doctrine de madame GuyoD, s^attachèrent beau-

de sa doctrine, . « ,. , . 1 - .^

par Itt trois ^^^P moms a discuter les imputations calomnieuses qu'on avolt cherché à répandre contre ses mœurs, qu'à s'assurer de ses sentiments intérieur , et à la faire expliquer sur quelques maximes et quelques expressions de ses écrits, qui ofTroient un sens répréhensible II (i). Ses réponses parurent annoncer l'intention de n'avoir jamais voulu s'écarter de la doctrine de l'Église, et des regrets sincères d'avoir pu donner des soupçons sur la pureté de sa foi. Elle montra une entière déférence aux avis des commissaires; et ceux-ci conçurent une opinion d'autant plus favorable de ses sentiments, || qu'elle fit alors de nouvelles instances à Bossuet, pour obtenir ce qu'elle demandoit depuis longtemps, qu'il voulût bien la l'ecevoir au couvent de la Visitation de Meaux || (7). Elle prit avec lui l'engagement d'y vivre dans une entière retraite, de se mettre sous la direction du confesseur qu'il jugeroit à propos de

(i) Voyez les Réponses île maelame Guyon^ aux demandes qui lui ont été faites dans les conférences des 6 et 1^ décembre 1694. (Corresp, de Féneion, t. VII, p, 114, ia3, etc.) La plupart des demandes roulèrent sur la doctrine et les sentiments de madame Guyon; quelques-unes seulement (la 3i* et la 33®) sur ses mœurs. (Édit.)

(2) Madame Guyon avoit fait cette demande dès le mois de septembre 1693 ; mais Bossuet ne se rendit à ses instances, qu'au mois de janvier 1695. {Corresp. de Fénelon, t. VII, p. a8, 3o et 1 38.)! (Édit.)

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