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lui donner, et de n'entretenir au dehors aucune correspondance. Bossuet fut touché d'un abandon aussi absolu; il se rendit à ses instances , et elle partit en efTet pour Meaux, dans les premiers jours de janvier 1695.
Il Après avoir éclairci ou écarté tous les faits per** sonnels, qui n'étoient qu'un objet secondaire de leur commission ; après avoir obtenu sur la doctrine personnelle, ou plutôt sur les intentions de madame Guyon, tous les éclaircissements qu'ils jugèrent suffisants; les trois commissaires fixèrent toute leur attention sur les points de doctrine à établir contre la nouvelle spiritualité. Il Ils conçurent le dessein d'exposer les véritables sentiments de l'Église, sur les points controversés, en arrêtant quelques maximes doctrinales, qui pussent désormais servir de règles pour renseignement et la pratique, dans les matières de spiritualité, et prévenir les abus qu'on seroit tenté de faire, des expressions figurées qui se rencontrent assez souvent dans les auteurs mystiques.
Tel fut le véritable objet des conférences tenues à Issy, dans la maison de campagne du séminaire de Saint-Sulpice ( i). L'évêque de Meaux et J'évêque de Châlons étoient convenus de s'y rendre, par égard
Conférences
d*Issy; quelle
part Fénelou
y prend.
(1) Voyez ail n. I*'' des Pièces justificatives ï[e ce livre, quelques observations sur ce sujet.
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pour M. Tronson, dont les infirmités et la santé languissante exigeoient le repos et le séjour de la campagne. Cette retraite convenoit également à la détermination que Ton avoit prise, de dérober le secret de ces conférences à M. de Harlay, archevêque de Paris , dont on craignoit les préventions contre madame Guyon. Ce prélat pouvoit d'ailleurs se trouver blessé, de voir des évêques étrangers statuer sur une question de doctrine élevée dans son diocèse.
Ces conférences durèrent plus de huit mois(i). Les fréquents voyages que Bossuet étoit obligé de faire à Meaux, et M. de Noailles à Châlons, pour les devoirs de leur ministère, amenoient nécessairement d'assez longs intervalles entre les conférences. Mais ces intervalles n'étoient point perdus pour le travail des commissaires, qui se livroient alors à une étude approfondie des questions soumises à leur examen, des auteurs mystiques qui s'en étoient occupés, et des tiouvelles opinions qui cherchoient à s'introduire à l'ombre de ces noms respectés. « Ces (c conférences, dit madame de Maintenon, cotninen- (( çoient par la prière, et finissoient de même; on ny
(i) La Déclaration de Fénelon que nous avons rapportée plus haut (p. 375), sqppose que les conférences dlssy étoient déjà commencées, ou sur le point de commencer, le 22 juin 1694; et elles ne furent terminées que le 10 mars
1695. (ÉDIT