HISTOIRE PB FRELON
dans }es fiqtrea églises du royaume (i). Les diffé^ rçnd^ qui existoient s^lors çQlre Ifi Fi^pce et le saintsiége^ ne pennirent pas au Roi de solliciter auprès du Pape la conlirination de ce coQCordat | avant le rétablissement de la paix ^ntre les deux cours, en 1693; mais à cette époque ^ le cardinal de Janson, qui se trouvoit à Rome en qualité d'iimbassadeur, fut chargé par le Roi de négocier cette affaire; et le résultat de la négociation fut un induit accordé au Roiy le 4 janvier i6g5| pour l'autoriser à conférer désormais l'archeyêché de Cambrai, toutes les fois qu'il viendrpit à vaquer, pourvu que cette vacance ne fût pas occasionnée par la mort de l'archer vêque en çQur de Rome (a). Ce fut en vertu de cet
(i) Oq peut voir ce Cor^cordat^ et que1c|ues autres pièces qui le concernent, aux n, 4 et 5 de \ Appendice de l'ouvrage récemment publié par M. Le Glay, Cameracum christîanum^ Jn-4*. Toutes ces pièces sont tirées des Registres de f ancien chapitre de Cambrai^ qui se conservent aujourd'hui à la Bibliothèque publique ^e cette ville. (Édit.)
{%) Gazette de France y § et x * février i ÇgÇ* Cet indaU ne se trouve pas dans les Mémoires du Clergé ; mais il est rapporté en entier par Dom. De Sanctis, Exam, consistor, cap. 1 3, n. I Sg. (Voyez aus&i Riganti, ubi suprà^ n. 63.) Le texte de cet induit est exactement conforme à celui de plusieurs a\itres du même genre^ qui se trouvent dans les Mé^ moires du Clergé [ubi suprti). Nous remarquerons seulement, que \ induit relatif ^u siège de Cambrai ^ aussi bieq que ceux qui regardent quelques autres bénéfices consistoriaux, situés dans les paya iiouvellement réunis à la France»
LIVRB DEUXIÈME. Sgi
induit, que Louis XIV nomma Fénelon à rarcheyê«< ché de Cambrai, le 4 février iGgS.
1 Cette nomination, déjà si importante à raison des circonstances que nous venons d'exposer, ne l'étoit pas moins , à raison du mérite singulier du prélat qu'il s'agissoit de remplacer dans le siège de Cam» brai. C'étoit M. de Brias, mort le i6 novembre pré* cèdent ( I ) , avec la réputation (J'un prélat distingué par toutes les vertus épiscopales, spécialement par son amour pour la paix, et par son rare talent pour concilier les esprits. L'éloge que Pellisson fait de lui, dans ses Lettres historiques^ peut donner ^ne idée de la haute estime dont il jouissoit dans son diocèse. Voici ce qu'écrivoit l'illustre académicien, le i5 mai 1677, un mois après la prise de Cambrai par Louis XIV : a Personne n'est ici plus à la mode « que l'archevêque de Cambrai ; et ce qui vous sur- « prendra, c'est par une chose qui n'est peut-être ce pas trop à la mode, qui est de faire admirable-» « ment son devoir d'évêque ; mais la grande vertu
étoit purement personnel; en sorte que les successeurs de Louis Xrv ne pouvoient s'en prévaloir, sans une nouvelle concession du saint-siége. C'est ce que reconnut expressément le chancelier Voisin» dans une Lettre au chapitre de Cambrai, du 3o août 171 5, qu'on peut voir aussi dans le Cameracum christ, \Append. n. 7), et dont nous parlerons ailleurs plus en détail. (Ci-après, t. IV, liv. viii, n. 5o.) (Édit.) (1) Recherches hist, sur l'église de Cambrai ^ par M. Le Glay, p. 76, etc. — Gazette de France^ ^7 novembre 16^4.
39^ HISTOIRE DE FÉITFXON.
a se fait toujours admirer. M. de Tjouvois, le chevaoc lier de Nogent, et tous les autres qui ont été avec lui flc à Cambrai durant quelques jours , ont rapporté ce tant de bien de ce prélat , que le Roi a dit pu- « bliquement qu'il en étoit ravi. Il se lève dès quatre a ou cinq heures du matin, va dire la messe, passe a tout le reste de la matinée dans l'église, soit aux ce offices ou en oraison, donne à dîner à qui veut, « au sortir de là, en vaisselle d'étain fort nette, et ce de bonnes viandes, mais sans aucun excès, ni a pour la délicatesse, ni pour la qualité ; passe l'après- « dinée à visiter des malades , ou des prisonniers, ce ou d'autres affligés , excepté qu'il rend soigneu- €( sèment visite au moindre capitaine d'infanterie a qui a été chez lui ; fait beaucoup d'aumônes , et a ne laisse mourir personne dans Cambrai sans ce l'assister, au moins sans lui aller donner sa bé- « nédiction . Cela est tellement établi, que les gens « du plus bas peuple envoient dire à M. l'archecc vêque qu'ils se meurent, et qu'il leur vienne don- <c ner sa bénédiction (i). »
y II étoit sans doute honorable à Fénelon, d'être choisi pour succéder à un prélat si recommandable par ses vertus épiscopales; mais il ne tarda pas à se montrer digne d'un tel choix. || Au moment où le
(i) Le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires^ fait aussi un grand éloge de M. de Brias. (T. II, p. i o5.)