LIVRE D£U\ljkM
<K véritable que daas les plus grands saints, dans <K un saint Paul, dans un Moïse, c'est-à-dire, dans ce les âmes d'une sainteté qu'on ne voit paroître « dans l'Église, que cinq ou six fois dans plusieurs «c siècles (i). »
1 II résulte clairement de ces détails , que Bossuet fut insensiblement amené, pendant les conférences d'Issy, à modifier ses premiers sentiments sur la nature de la charité. Nous verrons cependant, qu'il ne prétendit pas y renoncer absolument , et qu'il crut, dans la suite, pouvoir les concilier avec la doctrine établie dans les articles d'Issy. Bien loin de convenir qu'on l'eût amené à rétracter, sur ce point, ses premiers sentiments, il prétendit avoir obtenu de Fénelon une rétractation de ses erreurs, en lui faisant signer les trente-quatre articles ; et Fénelon, de son côté, se flattoit d'avoir fait admettre à Bossuet sa doctrine suf* le pur amour ^ en obtenant de lui les quatre articles ajoutés aux trente premiers (a). Cette conduite des deux prélats annonçoit assez les fâcheux éclats qui suivirent de près les conférences d'Issy.
(x) Imtr, sur les états d'omis, livre X, n. la, p. 437.
(a) HUté de Fénelon , par le chevalier de Ramsay, p. 3a« — Avertissement des Lettres spirit. de Fénelon , par le marquis, son petit neveu. (Édit. de 1740, p« cm.) — Relation de Bossuet sur le quiét. sect. 3 et 4, p* ^^> ^^7» etc. — • Bép. de Fénelon à la Relation, chap. 3, n. 47 « etc. --^Relation manuscrite sur le quiét. par M. Dupuy , p. 3a , etc. (Édit.)
4o4 MlSTOtRE DE FÉNELON.
Us continuèrent cependant encore quelque temps à se voir, et à correspondre entre eux sur le ton de leur ancienne amitié. Fénelon écrivoit à Bossuet, le 27 mars 1695, dix-sept jours après la signature des articles d'Issy : a II n'y a rien de nouveau en a ce pays-ci, sinon que vous n'y êtes plus, et que ce ce changement se fait sentir aux philosophes (i). <K Je m'imagine qu'après les fêtes, s'il vient de beaux a jours, vous irez revoir Germigny paré de toutes « les grâces du printemps. Dites-lui, je vous supce plie, que je ne saurois l'oublier, et que j'espère a me retrouver dans ses bocages , avant que d'alcc 1er chez nos Belges, qui sont extremi homi-- « num (2). »
Bossuet et l'évêque de Châlons étoient convenus de publier, aussitôt qu'ils seroient de retour dans leurs diocèses, les articles d'Issy, dans une ordonet e c artres, j^j^^çg ^nj Dortcroit en même temps condamnation
contre les ^ * *
ouvrages de des ouvragcs de madame Guyoq. On ne voit pas madame Guyon. qu'^^ ^it demandé rien de semblable à Fénelon ,
soit parce qu'il n'étoit point encore sacré archevêque de Cambrai, soit parce que les erreurs des nouveaux mystiques n'avoient point encore pénétré dans son diocèse, soit enfin parce qu'on, sentit
Ordonnances
des évéques
de Meaiix,
de ChâloDs,
(i) Fénelon désigne en cet endroit, sotis le nom de philosophes, plusieurs amis de Bossuet, qui formoient sa société ordinaire à Versailles. (Voyez ci-dessus, P* 5 1 , note i . (Édit.)
{%) Corresp^ de Fénelon^ t. VII, p. i63.