‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 77 sur 101 · LIVRE DEUXIÈHS. liO'J · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈHS. liO'J

un acte d'adhésion pleine et entière aux arlicles dUssjTy et à la condamnation qui pourroit être faite de ses livres, J3ar ceux à qui Dieu en a donné la puissance , notamment par MM. de Meaux et de Châlons (i). -Par une autre déclaration^ signée le même jour, elle protestoit n'avoir dit ou fait au*» cune des choses qu'on lui imputoit, et n'avoir jamais approuvé les principes de MoKnos, qui regardent comme innocentes certaines actions abo-» minables (2), Mais, quelque importantes que fussent ces déclarations, Bossuet n'en étoit pas satisfait. Il se croyoit fondé à croire, ou du moins à soupçonner, que madame Guyon n'avoit pas seulement erré dans les termes, mais encore dans le fond de la doctrine, et qu'elle avoit été réellement infectée

(i) Corresp. de Fénelon , t. VII, p. 160, note 1'®. Les détails que nous donnons ici, sur la soumission de madame Gttyon, et sur les attestations que Bossuet lui donna en con* séquence de cette soumission, otoient placés un peu plus bas, dans les précédentes éditions de cette Histoire. (3® édit. U I^^, p. 3a8, etc«) Le cardinal de Bausset, induit en erreur par La Beaumelle, sur là date du sacre de Fénelon, comme on le verra bientôt, avoit changé Tordre naturel de ces événements.

Nous avons été aussi dans le cas de modifier et de compléter cette partie de VHistoire, d'après des pièces authentiques, que le cardinal de Bausset n'avoit pas connues, ou qu*il n'avoit pa\ examinées assez soigneusement. Voyez les observations queyious avons faites, sur ce sujet, dans la Préface de cette ylouvelle édition. (Édit.) . (a) Cçrresp^ de Féneion^ ibid. p« i6iv

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des erreurs contraires aux articles d'Tssy. Dans le dessein d'obtenir d'elle un aveu formel de ces erreurs, il crut devoir lui faire , à diverses reprises , les plus fortes instances; mais jamais il n'en put obtenir d'autre réponse, sinon qu'elle ne pouvoit faire cet aveu, sans parler contre sa conscience; qu'elle n'avoit jamais douté des vérités contenues dans les articles d'Issy, ni d'aucune autre vérité de la foi ; qu'au reste , elle avoit toujours soumis, comme elle soumettoit encore, ses livres au jugement de l'Église ; condamnant de tout son cœur les mauvaises expressions que son ignorance avoit pu lui faire employer (i).

(i) On peut voir, à Tappui de ces détails, la Lettre de M. Diipiiy au marquis de Fénelon, du 4 mars 1733. {Corresp. de Fénelon, t. XI, p. 83-86.) — Relation manuscrite du différend entre M. de Meaux et M. de Camhraiy par M. Dupuy, p. 33 y etc. ^^ Corresp, manuscrite de madame Gujron; avril et mai 1695.

Plusieurs lettres iaédites de madame Guyon , supposent que Bossuet avoit poussé les instances jusqu'à la menacer d'excommunication, si elle ne se reconnoissoit atteinte et convaincue d'erreur y et même d'hérésie^ non- seulement dans ses termes^ mais dans sa foi. On doit croire que Bossuet avoit les plus fortes raisons, pour en venir à de pareilles menaces, et qu'il les croyoit absolument nécessaires pour éclaircir, autant qu'il étoit possible, les sentiments personnels de madame Guyon. Mais nous ne connoissons pas assez les détails de cette affaire , pour savoir les raisons qui rendoient alors la doctrine et la conduite de madame Guyon si sus-

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