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ce est dans notre diocèse, et dans le monastère de ce Sainte-Marie; nous sommes demeurés satisfaits « de sa conduite, et lui avons continué la partici- « patiou des saints sacrements, dans laquelle nous « l'avons trouvée ; déclarons en outre , qu'elle a toute jours détesté en notre présence les abominations a de Molinos et autres condamnées ailleurs, dans <K lesquelles aussi il ne nous a point paru qu'elle <c fût impliquée; et nous n'avons entendu la coma prendre, dans la mention qui en a été par nous « faite dans notre ordonnance du i6 avril 1696. a Donné à Meaux, le i^*^ juillet 1696. »
Les déclarations et soumissions de madame Gu/'on, dont il est parlé dans ce certificat, étoient contenues dans un acte du même jour, par lequel madame Guyon se soumettoit à Vordonnance de Bossuet, du 16 avril 1695, qui avoit condamné ses ouvrages, et qui renfermoit les trente-quatre articles d'Issy. A cet acte de soumission étoit jointe la déclaration suivante : « Je déclare néanmoins, avec « tout respect, et sans préjudice de la présente sou-a mission et déclaration^ que je n'ai jamais eu ina iention de rien avancer qui fût contraire à l'esprit « de l'Eglise catholique , apostolique et romaine, à ce laquelle j'ai toujours été et serai toujours soute mise. Dieu aidant, jusqu'au dernier soupir de ma ce vie. Ce que je ne dis pas pour me chercher une a excuse, mais dans l'obligation où je crois être, de
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« déclarer ai^ec simplicité mes intentions. » Au bas de la souscription à Yordonnance où Bossuet avoit censuré les livres de madame GuyoD, ce prélat lui fit ajouter : a Je n'ai eu aucune des erreurs a expliquées dans ladite lettre pastorale, ayant touc< jours eu intention d'écrire dans un sens très-caa tholique, ne comprenant pas alors qu'on en pût a donner un autre (i). »
Il faut observer, au sujet de cette déclaration et de cette soumission ^ que Fénelon se crut autorisé dans la suite à s'en servir, pour montrer qu'il avoit droit de justifier les intentions de madame Guyon, puisque Bossuet les avoit justifiées lui-même dans deux actes dont il avoit dicté les expressions.
Le certificat que la supérieure et les religieuses du monastère de la Visitation de Meaux donnèrent
(i) Ces paroles, citées par le cardinal de Bausset (3® édit. t. T, p. 329), d*après la Réponse de Fénelon à la Relation de Bossuet [Œuvres de Fénelon , t. VI, p. 38 1), ne se trouvent ni à la suite des Actes de soumission de madame Guyon^ imprimés dans les Œuvres de Bossuet (t. XL, p. i44)f "i dans la Corresp. de Fénelon (t. VII, p. 188), d'après le manuscrit original que nous avons sous les yeux. On en trouve seulement Téqui valent dans l'acte signé par madame Guyon, le 1 5 avril 1695, que nous avons rapporté (ci-dessus, p. 407)1 et dans un autre du 28 août 1696, dont nous parlerons un peu plus bas. [Corresp. de Fénelon^ t. VII, p. 279.) On peut voir, sur l'authenticité de ce passage, les Remarques de Bossuet sur la Réponse à la Relation (art. 2, § 5), et la Ré^ ponse de Fénelon aux Remarques (S S)» (Édit.)
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à madame Guyon, le 7 juillet suivant , étoit encore plus honorable (i); elles y joignirent, deux jours après, une lettre qui renfermoit les expressions les plus fortes de leur estime et de leurs regrets, Il au moment où madame Guyon venoit de les quitter, avec la permission de Bossuet, pour se rendre aux eaux de Bourbon (12). Il
Il Ce fut le lendemain même de cette heureuse conclusion, que Fënelon reçut, dans la chapelle de Saint-Cyr, la consécration ëpiscopale des mains de Bossuet, qui avoit témoigné un grand désir de présider à cette cérémonie. Il Une circonstance si peu importante en elle-même, devint dans la suite le sujet d'une discussion assez vive entre Bossuet et Fénelon. En répondant à la Relation sur le quié-tisme , Fénelon faisoit observer assez adroitement, qu'il falloit bien que Bossuet ne le jugeât pas alors aussi suspect, ni aussi corrompu dans sa doctrine, qu'il l'avoit ensuite prétendu , puisqu'il avoit vivement désiré d'être son consécrateur. Bossuet se défendit d'avoir montré aucun empressement à ce sujet. Cependant les lettres de madame de Maintenon et celles de M. de Noailles ne permettent pas de douter que Bossuet n'eût véritablement désiré
Fénelon est sacré évéque à Saint-Cyr, par Bossuet.
Juillet 1695.
(i) Corresp, de Fénelon ^ t. VII, p. 190. (2) Ibid, p. 188, etc. — OEuvres de Bossuet ^ t. XL, p. i35.
4l4 fllSTOIAE ]>B FÉHELOK.
de présider à cette cérëmonie (i). Elles nous apprennent même que, pour satisfaire ce désir, il eut à écarter des difficultés de forme, qui paroissoient s'y opposer; et que, par égard pour cet empressement si flatteur de la part de Bossuet, Fénelon fut obligé d'entrer dans une espèce de négociation avec les prélats qui dévoient assister à son sacre (a).
On peut étVe surpris sans doute que Bossuet ait cherché dans la suite à désavouer un fait aussi simple, et qui sembloit si étranger à toutes leurs controverses. Mais les choses avoient changé de face; Bossuet avoit écrit, dans sa Relation sur le quié^ iismey qu'il regardoit depuis longtemps Fénelon comme infecté de cette erreur, et comme le Montan {tune nouvelle Priscille. Fénelon avoit alors le droit de lui demander, pourquoi il avoit montré tant d'empressement à sacrer de ses propres mains
(i) Leure de madame de Maintenon à M. de Noailles, du 25 mai 1695. (Recueil de La Beaumelle^ t. III, p. 11.)
(2) La difficulté venoît de ce que Fénelon devoit être sacré à Saiut-Cyr, que Bossuet vouloit être le consécrateur, et révéque de Châlons et l'évéque de Chartres assistants. Saint-Gyr étant du diocèse de Chartres , les évéques qui se trouvoient à Paris , et Louis XI V lui-même, trouvoient pea convenable et peu régulier, que Tcvéque de Chartres cédât la première place dans son diocèse à Tévéque de Meaux, quoique Bossuet fût plus ancien évéque que M. de Chartres. {Réponse à la Relation, ch. lY, n. 53, p. 446.) [Note de routeur,)
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ce nouveau Montan , sans exiger préalablement de lui aucune rétractation de ses erreurs (i).
Quoi qu'il en soit , la difficulté survenue à l'occasion du sacre, fut écartée. Bossuet fut consécrateur, l'évêque de Châlons premier assistant ; et on substitua y pour second assistant, l'évêque d'Amiens à l'évêque de Chartres. Celte cérémonie fut célébrée dans la chapelle de Saint- Cyr, le lo juillet 1695 (a), en présence de madame de Mainteuon et des petits-fils de Louis XIV, qui eurent la satisfaction de voir leur précepteur élevé à une dignité, qui étoit la juste et honorable récompense des soins donnés à leur éducation. Personne ne prévoyoit encore , que ce jour de gloire et d'édification, dont tout l'appareil extérieur annonçoit l'éclat de la faveur et le triomphe de la vertu , seroit bientôt suivi d'une longue disgrâce , et des plus amères contradictions.
(i) La suite de cette Histoire nous donnera lieu de revenir sur cette discussion incideute. (Voyez ci-après , t. II 9 liv. ra,n. 81.) (Édit.)
(a) Le cardinal de Bausset, trompé par une note de La Beaumeile sur la Lettre de madame de Maintenon à M. de NoailleSy que nous venons de citer, supposoit ici que le sacre de Fénelon avoit eu lieu le 10 juin zôgS. Nous corrigeons cette date , d'après une lettre de Fénelon , du 4 juillet suivant , où il sigue encore nommé archeu. de Cambrai, (Voyez la Corresp, de Fé/ieion, t. VI, p. 276; t. VII, p. aoo.) On peut voir aussi, à Tappui de cette observation, la Galita ehrisUana^ t. III, p. 63. (Éditv)
4l6 HISTOIRE DE FÉtTELON.
Nouveaux griefs 1 Les tëmoîgnages favorables que madame Guyon * "^ a voit obtenus de Bossuet. avant de quitter Meaux,
contre ' * '
madame GuyoD sembloient lui annoncer la fin de ses épreuves, et er contre Fc- ^^^^ ^j^ désormais tranquille. Bossuet lui-même sem-
neion. ....
bloit vouloir lui inspirer cette confiance, enjoignant aux certificats avantageux dont nous venons de parler, la permission expresse de sortir du couvent, quand elle le voudroit, pour se rendre aux eaux de Bourbon , comme elle en avoit annoncé le projet. Il lui recommanda seulement Scvilcr Paris , ou du moins de tiLy point paroitre^ et S éviter surtout de rassembler autour délie certaines personnes qui passoient pour être sous sa direction (i). Madame Guyon, de son côté, paroissoit disposée à oublier les procédés sévères dont Tévêque de Meaux avoit usé envers elle ; et, pour lui en donner une preuve sensible, elle lui écrivit une lettre respectueuse, par laquelle elle le supplioit d'accepter un tableau de dévotion, qui passoit^ disoit-elle, parmi les connaisseurs f pour être assez bon (ti). Mais de nou-
(i) Lettre de Bossuet à madame Gayon^ du 1 8 juillet 1695. {Œuvres de Bossuet ^ t. XL 9 p. 1 35.)
(a) Ibid, p. 134. L*abbé Ledieu nous apprend que ce tableau représentoit la sainte Vierge , tenant l'enfant Jésus dans ses bras. — Le cardinal de Bausset suppose que cette lettre de madame Guyon est postérieure à son départ de Meaux. Nous ne voyons rien qui appuie cette conjecture; il semble même peu probable que madame Guyon ait écrit cette lettre après son départ de Meaux, qui ne tarda