‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 88 sur 101 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

« dans mon diocèse Me convient-il d'aller ac-

« câbler une pauvre personne, que tant d'autres « ont déjà foudroyée, et dont j'ai été ami? Il ne « me convient pas même d'aller me déclarer d'une a manière affectée contre ses écrits; car le public « ne manqueroit pas de croire que c'est une espèce a d'abjuration qu'on m'a extorquée

« Pour M. de Meaux , je seroîs ravi d'approuver a son livre (i), comme il le souhaite; mais je ne le « puis honnêtement ni en conscience j s'il attaque « une personne qui me parott innocente ^ ou des « écrits que je dois laisser condamner aux auce très , sans j ajouter inutilement ma censure.

« Je reviens à M. l'évêque de Chartres : c'est un « saint prélat, c'est un ami tendre et solide; mais il « veut , par un excès de zèle pour l'Eglise et d'a- « mitié pour moi, me mener au delà des bornes. « Je vois que madame de Maintenon a la même « pente; il n'y a que lui qui puisse la calmer, a et il n'y a que vous , Monsieur , qui puissiez perce suader M. de Chartres de mes raisons, si vous en « êtes persuadé vous-même. On veut me mener « pied à pied , et insensiblement , par une espèce de a concert secret : cest M. de Meaux qui est comme « le premier mobile; M. de Chartres agit par zèle

(i) Uinstr, sur les états doraison, dont nous parlerons plus en détail dans le liv. III. (Édit.)

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