‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 93 sur 101 · LITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE DEUXIÈME

Suipice pour Fënelon, mais il connoissoit aussi sa droiture et l'exactitude de ses principes ; il s'en remit donc à lui , avec une entière confiance, pour la rédaction de la formule de soumission de madame Guyon(i).

Fénelon, toujours convaincu de la pureté des intentions de cette femme, rédigea lui-même un pro«> jet de soumission que nous avons encore de sa main, et le proposa à l'archevêque de Paris et à M. Tron^ son. Celui-ci jugea le projet insuffisant (a); il en adopta seulement une partie, en rectifia plusieurs expressions, qui ne lui paroissoient pas exprimer assez clairement une soumission pleine et entière ^ et y ajouta un engagement formel , de la part de madame Guyon, de conformer désormais sa conduite et ses sentiments aux règles et aux instruo tiohs qui lui seroient prescrites par l'archevêque de Paris, son supérieur.

1 Madame Guyon fut fidèle à l'engagement qu'elle avoitpris; elle signa, le ti8 août 1696, la déclaration proposée par Fénelon, avec tous les amendements et les explications que M. Tronson y avoit ajoutés^ de concert avec l'archevêque de Paris. Voici les

(i) Toutes les pièces relatives à cette nouvelle formule de, soumission, sont réunies dans la Corresp* de Fénelon, t. YII; lettres du mois d'août 1696, p. a53, etc. (Édit.)

(i) Lettre de M, Tronson au duc de Chevreusey a6 août 1696. {Ibid. p. ^76.)

456 HISTOIRE DE F^ICELON.

termes de cette déclaration ( i ) : « Comme je ne res- « pire, Dieu merci, que soumission aveugle et doci- « lité pour rÉglise, et que je suis inviolablement at* « tachée à la foi catholique ; je ne puis déclarer trop a fortement combien je déteste , du fond de mon « cœur, toutes les erreurs condamnées dans les xxxi v a propositions arrêtées et signées par Messeigneurs « les archevêques de Paris et de Cambrai, par Mona seigneur Tévêque de Meaux, et par M. Tronson.

ce Je condamne même , sans aucune restriction , c< mes livres, que Messeigneurs de Paris et de Meaux « ont condamnés, parce qu'ils les ont jugés, et qu'ils rc sont contraires à la saine doctrine qu'ils avoient « établie dans les xxxiv propositions; et je rejette, « avec toutes ces erreurs, jusqu'aux expressions que « mon ignorance m'a fait employer, dans un temps ce oîi je n'avois point encore ouï parler de l'abus tt pernicieux qu'on pouvoit faire de ces termes.

a Je souscris avec une pleine soumission, à Tinterce prétation que Messeigneurs de Paris et de Meaux (c leur donnent en les condamnant ; parce que j 'ignore <K la force de ces termes, que ces prélats en sont «( parfaitement instruits, et que c'est à eux à décider « de ce qui est conforme, non-seulement à la doccc trine, mais même au langage de l'Église, et du À sens le plus naturel de chaque expression.

(i) Corresp, de Fénelon, t. VII, p. 278^, etc.

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