‹ Histoire de Fénelon, archevêque de CambraiChapitre 96 sur 101 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

<c par la voie la plus sûre, qui est celle de l'autoc( rité(i). La consultation des docteurs vous a livrée ce à des gens, qui, sans malice, ont eu leur préven- <c tion et leur politique. Si vous m'eussiez parle à ce cœur ouvert, et sans défiance, j'aurois, en trois ce jours, mis en paix tous les esprits échauffés de (c Saint-Cyr, dans une parfaite docilité sous la concc duite de leur saint évéque. J'aurois fait écrire ce par madame Guyon les explications les plus pré- (c dses de tous les endroits de ses livres, qui paroisce sent ou excessifs ou équivoques. Ces explications «ou rétractations (comme on voudra les appeler) a étant faites par elle, de son propre mouvement , « en pleine liberté, auroient été bien plus utiles pour cr persuader les gens qui l'estiment, que des signa- « tures faites en prison , et (les condamruâlnms « rigoureuses y faites par des gens qui li étaient « certainement pas encore instruits de la matière^ « lorsqu'ils vous ont promis de censurer. Après (c ces explications ou rétractations écrites et donce nées au public, je vous aurois répondu que macc dame Guyon se seroit retirée bien loin de nous, ce et dans le lieu que vous auriez voulu, avec assuce rance qu'elle auroit cessé tout commerce et toute

(i) Fénelon fait ici allusion aux avis que madame de Maintenon avoit demandes y en 1694 y à quelques évoques et à d'autres ecclésiastiques distingués , sur les écrits de madame Guyon. (Voyez, plus haut, p. 895 , etc.) (Édit.)

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a écriture de spiritualité. Dieu n'a pas permis qu'une a chose si naturelle ait pu se faire : on n'a rien a trouvé contre ses mœurs y que des calomnies. On a ne peut lui imputer qu'un zèle indiscret y et des a manières de parler d'elle-même j qui sont trop a avantageuses. Pour sa doctrine, quand elle se sea roit trompée de bonne foi, est-ce un crime ? Mais a n'est-il pas naturel de croire qu'une femme, qui a a écrit sans prévention , avant l'éclat de Molinos , a^ ce exagéré ses expressions, et qu'elle n'a pas su la ce juste valeur des termes? Je suis si persuadé qu'elle a n'a rien cru de mauvais, que je répondrois ence core de lui faire donner une explication trèsoc précise et très-claire de toute sa doctrine , pour <x la réduire aux justes bornes, et pour détester a tout ce qui va plus loin. Cette explication service roit pour détromper ceux qu'on prétend qu'elle a a infectés de ses erreurs, ou pour la décréditer <c auprès d'eux, si elle fait semolant de condamner « ce qu'elle a enseigné.

ce Peut-être croirez -vous. Madame, que je ne ce fais cette ofire, que pour la faire mettre en liberté, ce Non : je m'engage à lui faire faire cette explica- « tion précise et cette réfutation de toutes ses er^ ce reurs condamnées, sans songer à la tirer de pricc son. Je ne la verrai point; je ne lui écrirai que a des lettres que vous verrez , et qui seront exami- <( nées par les évêques ; ses réponses passeront tout

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