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a ouvertes, par le même canal ; on fera de ces expU- « cations l'usage qu'on voudra. Après tout cela, (c laissez-la mourir en prison. Je suis content qu'elle a y meure , que nous ne la voyions jamais , et que tf nous n'entendions jamais parler d'elle. Il me paa roît que vous ne me croyez ni fripon , ni men- « teur, ni traître, ni hypocrite, ni rebelle à l'É- <c glise. Je vous jure devant Dieu, qui me jugera, a que voilà les dispositions du fond de mon cœur. « Si c'est là un entêtement , du moins c'est un en- (c têtement sans malice , un entêtement pardonnable, a un entêtement qui ne peut nuire à personne, ni ce causer aucun scandale; un entêtement qui ne ce donnera jamais aucune autorité aux erreurs de <c madame Guyon, ni à sa personne. Pourquoi donc a vous resserrez-vous le cœur à notre égard. Maa dame , comme si nous étions d'une autre religion et que vous? pourquoi craindre déparier de Dieu « aifec moi^ comme si vous étiez obligée en con* ce science à fuir la séduction ? pourquoi croire que « vous ne poussez auoir le cœur en repos et en «r union avec nous ? pourquoi défaire ce que Dieu « aifoitfait si visiblement? Je pars açec Fespé' a rance que Dieu qui voit nos cœurs, les réunira ; « mais açec une douleur inconsolable détre votre
d croix.
<x J'oubliois de vous dire , Madame , que je suis « plus content que je ne l'ai jamais été de M. Té-
« vêque de Chartres. Je Tai cru trop alarmé; mais je ce n'ai jamais cru qu'il agit que par un pur zèle de oc religion, et une tendre amitié pour moi. Nous a eûmes, ces jours passés, une conversation très-cor- <r diale ; et je suis assuré qu'il sera bientôt très-conce tent de moi. Je m'expliquerai si fortement envers <r le public , que tous les gens de bien seront satis- <x faits, et que les critiques n'auront rien à dire. Ne tf craignez pas que je contredise M. de Meaux; je (c n'en parlerai jamais que comme de mon maître, « et de ses propositions (i), comme de la règle de a la foi. Je consens qvCil soit victorieux, et qu'il « m^ait ramené de toutes sortes et égarements (a) : c( il n'est pas question de moi , mais de la doctrine, ce qui est à couvert; il n'est pas question des termes, « que je ne veux employer qu'à son choix, pour ne « le point scandaliser, mais seulement du fond des « choses, oîi je suis content de ce qu'il me donne. Il a paroîtra en toutes choses, que je ne parle que « son langage , et que je n'agis que de concert et rc par son esprit; sincèrement je ne veux avoir
(c que déférence et docilité pour lui
t< Si je croyois que vous fussiez dans la disposi"
(i) Les trente-quatre Article» d'Issy.
(a) On a vu plus haut (addition à la p. 4o3) , que , depuis les conférences d'Issy, Bossuet prétendoit avoir obtenu de Fénelon une rétractation de ses erreurs, en lui faisant signer les Articles d'Issy, (Édit.)
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« tiàn OÙ vous ^liez, quand vous me files F honneur « de rn^écrire la dernière fois à Cambtnij de Fen» « vie que vous aidiez de recevoir de mes lettres j je « vous écrirois avec mon ancienne simplicité^ et i< je crois que vous n'y trouveriez aucun venin. Je <c fus ravi de voir lundi le goût que vous conserviez <c pour les œuvres de saint François de Sales ; cette « lecture vous est bien meilleure que celle de M. Nice cole j qui a voulu décider d'un style moqueur sur « les voies intérieures, sans traiter ni de l'amour ff désintéressé, ni des épreuves des saints, ni de l'o- <c raison passive (f)... Rien ne seroitplus aisé que (K de confondre cet ouvrage ; mais l'esprit de contenir tion n'est pas celui des enfants de Dieu. Tout ce <c que je prends la liberté de vous dire , Madame, a pour vous rassurer, est dit sans intérêt. Je ne « veux rien de vous que votre bonté pour moi; je (c ne puis laisser rompre des liens que Dieu a for* ce mes pour lui seul. »
On voit combien Fénelon, dans un très-court espace de temps, avoit perdu dans le cœur et la confiance de madame de Maintenon ; nous ne pouvons plus espérer désormais, de retrouver entre elle
(i) Il s'agit ici de l'ouvrage que Nicole venoit de publier, sous ce titre : Réfutation des principales erreurs des Quié» tistes; Paris, 1695, in-ia. Voyez quelques observations sur cet ouvrage dans VHist, lUtér, de Fénelon y W partie, n. 3.
(ÉDIT
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et Fënelon la plus foible trace du sentiment qui les avoit unis si longtemps. Sa correspondance avec l'archevêque de Paris laisse assez apercevoir qu elle avoit déjà transporté en lui, quoique avec des nuances différentes , le goût et la confiance qu'elle avoit eus pour Fénelon. L'esprit et l'imagination de M' de Noailles ne pouvoient lui rendre tout ce que Fénelon lui donnoit ; mais sa douceur , sa piété , sa candeur , le rendoient au moins suscepjtible de recevoir tout ce que madame de Maintenon avoit besoin de lui confier.
Cependant il étoit encore possible que ce choc de sentiments et d'opinions , concentré parmi un très-petit nombre de personnes, ne produisît au dehors ni éclat, ni scandale. Mais il survint un incident qui devint l'oÊcasion, ou plutôt la véritable cause de la controverse si vive et si animée, qui divisa pour toujours Bossuet et Fénelon.