A5. 1578) POUR TRANSFORMER LES OFFICES
et il se vengeait^ On murmurait donc, mais, en somme, on laissait faire; même, par une inexplicable faiblesse, on tolérait, sans opposition, que Dini, privé de sa charge par Vammonizionej y fût remplacé par Niccolô Gianni, fauteur de la parte comme Peruzzi*. Encore deux ou trois proscriptions de ce genre, et Tesprit serait changé dans le collège des Huit Saints. Ce but, on le supposait aux capitaines', et non sans apparence, en les voyant exclure par V ammonizione ceux de leurs adversaires dont les noms sortaient des bourses pour les emplois publics \ Bien plus, ne condamnaient-ils pas à avoir la tête tranchée des citoyens uniquement accusés d'avoir adressé une pétition à la seigneurie ? Et l'on ne saurait dire qu'une telle rigueur, pour un acte licite, fût dans le goût du temps : elle paraissait a si étrange, si abominable' », que le podestat refusait d'exécuter la sentence, et qu'il y substituait l'amende, la prison, si effrayé d'ailleurs de sa passagère énergie, qu'il recommandait les condamnés à la clémence des capitaines qui les avaient frappés*.
Plus fermes, les Huit Saints étaient loin encore de mettre bas les armes, et autour d'eux se ralliaient les mécontents, les principaux de la faction populaire, Salvestro des Medici\ Tommaso Strozzi, Benedetto Alberli,
* • Maledetta sia la morte di Giov. Magalotti, che da lui non uscl mai niuno segreto », ayait dit un jour G. Dini. (March. de Coppo, IX, 781.)
^ 11 mai. Arch, «/or., loc. cit., p. 292. Doc. 391. ^ c E dicesi che guardavano diammonirealcunialtripermeltereinluogo di ioro i simili. > (March. de Coppo, IX, 786.)
* Diario cTanonimOf p. 553 ; Diario del Monaldi, p. 510. » March. de Coppo, IX, 779.
6 Id., ihid.; Ammiralo, XIU, 715.
7 U a été question de Salvestro plus haut, p. 20, et t. IV, p. 412, n. 2. Salvestro et Silvestro sont deux formes également employées par les con-
19S LA PAU DES RUES TROUBLÉE. (Ah. 1378)
Giorgio Scali, hommes cousidérés, qui remplaçaient désormais Uguccione et Rosso des Ricci, vieillis, fatigués, hors de combat. Trouvant en face d^eux, avec les capitaines de la parte^ les chefs de la faction aristocratique, Piero des Albizzi, Lapo de Castiglionchio, Carlo Strozzi, Bettino Ricasoli, ils se tenaient nuit et jour sur leurs gardes. Pour un rien on prenait les armes, et les conséquences de la moindre bagarre pouvaient devenir graves. Les documents en rapportent une qui peut donner quelque idée des autres. Deux citoyens ont rencontré une bande de mercenaires, ils se prennent de querelle avec eux. Des boutiques voisines accourent les artisans avec les outils de leurs métiers, et voilà bientôt quatre mille personnes aux prises *, si le rédacteur officiel n'exagère pas. Les mercenaires, a ces ravisseurs de femmes ' d, se retranchent dans les maisons ; par les fenêtres, ils en jettent le mobilier sur la tête des assaillants qui les veulent livrer aux flammes. G en était fait de la paix publique, sans rintervention du podestat'.
Parmi les chefs populaires, Salvestro des Medici était alors le plus en vue. De tout temps, en tout pays, les esprits peu éclairés ont besoin d'une idole. Gelle du jour tirait de ses ancêtres une part de son importance. La famille des Medici, originaire du Mugello, riche et honorée dès le douzième siècle, comptait, au quatorzième,
tem(K)rains. La première avait fini par prévaloir. Dans une provision, on lit .* c Salvestro, lune Silveslro. » (Prowisioni, LXVIII, 5. Voy. ce texte dans Gino Gapponi (Slor. di Fir,^ I, 598.)
^ c Numéro quatuor millium et ultra. » (28 avril, Provvisioniy LXYII.) L*a(faire avait eu lieu le 22 avril, le soir même du jour où Giovanni Dini était ammonito.
* c Quod stipendiarii reprehendantur de rumore facto et quod actentarerint rapcre mulieres. » (Consulte, XVU, 24 avril.)
» Ibid. Voy. Fossali, p. 12, 13.
(An. 1578) SàLVESTRO DES MEDICI. 193
parmi les premières de la bourgeoisie, sans que personne, néanmoins, prévît encore à quelles grandeurs elle étail réservée. MaisSalveslro devait beaucoup à lui-même. Il s'était rendu populaire, en 1360, par son empressement à conduire aux prieurs son frère, révélateur repentant d'une conjuration tramée contre la liberté ^Enmai 1370, on l'avait vu gonfalonier de justice', et son passage au pouvoir ne l'avait point amoindri. Était-il ambitieux? Peut-être ; mais non à tout prix, car, dépassé plus tard par le mouvement populaire, il sut rentrer dans Tombre et s'effacer*. Le plus probable, c'est qu'il était un second Giano délia Bella, porté comme Giano aux réformes, médiocre comme lui, mais donnant comme lui, par certaines qualités du caractère et à la faveur des circonstances^ rillusiondu talent.
Quoi qu'il en soit, la faction des Àlbizzi et des capitaines lui faisait l'bonneur de le redouter. Or, les bourses étant presque épuisées, son nom restait seul dans la bourse spéciale des gonfaloniers de justice*, pour le quartier de San Giovanni, dont le tour était venu de fournir ce magistrat. Salvestro devait donc, on le savait, occuper ce poste important. Sans doute le gonfalonier n'était pas encore, comme on le répèle depuis des siècles, le chef de la seigneurie ; mais disposant de la force
< Ammiralo, Xill, 7U.
* Voy. les listes de March. de Coppo et de Reumont.
' Tommaseo est très-dur pour Salvestro, en qui il voit un homme prêt à tout, ne pouvant inspirer confiance h pci sonne. Voy. Moii fiorenlini del 1578, dznsArch.stor.y nuova série, t. XII, part. 1, p. 25. Faire remonter jusqu'à lui Todieuse ambition de sa famille, c'est assez naturel, mais ce n'est peut-être pas juste. On en jugera par les faits.
* Le fait de cette bourse spéciale n'est pas douteux. Donato Velluli (p. 75) dit expressément qu'il fut mis « ucUa borsa do' gonfalonieri di gius* lizia. i
VM PROJETS DE L'OLiGàRCHlE (âh. 1378)
publique, il grandissait à vue d*œil, el s'acheminail au premier rang.
Que devait faire le parti de l'oligarchie en prévision des deux mois où la force, où le pouvoir allait être aux mains de ses ennemis? s'y résigner, pour peu qu'il eût le respect de la loi, des institutions établies; mais la pensée n'en vint à personne. Les capitaines étaient d'avis de repousser toute réforme par les armes. Lipo de Castiglionchio voulait même en prévenir la tentative par une action immédiate. On préféra, sur le conseil de Piero des Àlbizzi, attendre la Saint-Jean. La fête patronale attirant en ville la foule des corUadini^ pourraient entrer, mêlés à eux et sans être remarqués, les colons et serviteurs que leurs maîtres feraient venir de la campagne. Avec leur aide, tandis que les prieurs seraient aux processions, aux cérémonies religieuses, ou à la maison des Alcssandri, pour voir courir le palio% on pourrait s'emparer du palais presque vide, donner la chasse aux ammonili, remettre TÉtat aux mains de soixante personnes selon le cœur de la parte*.
Ce coup de main semblait facile, pourvu que le rebouté Salvestro ne tînt pas le gonfalon de justice. Comment donc l'empôcher de le prendre ? Le frapper à'ammonizione était un moyen ; mais on le connaissait pour guelfe avéré, et il comptait beaucoup d'amis. Artisan d'intrigues et toujours fertile en expédients, Lapo de Casliglionchio en suggéra un fort ingénieux : c'était
^ liCS Àlessandri étiicnt une branche des Albizzi. Alessandro el Barlolomineo, fils de Niccolè des Albizzi, avaient obtenu de prendre ce nom. peut-être pour cchupper au danger qu'il y avait à être de cette farailK |K'ut-èlre par inimitié pour une parlie de leurs parcnis. Voy. Ammiralo !»• jeune. XIII, 08(3.
* Mardi, de Coppo, \, 1\)2
Am. 1578) CONTRE SALVESTUO GONFAIX)NIER. iOa
d'exclure du collège des bttonuomini^ par rammomztan-e, le cordier Maso de Neri. Gomme il était du quartier de San Giovanni, on devrait lui substituer un habitant du même quartier; comme les bourses des buonuomini n'étaient guères moins vides que celle du gonfalonier, il y avait apparence que celui qui en sortirait au tirage appartiendrait à la très-nombreuse famille des Medici ; comme les btionuomini étaient en charge depuis le 15 mars, le successeur de Maso serait installé parmi eux sans retard, avant le 1" mai, avant que Salvestro eût reçu le gonfalon de justice, et la présence d'un de ses parents dans les collèges l'en exclurait lui-même, d'après la loi du divieto.
Rien de mieux combiné, pourvu que le tirage au sort remplaçât Maso par un Medici ; mais s'il était fait avec loyauté, il en pouvait, à tout prendre, être autrement. Cette incertitude, cette chance d'échec suffit à ébranler quelques-uns au Conseil de la parte^ et permit aux amis de Salvestro d'y prendre l'avantage. Ils traînèrent les discussions en longueur, et Maso ne fut frappé que le 50 avril, sur le soir. Or le lendemain, dans la matinée, s'installait la nouvelle seigneurie; le temps manquait donc à la seigneurie sortante pour remplacer, parmi les buonuominiy la victime de la partes et Salvestro, gonfalonier en exercice, donnait le divielo, loin de le recevoir *.
* Diario (TanonimOy p. 353; March. de Coppo, IX, 787, 792; Ammirato, XIII, 1\A; Fossnti, p. 17 ; Santa-Rosa, // tumulto dei Ciompiy dans la Raccolta di opère utili. — Le 28 juin, on voulut rétablir Maso, mais on n'y réussit pas, parce qu'il n'eut que il voix contre 58, et qu'il en f:illait les deux tiers. (Ordinumcnti délia Balia degli ottania, dans Fossati, \^. 17, note 5.) — La seigneurie du 1" mai élait composée comme suit : Francesco Falconi, Niccola Alberti, Piero de Fronle, lanajuolo, Francisco de Spi nello, vatato, Lorenzo Boninsegna, Simone Gherardi, Simone de Itar-
196 SElGiNELRlt; DES RÉFORMES. (An. 1378)
Incontinent, ses collègues et lui se mirent à rœuvre. Leur lâche était, dans l'ordre économique, d'alléger au peuple les rudes souffrances de la disette et de la guerre; dans l'ordre politique, de préparer la paix avec le Saint- Siège, de s'accorder avec les capi laines ou de les soumettre. On les voit acheter et distribuer des grains, se pourvoir de farine, prohiber l'exportation de la viande*, prescrire la stricte observation de l'interdit, que réclamait, au nom du pape, Catherine de Sienne', se faire inviter par les consulte à convoquer les capitaines pour leur € recommander les guelfes, et les avertir de ne pas faire d'injuslices, de procurer Tunion des citoyens*. »
Sur tous les autres points, les prieurs font ce qu'on faisait avant eux, et méritent qu'on loue leur prudence*. Sur ce dernier, ils sont bien timides; mais les capitaines semblaient rendre les armes. Sortant de charge le 20 mai, ils écartaient les propositions énergiques, donnaient à entendre qu'on userait avec plus de réserve de Vammonizione, qu'on supprimerait ces pétitions secrètes qui désignaient aux prieurs de prétendus gibelins à mettre parmi les grands *. 11 fallait voir quels seraient
tolino, caholaio, Piero Ghelti, spadaio; Salvestro des Medici, gonf. Vor. March. de Coppo, IX, 785, et Fossati, p. 15, n. 1.
* Voy. les telles dans Fossati, p. 18, n. 1.
' Gherardi, Laguerra dei Fior,, p. 122; Capecelatro, H, 16-25.
' 5 mai : « Domini provideant circa unilatcm et concordiam et quod habeant cnpitaneos et recommendcnleis guelfes, et rogent et moneant quod non faciant injnstitiam alicui et quod intendant ad unionem civium. i — 10 mai : « Domini habeant capitaneos et Decem liberlatis cum collegiis, et consulalur inter ipsos de uniendo cives ; et quod super hoc teneatur consiliumRequisitorum, nonmultorumsed bonorum civium. » {Contulte^ XVH, dans Fossati, p. 21, n. 2, et Gherardi, note 5 ù la p. 353 du Diario d'à* nonimo.) Cf. Ammiralo, XIII, 714.
* • Per non dare a tcdio a' citadini. » (Diario d'anonimo, p. 554.)
* Doni. Ristorus de Canigianis pro capitaneis partis : f Offorunt se
(Ax. 1578) EXIGENCES PUBLIOFES. 197
leurs successeurs avant de livrer un sérieux assaut. Les noms de ces successeurs déplurent sans doute *, car, à peine en charge, ils voient monter contre eux le flot menaçant des pétitions publiques. On réclame d'eux maintes concessions, comme de la seigneurie maintes réformes. On veut qu'ils ne puissent frapper dans une même maison deux personnes à la fois ; que le tambour où la parte recevait les dénonciations soit supprimé; que les prieurs soient tenus de donner suite aux plaintes criminelles, sauf le cas où, dans les deux jours, un conseil de deux personnes par collège, tirées au sort, les autoriserait à faire autrement*. On réclame une protection efficace pour le pouvoir de Salveslro, le populaire gonfalonier^. On demande que les ordonnances de justice soient remises en vigueur*; que c l'inepte et absurde procédure pour faire des grands » soit abolie*; que toute personne dénoncée à cet effet soit citée dans les trois
vacaturos circa unionem guelforumyrogantes quod Domiui proyideant cîrca pctitiones criminales faisas et petitiones civiles, ila quod dari non possint. • — Nicolaus de Soderinis pro Requisitis : « Domini provideant circa petitiones, ita quod criminales non dentur nisi vere, et civiles nulle modo. > (Doc. à la suite du Diario d'anonimo, p. 500.)
* Ce sont : Giovanni Biliotti, gonfalonier; Tommaso Brancacci; Bettino Ricasoli; Bese Magalotli; Jacopo di Jacopone Gherardini, lanaiuolo', Bernardo d*Andrea, corazzaio; Ghino di Bcrnardo; Taddco des Âgli; Jacopo Risaliti. (March. de Coppo, X, 789; Diario d^anonimOy p. 355.)
* Voy. les textes à la suite du Diario {Tanonimo, p. 501, et dans Fossati,p. 21, n. 3.
^ « Et provideatur taliter quod juridictio et baliagonfalonierii justitie non iTiinuatur. « {Consulte du 27 mai, dans Fossati, p. 21, n. 3.)
^ Fossati, p. 21, d'après les documents, dit que la décision fut ajournée; Ammirato (IIII, 714) que, le 3 juin, les ordonnances de justice furent rétablies.
* c Âctendentes ineplam et absurdam praticam que inolevit circa observantiam reformationum que loquuntur de facienJo magnâtes et sopramagrnates. » (Prowinonif LXVII, 33, à la suite du Diario d'anonimo^ p. 502, et dans Possati, append. n* 2, p. 92.)
198 LES CAPITAINES DE Ik PARTE (An. 1378)
jours et jugée dans le même délai, au scrutin secret; que nul ne puisse être ammonilOy s'il n'est yraimenl gibelin, ni accusé de ce chef plus de trois fois*. La seigneurie ne pouvait qu'admettre ces pétitions, qu'elle avait peut-ôtre suggérées *. Les nouveaux capitaines eurent beau faire de même, on ne crut point à leur sincérité, qu'allaient bientôt démentir leurs actes*. Irrité, d'ailleurs, de longue date, le peuple attendait non pas qu'ils s'amendassent, mais qu'ils fussent châtiés*.
Celte satisfaction pleine de périls, les prieurs hésitaient à la donner. Ils reculaient devant la guerre civile et se sentaient responsables. Objet de tant d'espérances, ils n'y avaient jusqu'aloi-s que faiblement répondu, et ils n'étaient plus en charge que pour quinze jours. A leur tour ils ressentaient l'impuissance des pouvoirs expirants. C'était donc l'heure, pour les capitaines, de reprendre l'offensive. Depuis un mois et demi, ils n'avaient point fulminé Vammonizionejei ils trouvaient le temps long*. Même chez eux, ils n'étaient pas absolument les maîtres, car ils devaient compter avec leur Conseil des Vingt-Quatre, lequel, élu cette fois sans fraude, prétendait exercer son contrôle, plutôt qu'opiner du bonnet. Mais que ne peut une forte résolution ! Par trois votes
* Ibid, Celle proyision est votée en conseil du capitaine par 151 voix conlre 72; celle du tambour par 212 contre li. En conseil du pode.<tat Je 5 juin, no conlre i3 pour la première, 158 contre 11 pour la seconde. (Ibid.) Cf. Ammiralo, XIII, 7U.
* 3 juin. Diario (VanonimOj p. 355, 556.
' Voy. Machiavel III, iOA; G. Capponi, ï, 335.
* Ammirato, XIII, 7U, 715.
* Divers auteurs, Machiavel, C:ipponi, voient dans ce réveil des capitaines lo désir de préparer le coup monté [>our le 24 juin. C*eût clé s*y pi*cndre trop tôt. En dix jours la seigneurie aurait eu le temps de déjouer leurs projets. La postérité seule a voulu rapprocher deux choso« fort distinctes.
(An. 1378) REPRENNENT i;OFFENSIVE. 199
successifs, le Conseil a refusé d'exclure des offices deux citoyens qu'y appelait le tirage au sort : un artisan de la laine et un marchand de rognures de cuir *. Comme on ne pouvait ouvrir un quatrième scrutin, puisque défense venait tout récemment d'être faite de mettre plus de trois fois a j^arfo'to, c'est-à-dire sur la sellette, une même personne', les capitaines, peu soucieux de la légalité, en provoquent l'audacieuse violation. Furieux de se heurter à des consciences scrupuleuses, un de ces officiers, Bettino Ricasoli, qui, pour deux jours proposto, présidait en cette qualité la réunion', ferme résolument la porte, et, prenant la clef : — Personne ne sortira, dit-il, que ces deux hommes ne soient condamnés. — On plia devant cette violence, on vota de nouveau ; mais il ne fallut pas moins, dit on, de vingt-trois tours de scrutin pour que les tyrans du vote obtinssent satisfaction. Était-il donc si difficile, puisque les opposants restaient en nombre, d'exiger que la porte fut rouverte ? Le peu d'intérêt qu'inspiraient les victimes désignées * explique seul la tiédeur d'une résistance qui ne se prolongeait que par respect pour la loi.
Dans le public, l'indignation n'en fut pas moins vive et moins générale. On ne pardonnait ni l'illégalité, ni
* Leurs noms et leurs professions ne sont pas eiacteoient les mêmes dans les auteurs. Mais le Diario d'anonimo (p. 556) et Ammirato (XIV, 716) s'accordent.
* Voy. la page précédente.
* Les magistratures de la parle étaient empruntées à celles de la commune ; or, tels étaient les privilèges du proposlo. Voy. notre t. II, p. 575. Cf. Machiavel, qui écrit preposto et ajoute : < Il quai grade in quel tempo che dura fa uno quasi che principe délia cittù (HI, ^iOB). » Sismondi (IV, 448) est plein d^erreurs à ce sujet.
^ La preuve de ce peu d'intérêt est que plus tard, quand le peuple fut absolument maître, ces deux condamnés ne purent obtenir la pluralité légale des trois quarts des voix pour être relevés de leur condamnation.
200 PÉTITION ADRESSÉE (An. 1578)
la faiblesse. On raillait la seigneurie, dont le pouvoir était réduit à rien*, et Salveslro des Medici, dont on s'était promis merveilles. — Nous arrangerons cela, répondait Salvestro, quand je serai propo$to*. — 11 devait l'être le vendredi 18 juin. Il avait donc trois jours encore pour se concerter avec ses amis. Dans un conciliabule secret', la résolution fut prise de réclamer; par voie de pétition, que les prieurs ûsscnt exécuter les ordonnances de justice. Mais on savait cinq d'entre eux favorables h la parte^. Pour vaincre leur opposition prévue, le lendemain, de bonne heure, la cloche convoquait le Conseil du peuple au palais, dans la salle du rez-de-chaussée, tandis que la seigneurie et ses collèges s'assemblaient au-dessus, dans la salle ordinaire de leurs réunions'. C'était tout ensemble exercer une indirecte pression sur les votes douteux, et se tenir prêt à ratifier les décisions prises, avant qu'on s'y pût opposer par la brigue ou le désordre de la rue. La précaution était utile, sinon régulière : elle déconcertait trois cents fauteurs de la parle^ qui venaient de se réunir à tout événement*.
Salvestro, ayant reçu la pétition, en donna lecture à ses collègues de la seigneurie. Elle débutait par dos mots significatifs, indice manifeste d'une situation nou-
^ • L^uficio de* nostri signiori ci erano pcr acca. » [Diario d'anonimo, p. 356.)
* March. de Coppo, X, 789; Ammiralo, XIV, 716; Fossati, p. 23, qui renvoie aux documents.
* March. de Coppo, X, 790; G. Capponi Tancien, (loc. ctï., p. S97); Âmmirato, XIV, 717.
^ Les mêmes, G. Capponi, Stor. di Fir,j l, 336 ; Gherardi, préf. au Diario d'anonimOy p. 242.
■ Diario d'anonimo^ p. 557.
* Harch. de Coppo, X, 790 ; Diario d'anonimo, p. 357; Fossati, p. S5.
Ah. 1378) A LA SEIGNEURIE. 201
elle : « Au nom des popolani marchands et artisans de a ville, des pauvres et des faibles de la campagne et du crritoire, qui veulent vivre en paix de leur travail; K)ur résister à la puissance effrénée des magnats, leur iter la possibilité d'offenser lesdits faibles, comme de en verser l'État populaire et la liberté ; pour permettre ux popolani d'exeréer les offices dans l'intérêt public t faire revivre la cité par la justice \ » les pétitionnaires lemandaient à la seigneurie de remettre en vigueur, me année seulement', tous les statuts, règlements, ►rovisions contre les magnats, et surtout les ordonlances, sans faire tort à l'Église ni à l'université des ,uelfes.
Pour modestes et limitées qu'elles fussent, ces demanles se heurtèrent, au sein des collèges, à une énergique apposition. Bonaccorsode Lapo s'en fit l'organe, au nom les buonitomini, vu « l'état présent des choses et celles
* • Pro parte popularium mercatorum et artificum cîv. Flor., nec non pauperum et impotcntum comitalinoruin et districtualium civitatis ejusdem et omnium quiele et suo labore et substantia \ivere \olentium, ut rcsistatur inefTrenate potentie magnatum, et ut toUatur possibilitas impotentes offendendi et popularem statum et libertatem pervcrtendi, et ut populares possînt securius ac liherius vivere et officia pro ulililatc publica cxercere, et ut civitas, comitalus et districtus Flor. reviviscat jaslilia.... t (ProwUioni, LXYII, 49 V.) Cette provision a été publiée par M. Gherardi à la suite du Diario d'anonimo, p. 504, et par M. Fossati, Append. n* 3, p. 9i-95. Cf. Pordonnance du 3 juillet 1315 appelée « Charte aux Normands.» [Ordonnances des rois de France, I, 583, et notre ouvrage la Détnocratie fnFrance au moyen-âge, l, 66, 67.) Leo(l. VII, c. m, t. II, p. 450, note 2) <iui n'a pas connu les documents, veut que le moi possentiy<{vCi\ trouve dans le discours prêté à Salvestro par Capponi l'ancien, s'entende du popolo çrasso, h qui l'on aurait voulu étendre les ordonnances de justice. C'est une jiypothèse S3n8 fondement. \]ne innovation si grave n'aurait pas passé inaperçue dans Thisloire. D'ailleurs, le texte de la pétition dit, en parlant des ordonnances : « que quoquo tempore viguerupt. »
« Et quod predicta durent.... solummodo per unum annum proxime «ecaturura. » (Ibid.)
202 TUMULTE AU PALAIS. (Aw. 1578)
qu'on prévoyait*. » Ses paroles trouvèrent tant d'écho que le rejet était certain*. Salvestro, dans un transport de colère, descendit d'un bond au rez-de-chaussée. — Seigneurs, dit-il aux gens des arts qui composaient le Conseil du peuple', j'ai cherché h mettre l'accord et l'unité dans votre ville. On n'a pas voulu que je fisse ce bien. Je vous dis donc que je ne suis plus gonfalonicr de justice. Arrangez-vous comme vous pourrez*; moi, je m'en vais à ma maison*.
A ces mots, si grand fut le tumulte, qu'il attira dans la salle d'en bas les prieurs et leurs collèges. — Ceux qui ne veulent pas, criaient les gens des arts, il faut les mettre en pièces"! — Benedetto de Carlona, cordonnieren pantoufles, saisissait Carlo Strozzi à la poitrine, et lui disait : — Carlo, Carlo, les choses iront autrement que tu ne penses ; votre suprématie doit disparaître. — Strozzi, en homme prudent, ne ré]>ondait rien : il comptait sur ses amis, dont il était entouré. Aussitôt, Benedelto Alberti, s'approchant de la fenêtre, jette à la foule, dont regorgeait la place, ce mot d'ordre : — Criez vive le peuple! — On lui répond : vive le peuple et la liberté! A ce cri, trop souvent précurseur de l'émeute, les arti-
* « Quod, considerato presenti statu et rébus que parantur, eis viderelur ab ista provisione pcnitus abstinendum. )> (Délibéi-ation des Consulte, dans Gherardi, prcf. au Diario (TanonimOj p. 242, 2i3.)
* (( La petizione non si vincea tra' collegi. » (March. de Coppo, X, 790.)
' « Isciesegiù di sotto nel consiglio. » (Diarw d'anonimo^p, 357.) « Sccse giù nella sala dov*era il consiglio. » (March. de Coppo, X, 790.)
* (( Fatevi con Dio )> (Diario d'anonimo, p. 357), (( ce que dit celui qui part à ceux qui restent )) {Vocabolario di P. Fanfani), locution intraduisible. (( Allez au diable )) s'en rapproche, mais est trop fort.
^ Diario d'anonimo, p. 357. Cf. Capponi l'ancien (p. 298) qui paraphrase ce petit discours.
^ {{ Glii non vuole, fulelo Uigliarc a pezzi. )) (March. de Coppo, X, 790.)
(An. 1378) L\ PÉTITION ADOPTÉE. 205
sans ferment leurs boutiques et courent aux armes*. Dans leur effroi, prieurs et collèges reçoivent la pétition, « de quoi, dit un contemporain, ils seront, Salvestro et eux, éternellement loués*. » Le vote d'en haut, porté en bas au Conseil du peuple, y est aussitôt confirmé, mais par 166 voix seulement sur 259 votants. Ainsi, jusqu'en cette assemblée populaire, l'opposition était si forte, que, neuf fèves blanches de plus, et on n'atteignait pas la pluralité légale des deux tiers'. La violence seule, ou du moins l'intimidation, l'avait procurée, funeste exemple qui déshonorait une cause juste et qui ne devait pas être perdu.
Un moment on put croire que les guelfes de la parte en appelleraient aux armes. A la voix des capitaines, s'étaient réunis, couverts de cuirasses, armés de couteaux, l'épée sous les plis de leurs vêtements, tous les magnats chefs de famille, Piero des Albizzi, Lapo de Castiglionchio, Niccolô Soderini, Bartolo Siminetti, et beaucoup d'autres, bientôt rejoints par Carlo Strozzi et ses fils*. Adoardo des Pulci proposait de produire au dehors le gonfalon de la parte pour en rallier tous les fidèles. Mais Forese Salviati fit prévaloir l'avis de gagner du temps*: l'effet des ordonnances, remises en vigueur pour une seule année, ne pouvait être que de priver des offices une vingtaine de personnes ; c'était peu pour tout mettre à feu et à sang •. Du Conseil de la commune,
* Capponirancien, p. 298; March. de Coppo, X, 790.
* Diario d'anonimo, p. 557.
^* Prowisionif LXVU, 49 sq., dans Fossati, app. n** 3, et p. 26, et dans Ghcrardi, préf. au Diario (Tanonimo^ p. 243.
* March. de Coppo, X, 790. Cet auteur donne toute une page de nouis. <^ Diario danonimo,^. 357.
^ « Quando scppono che pel consigHo s'era vinto che a* grandi fussono
204 OPPOSITION DES CAPITAINES. (Aw. 1378)
d'ailleurs, qui devait, selon l'usage, voler le lendemain, et où les grands avaient accès, ne pouvait-on espérer le rejet de la pélition, presque obtenu de Tautre conseil exclusivement populaire? Agir sur les douteux, leur forcer la main, telle était la tactique qui s'imposait au parti.
Ainsi fut fait. On y consacra toute la matinée*. Buondelmonti, Âdimari, Cavicciuli encombraient en armes l'escalier de la parte, poursuivant de leurs invectives, de leurs menaces, les popolani qui en montaient ou descendaient les degrés, tirant même contre eux le fer nu : — Nous verrons, s'écriaient-ils, qui nous chassera de Florence! — Ils avaient le verbe haut dans leur citadelle, où nul n'osait les attaquer; mais ils se faisaient illusion sur leur puissance au dehors. S'ils fussent sortis dans In rue, disent les auteurs du temps, le peuple les eût mis en pièces*. Dans le Conseil delà commune, qu'ils croyaient à leur discrétion, la pélition fut approuvée par 105 voix contre 50'.
Le peuple s'en réjouit outre mesure. Il y vit « un grand bien qui ressuscitait toutes les familles de Florence, qui séparait les loups des brebis, qui rétablissait la liberté, car nous étions, dit noire chroniqueur anonyme, les féaux des magnats, des faux-juges, des sangsues, des crapauds, des scorpions, des tarentules, des serpents
riposli gU ordini deUa giustizia non per più che un anno, ciascuno si tornù a casa c stavano a vedere e a dire quello chc seguisse. » (Capponi l'ancien, p. 299.) — « Pcr venli privati d'ogni uficio dentro e fuori. » (Marcb. de Coppo, X, 790.)
* f I capiLini mandayano la mattina per gli consiglieri, e pregavanli che non lasciassero vincerla. » (March. de Coppo, X, 790.)
* Diario danonimo, p. 357 ; Diario del Monaldi, p. 340.
* Provvisioni, LXVII, 49 sq., dansFossali, append. n» 5 et p. 26, et dans Ghcrardi, préf. au Diario d'anonimo, p. 245.
(An. 1378) COURROUX POPULAIRE. 205
vcinmeux de toute sorte. Vive Salvestro de messer Alamanno et sa compagnie, aujourd'hui et toujoursM »
Une chance pourtant restait aux vaincus du scrutin : c'était, à leur tour, de recourir à la violence, pour empêcher l'exécution des mesures votées. Aussi, contre leur résistance possible, fit-on bonne garde, même la nuit, dans les rues*. En vain les prieurs se montraient-ils résolus à ne point abuser de la provision du 18 ; en vain voulaient-ils reléguer tout au plus quelques popolani dans la classe des grands, à seule fin que force restât à la loi. Les syndics qu'une consulte leur avait adjoints, à raison d'un par art (20, 21 juin), pour éclairer leurs décisions', étaient si divisés qu'ils empêchèrent de rien conclure\ De là une mauvaise humeur, une inquiétude croissantes. Sur la place encombrée' on ne voyait que visages sombres; on n'entendait parler que de punir les séditieux capitaines*. Un rien mettait toute cette foule en émoi. Comme elle apercevait un messager montant au palais, où il venait donner des nouvelles de la guerre, elle crut qu'il en apportait des quartiers suspects. On dut divulguer l'objet du message, pour calmer les artisans et les renvoyer au travail.
Ils n'y revenaient, malheureusement, que d'un esprit distrait, tout occupé des affaires publiques. Ils s'atten-
* Diario (Tanonimo, p. 358. — * Capponi l'ancien, p. 299.
' Selon Capponi Tancicn, cette élection eut lieu le 20; mais une contulte de ce jour parle de ces syndics à élire. L'élection dut avoir lieu le lendemain, car, dès le 25, on voit un des syndics parler pour les artisans. Yoy. Gherardi, préf. au Diario (TanonimOy p. 245.
* Capponi Pancitn, p. 299; March. de Coppo, X, 792. » Diario d'anonimOj p. 558.
^ Diario del Monaldi, p. 540 ; Scr Naddo, p. 10. ^ Diario (Tanonimo, p. 558. Le messager venait simplement annoncer que toutes les forteresses de Fabriano étaient prises.
206 INTIMIDATION EXEKCÉE (A». 1378)
daicnlà un prochain appel de leurs chefs, puisque paraître en armes sur la place de la seigneurie était Tunique moyen d'imposer le respect, comme le mépris, de la loi. Le mardi 22, sur l'ordre on ne sait de qui, mais probablement de Salvestro*, les gonfalons des compagnies furents conduits devant le palais. Aux cris ordinaires: Vive le peuple! Vive la liberté! On ajoutait celui-ci : — Jetez nous les traîtres en bas*! — Les trîiîtres, c'étaient ceux des prieurs et de leurs collèges qu'on suspectait de pactiser avec la parte. Clameurs et menaces coupent court à toute hésitation. La seigneurie et ses conseillers, à l'unanimité des trente-sept pei'sonnes présentes', « voulant assurer la liberté et la paix du peuple florentin, particulièrement des marchands, des artisans, de tous les impuissants, et préserver du joug de la crainte et de la servitude ceux qui veulent bien vivre*, » annulent les dispositions antérieurement prises', pour l'ammonizionCf à la requête des capitaines de la parte., et interdisent à tout magnat de voter dans un scrutin intc-
* Les contemporains ne savent pas si ce mouvement fut provoqué. March. de Coppo (X, 792) ne se prononce pas. L'ordre venu d'en haut n'est pas douteux, puisque cette manifestation fut aussi bien réglée que celle du 18 avait été tumultueuse ; mais il n'émana point de la seigneurie, qui était divisée ; il dut émaner de ceux de ses membres qui s'appuyaient au peuple, notamment de Salvestro. Capponi Tancien dit qu'il fut donné par « quelques citoyens. »
* March. de Coppo, X, 792 ; Diario (TanonimOy p. 559.
' « Nemine discordante. » (Prowisioni^ LXVII, 53 sq. Doc. publié par M. Fossati, appcnd. IV, p. 96.)
* (( Dni prières actcndentcs et providere volentes ad liberlatem et statum pncificum, tiitum et tranquillum dicii populi et comunis, et precipue mercntorum et artilicum et omnium impotentium, et volentes quod nullus sit vol esse possil qui hones et pacificos cives et seu artifices vel alios quoscumquc bene vivere volentes possit sub colore quocum(|ue tcncre in timerc scu quodam iiiudo sub servilutis jugo subjectos.... » (Ibid.)
* Le 28 janvier IT)?!.
An. 1578) SUK LÀ SElGNtiURlE: ET LES COiNSEILS. 207
rcssant un popolano, sous peine de nullité pour l'opcration*. C'était simplement revenir aux plus anciennes, aux plus chères traditions de Florence. Si ce retour semt)lait une concession faite aux petites gens, c'est qu'ils restaient seuls fidèles aux haines, aux défiances séculaires, tandis que la crainte de leurs progrès rapprochait de plus en plus, chaque jour, popolani grossi et [nagnats.
Les deux conseils allaient-ils ratifier ces décisions, ce }ui était nécessaire pour qu'elles fussent valables? Après es faibles majorités des jours précédents, on en pouvait louler: il fut donc résolu de peser sur les votants par inc démonstration armée, qui n'atteignit son but qu'en e dépassant. L'apparition des arts en armes suffit pour irracher à toutes les mains des fèves noires* ; mais ce rOte presque unanime ne suffit pas pour ramener chez mx tous ces artisans. Loin de là, dociles aux injonctions ie meneurs inconnus', ils s'ébranlèrent, ayant en tôte e gonfalon des fourreurs et peaussiers*. Ils se dirigeaient ^ers cette place où s'élevaient, au débouché du pont
* (( Quod nullus magnas possit in aliquo scruptinio scu nominatione Tel Ho quocumque nctu de aliquo vel contra aliquem popularem seu de populo ivitatis, seu voceni vel fabam reddere.... » (Ibid,),
* Le vote fut rendu à la presque unanimité : 202 voix contre 2 dans le onseil du capitaine; 117 contre 6 dans celui du podestat. (Ibid.) Ces biffres écrasants, opposés à ceux de la veille, prouvent bien que le vote lit enlevé par rintimida*ion.
* Un ms. accuse formellement Salveslro des Medici et Benedetlo Alberli : Di tutte quesie cose (incendies et vols) fu causa Tautorità di Salvestro de*
ledici e Benedetto Alberli che chiamô il popolo dalle fmeslrc del palagio. » ils. Marucell. scaff. c.^dans Fossati, p. 88.) Mais cette accusation d'un chroiqueur ennemi manque d*autorilé. On ne voit pas que Salve^stro et Beneetto eussent besoin de l'incendie et du pillage. II faut voir là Tintervenon nouvelle de meneurs véritablement populaires.
* .Maixili. de CopjM), X, 792 ; Capponi rancicn. p. 500.