SCÈNES DE PILLAGE. (A
Rubacontc, les maisons de Lapo de Castiglionchio, de SCS consorti^ de ses amis. Ils y mirent le feu, en expiation de tant à'ammonizioniy el, à la faveur du désordre, commença le pillage. Si Lapo, homme avisé, avait, la nuil précédente, mis en sûreté ses biens meubles les plus précieux, et sa personne même, sous le froc monacal, qui lui permit de s'échapper au dehors, d'autres maisons fournirent un abondant et riche butin, celles de Carlo Strozzi, de Bartolo Siminetti, de Niccolô Soderini, de Benghi Buondelmonti, des Cavicciuli, des Guadagni, des Corsini, desRidolfi.
Évidemment, de nouveaux acteurs venaient d'entrer en scène. Des arts bourgeois peuvent bien marcher en télé de l'odieuse expédition; mais ils y sont poussés en avant, comme pour couvrir ceux qui viennent après eux. On les a gagnés à un châtiment sévère contre quelques ennemis, et ils voient dépasser le programme convenu sans pouvoir arrêter à moitié du chemin les pillards qu'ils sont censés conduire. Mis en appétit, loin d'être rassasiés, ces gens couraient aux prisons des StinchCy à la voix de Baldo Allovili, qui y avait deux neveux incarcérés. Ils les délivrent et, en même temps, les prisonniers pour dettes, les voleurs, les criminels*. Et la seigneurie reste impassible ; elle ne semble occupée qu'à forcer Boninsegna Machiavelli à boire, en signe de réconciliation, avec les Scali dont il attendait l'attaque, armé jusqu'aux dénis*. C'était peut-être pour elle un moyen de masquer son impuissance, dont elle rougissait.
Sont-elles du moins finies, ces hideuses scènes? Nul-
• March. de Coppo, X, 792 ; Diario d*anonimo, p. 359 ; Capponi Tancicn, p. 500.
'^ March. de CopiK), X, 792 ; Diario d'auonimo, p. 359.