‹ Histoire de FlorenceChapitre 25 sur 102 · SES NOUVELLES EXIGENCES · texte numérisé non relu

SES NOUVELLES EXIGENCES

un maître d'école, Guasparre de Ricco, « qui enseiait à lire aux enfants^ ». Ce dernier était renommé ns la plèbe, amie de toute rébellion, pour avoir été, Qgt-cinq ans plus tôt, livré à l'inquisiteur comme tarin *. Au nom de ceux qui Tentourent, ser Agnolo mande : que les syndics des arts soient cassés et exclus s offices pour dix ans; que les chevaliers n'en puissent us obtenir; que les Huit de la guerre n aient plus, par ois, que cinq livres de salaire au lieu de quinze; que 5 revenus du Ponte vecchio soient ôtés à Salvestro des idici, et ceux du Mercato vecchio à Giovanni de Mone ; le ceux qui ont erré soient confinés; que la nouvelle morleria soit annulée, comme la précédente; qu'on 5 connaisse plus des méfaits commis jusqu'à ce jour; 16 pendant deux ans aucun pauvre des menus arts ne lisse être appréhendé au corps pour dette inférieure à nquante florins; que Luca de Panzano soit fait du îuple ; que Betto de Ciardo, l'autre chef des réclamants, ^tienne dix florins par mois, des armes pour lui et mr un compagnon'. — Cette fois, il n'y avait pas à y méprendre : c'était bien le popolo minutissimo ^ ir de tout alliage, qui élevait la voix. Sur la ringhiera^ à côté de ser Viviano, notaire des iformagioyii, avait pris place Guasparre, le maître école. Au fur et à mesure que se produisaient les pro- )sitions, il en prenait note, non sans un grand emirras, car tel ou tel s'avançant, lui criait : — Écris, uasparre, je veux ceci ! — Et moi, vociférait un autre, 1 veux cela! — Comme les demandes étaient souvent

' Ms. Strozz. dansFossati, p. 74.

* En 1555. March. deCoppo, X, 800.

> March. de Goppo, X, 800; Ms. Strozz. dans Fossati, p. 74.

276 LES LANâJLOLI ATTAQUÉS. (Ax. 1578)

contradicloires, comme il ne pouvait tout écrire, on tirait répée, on la lui mettait à la gorge, on effaçait avec les doigts l'encre toute fraîche, ou Ton déchirait la feuille, pour la remplacer par une feuille toute blanche, âu milieu de ce bruit, de ces clameurs qui se croisaient, de ces violences qui se succédaient, < on se fût cru en enfer ». Pour se débarrasser de cette foule démoniaque, ser Viviano s'époumonnait à crier que, la consulte étant finie, aucune décision valable ne pouvait être prise; qu'au surplus leurs pétitions avaient été acceptées par la seigneurie et qu'elles seraient votées le lendemain dans les conseils, ce qui eut lieu en effet ^

La promesse en avait sufû pour apaiser momentanément le menu peuple, « le peuple de Dieu ' >, comme il aimait à s*appeler, comme l'appellent les documents. Ce qui suivit le montre dans sa mobilité accoutumée. Plusieurs d'entre eux s'occupaient d'ôler à Luca de Panzano ses éperons d'or d'ancien chevalier et de le faire chevalier du peuple, quand apparaissent les lanajtwli. Ils portaient en tête leur gonfalon, et voulaient l'arborer sur la ringhieray à côté de ceux des autres arts. A l'instant est déchirée en mille morceaux l'odieuse bannière. Une flèche lancée contre le gonfalonier de la laine le blesse même grièvement au côté. Mais en voyant ce jeuue homme gisant par terre, le trait encore dans son flanc,

^ March. de Coppo, X, 800. Cf. Machiavel (UI, 45 B), qui a le tort de donner dans toutes ces choses le premier rôle à Michèle de Lando, tandis que, d'après les documents ( oiitemporuinf , il joue un rôle fort efTacé. La provision qui dut consacrer ces pétitions ne se retrouve pas; mais il en est fait mention, pour l'annuler, dans une autre du 1" septembre, sans donner la date du jour. (Balie, n* il), dansFossati, p. 75.)

^ March. de Co])}M), X, 801 ; Diario d'anonimOf p. 376. Gino CapiKini, Star, (li Fh\y 1, 555, cite en note une provision du 11 septembre où il est dit : (( lUi de illa tertia arte populi minuti sive populi Dei. »

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